Portugal
Histoire
En bref
Les Romains, les Maures et la reconquête du pays • Premiers découvreurs des routes maritimes vers l’Inde, l’Extrême-Orient et le Brésil • Après une dictature sévère, la liberté et l’Europe.
Lusitaniens et Romains
Lorsque les Romains conquièrent la péninsule ibérique au IIe siècle avant notre ère, ils s’emparent des territoires occupés par les Lusitaniens. Cette peuplade, qui vit principalement au nord du fleuve Tage, manifeste une sévère résistance et défend chèrement ce qu’elle nomme la Lusitanie. Une figure symbolise cette abnégation : celle de Viriathe, qui lutte héroïquement contre les légions romaines jusqu’à son assassinat en 139 av. JC. Depuis lors, la Lusitanie est considérée comme le foyer mythique dans lequel plongent les racines du peuple portugais. Pourtant, ce sont bien les Romains qui offrent en héritage à la culture portugaise ses plus anciennes et intimes caractéristiques. Les Lusitaniens sont donc sensibilisés à la culture romaine et profitent de toutes les infrastructures que les représentants de Rome mettent en place du nord au sud.
Le temps des invasions
A partir du Ve siècle ap. JC se profilent les premières invasions barbares. Les Suèves constituent un royaume qui est ensuite annexé par les Wisigoths. Ces derniers imposent leur domination pendant environ cent cinquante ans, jusqu’à l’arrivée des Maures en 711 sur la côte méditerranéenne de la péninsule ibérique. La conquête arabe est foudroyante. Les musulmans remontent vers le nord et envahissent presque tout le territoire de l’actuel Portugal. Seule échappe à l’annexion une petite région montagneuse au nord-ouest de la péninsule, où se sont réfugiés des chrétiens. Ceux-ci commencent à contre-attaquer vers 868 en opérant la reconquête de Braga et de Portucale, située à l’estuaire du Douro.
Alphonse Henriques, premier roi du Portugal
A la fin du IXe siècle, Portucale, l’actuel Porto – qui donnera son nom au futur pays unifié –, devient la principale cité d’un comté aux mains de la dynastie des Mendes. Le Minho et les terres au sud du fleuve Douro constituent l’essentiel de la région gouvernée par ces comtes. En 1064, la ville de Coimbra sur le fleuve Mondego est reconquise sur les Maures. Elle devient le centre d’un nouveau comté. Alphonse VI, proclamé roi de Léon, Castille, Galice et Portugal, accepte le soutien de princes capétiens de la dynastie de Bourgogne pour renforcer ses positions dans la lutte qu’il mène contre les Maures. L’un d’eux, Henri, épouse sa fille Thérèse et obtient le comté du Portugal. Le fils d’Henri de Bourgogne, Alphonse Henriques, grandit dans un environnement agité de guerres civiles qui obligent sa mère, après la mort d’Henri, à se soumettre au successeur d'Alphonse VI. Mais Alphonse Henriques parvient à se couper de la tutelle monarchique de Léon-Castille, et se proclame premier roi de la dynastie portugaise de Bourgogne. Il fait de Coimbra la capitale de son royaume.
Le temps de la reconquête
En 1143, Alphonse III reconnaît officiellement l’indépendance du Portugal en signant le traité de Zamora. Alphonse Ier Henriques poursuit sa croisade contre les Maures et parvient en 1147 à reconquérir Lisbonne grâce à l’appui d’une flotte de croisés en route vers la Terre sainte. La jeune nation est alors en expansion. A la mort d'Alphonse Ier en 1185, la lutte contre les Maures continue d’être la priorité. Les chrétiens progressent en Alentejo, la région de grands plateaux qui occupent sous le Tage près du tiers du territoire portugais, mais reculent sous la pression des musulmans. Ils finissent néanmoins par enlever Faro, la capitale de l’Algarve, en 1249. La reconquête et l’unification du pays sont alors achevées. Le Portugal s'installe dans ses frontières actuelles.
Le royaume en construction (XIII-XIVe siècle)
L’Eglise occupe une place de plus en plus prépondérante au sein du pays. Denis Ier, qui règne de 1279 à 1325, parvient néanmoins à affirmer son autorité royale. Parallèlement à l’organisation économique et politique du royaume, les souverains successifs de la dynastie de Bourgogne s’appliquent à maintenir l’indépendance du royaume en combattant les Castillans. 1295, 1328, 1369, 1372… Les guerres avec la Castille se répètent. Mais celle de l’année 1385 reste l’une des plus fameuses. Dom Jean, maître de l’ordre d’Avis, est proclamé roi du Portugal cette même année. Il est le premier souverain de la nouvelle dynastie des Avis. Malgré des forces en présence nettement en sa défaveur, il parvient à vaincre les Castillans sur le plateau d’Aljubarrota. Il décide alors de faire construire au lieu de l’affrontement le monastère de Bathala.
Les grandes découvertes
Le monastère de Batalha abrite les tombeaux de nombreux rois et princes, dont celui du prince Henri le Navigateur. Cinquième fils du roi Jean Ier, Henri le navigateur est l’instigateur des premiers voyages d’exploration sur les côtes africaines. L’île de Madère est découverte en 1419, les Açores en 1432, et les côtes africaines sont peu à peu explorées. Après la mort d’Henri en 1460, les expériences accumulées continuent d’être mises à profit et permettent à de grands navigateurs d’ouvrir de nouvelles routes maritimes. En 1486, Bartolomeu Dias part doubler le cap de Bonne-Espérance. En 1498, Vasco de Gama découvre la route maritime de l’Inde. En 1500, Pedro Alvares Cabral, parti en expédition en direction de l’Inde, fait un crochet vers l’ouest et touche pour la première fois la côte brésilienne. En 1510, Alphonse de Albuquerque s’empare de Goa, puis d’Ormuz et de Malacca. En 1519, Magellan, au service de l’Espagne, s’embarque pour faire le premier tour du monde.
Dom Manuel et le siècle d’or
Ces grandes explorations, qui apportent au Portugal gloire et richesses, se déroulent sous Manuel Ier (1495-1521). Le roi Manuel apparaît comme un souverain moderne. Pragmatique, il contribue à réformer le droit, l’administration des villes, à unifier le système de poids et mesures et à renforcer la monnaie afin qu’elle soit aussi forte que le ducat vénitien ou la devise florentine. Avec lui, le Portugal rentre dans son âge d’or. Le commerce des épices avec l’Inde porte vite ses fruits et les marchands s’enrichissent. Lisbonne devient le centre névralgique de l’Europe et la cité de tous les possibles. Les architectes sont mis à contribution. Ils construisent quantité de riches demeures patriciennes et de monastères. Un nouveau style apparaît, influencé par la découverte de nouvelles routes maritimes : le style manuélin, basé sur un registre d’ornementation de la pierre évoquant les grandes aventures maritimes.
Les fastes de l’Empire colonial
La fin du XVIe siècle, le siècle d’or, est marquée par l’Inquisition qui est introduite au Portugal par Jean III dès 1531. Principale cible de ce redoutable tribunal religieux : les Juifs, que Manuel Ier avait déjà forcés à se convertir à la religion chrétienne. Le pouvoir de l'Inquisition se renforce davantage quand les Espagnols deviennent les maîtres du pays en 1580. Celui-ci connaît de grandes difficultés économiques aussi bien sous leur règne, qui s’achève en 1640, que tout au long de ce siècle. Avec Jean IV, qui est mis sur le trône par les restaurateurs, c’est une nouvelle dynastie qui prend le pouvoir : celle des Bragance. Le sursaut économique vient une nouvelle fois des terres lointaines de l’Empire. En 1693, les Portugais découvrent de fabuleuses mines d’or dans la région du Minas Gerais au Brésil qui vont considérablement enrichir le royaume. Pierre II est alors au pouvoir (1668-1706) mais c’est Jean V, son successeur, qui en tire le plus de bénéfices. Jusqu’en 1750, date de sa mort, il procède à des dépenses somptuaires. Des palais, des églises et des monastères sont construits selon le nouveau goût baroque. La cour en profite et les aristocrates adoptent des mœurs légères.
Le despotisme de Pombal
La prodigalité de la cour est dénoncée par le marquis de Pombal qui obtient l’essentiel du pouvoir réel au moment de l’accession au trône de Joseph Ier, le fils de Jean V. Ce ministre mi-tyran, mi-réformateur éclairé s’oppose à la grande noblesse et au clergé et met en avant les forces vives de la société, bourgeois et petite noblesse en tête. Le terrible tremblement de terre, qui ravage une partie de Lisbonne en 1755, lui donne les coudées franches pour mettre en œuvre ses réformes administratives et économiques. A noter que c’est sous son autorité que l’esclavage est aboli dans le royaume. Il est écarté en 1777 à la mort de Joseph par la femme de ce dernier, Maria Ière, qui lui succède.
Le déclin de la monarchie
En 1807, Napoléon Ier signe avec les Espagnols le traité de Fontainebleau en vertu duquel les deux puissances se répartissent le Portugal. Dès le lendemain, la famille royale fuit au Brésil. Les troupes napoléoniennes entrent dans Lisbonne. L’année suivante, les Anglais débarquent, font reculer les Français et s’imposent en libérateurs. Les Anglais font alors du Portugal une sorte de protectorat, jusqu’à ce que les citoyens de Porto puis de Lisbonne se soulèvent et mènent à terme, en 1820, une révolution libérale. Deux ans plus tard, Jean VI de retour du Brésil ratifie une Constitution qui installe le Parlement au centre du système politique. La même année, le Brésil se proclame indépendant. Après une brève résurgence de l’absolutisme, la monarchie libérale se remet d’aplomb à travers le règne de Maria II (1834-1853). Les partis politiques s’organisent. Une ligne de partage très nette oppose conservateurs et progressistes, à tel point que le pays sombre un temps dans la guerre civile. A partir de 1851, et jusqu’à la fin du siècle, une période qualifiée de régénération se met en place. Elle permet au pays de renouer avec un climat politique et social tempéré. Mais celui-ci devient délétère au début du XXe siècle sous le règne de Charles Ier, qui dirige le royaume depuis 1889. Monarchistes et républicains s’opposent de plus en plus. Après avoir voulu imposer une dictature, Charles Ier est assassiné en 1908. Deux ans plus tard, la première République est instaurée le 5 octobre 1910.
Estado novo et révolution des Œillets
Le régime républicain fait preuve d’une grande instabilité, avec rien moins que cinquante gouvernements en 16 ans, et se montre incapable d’insuffler une politique de développement économique probante. En 1926, le général Gomes da Costa fait un coup d’Etat et instaure une dictature militaire. Six ans plus tard, le professeur d’économie Antonio de Oliveira Salazar prend les rênes du pouvoir en devenant Premier ministre. De 1932 à 1968, il exerce une autorité sans partage et fonde l’Estado novo, l’Etat nouveau. La PIDE, la police, est chargée d’épier chacun et de réprimer toute velléité de remise en cause. Le pays se coupe du monde et s’enfonce dans la dictature. Six ans après la retraite de Salazar et quatre ans après sa mort, de jeunes capitaines de l’armée portugaise se soulèvent. Le 25 avril 1974, sans violence, ils parviennent à renverser le régime. Cette révolution reste liée aux œillets offerts aux soldats en signe de remerciement par une foule joyeuse. L’après-révolution est caractérisée par l’instauration de la démocratie, la mise en place d’un nouveau système politique défini par la Constitution de 1976, et par l’intégration européenne.
6 dates clés
1143 : traité de Zamora. L’Espagne reconnaît officiellement le Portugal.
1249 : reconquête de Faro sur les Maures. Le Portugal se constitue dans ses frontières actuelles.
1497 : Vasco de Gama part en expédition à la découverte de la route maritime des Indes.
1822 : indépendance du Brésil.
1926-1968 : dictature de Salazar.
1974 : révolution des Œillets en avril.
Politique et économie
La vie politique
En bref
Une démocratie parlementaire stable • Un président, un gouvernement, une assemblée.
La Constitution de la République
Promulguée en 1976, la Constitution garantit le droit civil fondamental et les libertés publiques. Elle a été révisée en 1982, 1989, 1992 et 1997 dans un sens plus libéral. Elle ratifie un régime semi-présidentiel et assigne la souveraineté à quatre organes : le pouvoir législatif à l’assemblée de la République, le pouvoir exécutif au président de la République et au gouvernement, le pouvoir judiciaire aux tribunaux.
Le président
Le Portugal est une démocratie parlementaire. Le président de la République est le chef de l’Etat et le commandant en chef des forces armées. Il est le garant du bon fonctionnement des institutions en accord avec la Constitution. Le président de la République est élu au suffrage universel direct, pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Il désigne le premier ministre et nomme les ministres en fonction du résultat des élections législatives. Il promulgue les lois et les résolutions du Parlement. Le Président actuel, Jorge Sampaio, a été élu le 14 janvier 1996. Elu sous la bannière du Parti socialiste, l’actuel chef de l’Etat a succédé à un autre socialiste : Mario Soares.
L’assemblée de la République
L’Assemblée réunit 230 membres élus par vingt circonscriptions électorales au suffrage universel direct à la représentation proportionnelle. Elle exerce le pouvoir législatif, approuve le budget annuel de l’Etat, contrôle les actions du gouvernement et ratifie les traités internationaux. C’est la seule chambre du Parlement. La durée d'une législature est de quatre ans. La dernière élection législative s’est tenue en octobre 1999. Le résultat du scrutin a donné l’avantage au Parti socialiste qui a recueilli 44 % des suffrages exprimés. Ce parti est représenté aujourd’hui par 115 députés à l’Assemblée. Le Parti social démocrate a obtenu 32 % des voix, soit 81 députés, la coalition démocratique unitaire (comprenant le PC) 9 %, soit 81 représentants, le Parti populaire 8 % et 15 députés, enfin le bloc de gauche 2,5 % et 2 membres.
Le gouvernement
Le 14e gouvernement constitutionnel a pris ses fonctions le 25 octobre 1999 et subi un remaniement ministériel le 12 septembre 2000. Il est dirigé par le premier ministre António Guterres. L’actuel gouvernement s’organise autour de 18 ministères et de nombreux secrétariats d’Etat. Parmi les principaux ministres, on retrouve au poste de ministre des affaires étrangères : Jaime Gama, de ministre de l’économie : Mário Ristin de Sousa, de ministre de la justice : António Luís Santos da Costa, de ministre de l’éducation : Augusto Enersto Santos Silva. Le programme du gouvernement doit être approuvé par l'Assemblée de la République.
Les partis politiques
Quatre partis se partagent l’échiquier politique : le Parti socialiste, le Parti social démocrate, le Parti communiste et le Centre démocratique et social. Après dix années de domination, le parti de droite centriste PSD a été battu une première fois aux élections législatives de 1995 par le Parti socialiste, puis une seconde fois lors des dernières élections de 1999 par le même parti.
L’administration locale
Le Portugal est divisé en 18 districts et deux régions autonomes (Madère et les Açores). Les districts et les régions autonomes sont divisés en municipalités, au nombre de 305 (plus 19 aux Açores et 11 à Madère), elles-mêmes subdivisées en arrondissements (environ 4000). Chaque district a son gouvernement local non élu qui dépend du pouvoir central, et chaque municipalité est administrée par un président et un conseil élus démocratiquement.
Les médias
En bref
Des journaux références • Succès des séries brésiliennes • Service public et télévisions privées.
La presse écrite
Après la chape de plomb des années Salazar, qui a réduit la liberté d’expression à une peau de chagrin, le travail journalistique s’est réaffirmé de plus belle dans des journaux exigeants. Celui qui fait figure d’institution est le Diario de Noticias, dont le siège est à Lisbonne. De grandes plumes, comme le prix Nobel de littérature (1998) José Saramago, en ont fait un quotidien de référence. Publico est un autre quotidien lisboète apprécié par les lecteurs, notamment ceux qui ont une sensibilité plutôt de gauche. A Porto, le Jornal de Noticias donne les mêmes informations générales que les journaux de la capitale, tout en insistant sur les informations régionales qui intéressent les habitants du nord du pays. Quelques hebdomadaires, en tête desquels on retrouve Expresso, complètent le panorama de la presse écrite. D’un point de vue général, la presse écrite est dans une situation assez critique. Après la floraison de titres qui a suivi la révolution des Œillets, les grands journaux ont dû depuis longtemps réviser leur ambition à la baisse. Du reste, le tirage global est assez faible et il est synonyme de couperet pour beaucoup de titres.
La télévision
Les Portugais n’ont pas que le langage en commun avec les Brésiliens. Ils ont aussi les telenovelas, les sitcoms de Rio et de Sao Paulo ! Chaque jour, sur les quatre chaînes de télévision, les feuilletons à la guimauve tiennent en haleine un grand nombre de téléspectateurs, qui s’amusent ensuite à commenter avec leurs proches les péripéties advenues à leurs acteurs. Aux deux chaînes publiques de la RTP qui proposent des programmes de qualité, au-delà des telenovelas, se sont ajoutées en 1992 deux chaînes privées. La SIC, fruit de l’union entre le groupe de radio TSF et l’hebdomadaire Expresso, ainsi que TVI, dirigée par les représentants de l’Eglise portugaise, depuis Queluz.
La vie économique
En bref
Une forte croissance économique • Rôle déterminant des transferts de fonds communautaires • Le secteur des services a le vent en poupe.
Les bonnes performances de l’économie portugaise sont saluées par les analystes comme un modèle probant de modernisation réussie. Au cours des quarante dernières années, le PIB par habitant est passé de 40 à 80 % de la moyenne européenne. La croissance du PIB, qui est en forte expansion depuis sept ans avec une moyenne de 3,5 % par an, a déjà permis au pays de combler beaucoup du retard accumulé sous le règne autarcique de Salazar. Conséquence directe de la croissante économique, le taux de chômage s'est effondré. Alors que le Portugal était crédité en 1986 du taux de chômage le plus élevé de la CEE, il fait figure aujourd’hui d’exemple à suivre, avec seulement 4,5 % (chiffre de 1999) de la population active sans emploi.
Grâce à une inflation jugulée et un déficit des administrations publiques équivalent à la moyenne européenne, le Portugal s’est qualifié pour participer, dès sa création en 1999, à l’union monétaire européenne. L’intégration européenne a du reste été l’un des moteurs du rattrapage économique. Les transferts d’environ 20 milliards de francs par an, issus des programmes de fonds structurels européens, ont indéniablement stimulé l’offre et la demande en aidant à financer les infrastructures et en créant de l’emploi.
La restructuration de l’économie, qui a touché en particulier les secteurs de l’industrie, de la distribution, du tourisme et des services financiers, a eu pour conséquence une nouvelle répartition de l’emploi. Evolution majeure, les services occupent désormais la moitié de la population active (estimée à un peu plus de 5 millions d’individus). A l’inverse, les actifs employés dans le secteur agricole sont bien entendu de moins en moins nombreux.
L’économie portugaise s’appuie sur une structure industrielle composée presque exclusivement essentiellement de PME : elles représentent 99 % des entreprises portugaises. Les secteurs industriels traditionnels s’articulent autour du textile, des composants automobiles, de la pâte à papier, ou encore du liège, dont le Portugal est le premier producteur mondial.
L’existence d’une myriade de PME dans chacune des grandes régions du Portugal est certes un atout pour l’économie, notamment en terme d’emplois. Les propriétaires peuvent en effet maintenir une bonne compétitivité grâce à de faibles coûts salariaux : le Smic équivaut environ à 2000 FF. Mais les responsables politiques et économiques portugais s’accordent à vouloir rendre plus performant leur secteur industriel, en l’ouvrant par exemple davantage à des investisseurs et partenaires étrangers. Ils misent également sur le secteur des services pour continuer de moderniser le tissu économique. Les télécommunications, les services financiers, les transports, le tourisme sont considérés comme très prometteurs. L’entreprise Sonae, l’un des premiers groupes privés du Portugal, est un géant qui incarne cette option sur l’avenir. Ses secteurs privilégiés : la distribution, l’immobilier, la communication, l’audiovisuel, le tourisme et la téléphonie mobile.
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