Bruxelles
Le quartier des Sablons
Le quartier doit son nom à une plaine limoneuse qui se tenait là au Moyen Age. Devenu par la suite le repaire de l'aristocratie locale, le quartier en a gardé des marques évidentes, de rues élégantes en palais d'apparat.
Place du Grand-Sablon
Elle monte doucement vers l'église, au pied de laquelle se tient le marché du week-end. Sous les traditionnelles tentures rayées de vert et rouge, vous fouinerez avec bonheur parmi les objets rares et les livres anciens. Le marché est cher, mais d'une grande qualité. Les pavés anciens sont bordés de maisons bourgeoises traditionnelles. Sur la droite, au n°39, la vitrine de Pierre Marcolini est une véritable torture pour les amateurs de chocolat. Comme le proclame son auvent, le magasin est "champion du Monde". Les restaurants donnant sur la place sont parmi les meilleurs de la ville. A gauche de la place, en arrivant sur le Jolly Hotel, l'impasse Saint-Jacques qui abrite quelques galeries. Cet étroit passage débouche sur une petite place ombragée et paisible. L'été, vous pourrez y déguster tranquillement un café en terrasse. En bas de la place, de l'autre côté du petit rond-point, la rue Rollebeek. Cette rue piétonne en pente emprunte le lit d'un ancien ruisseau. Peuplée de boutiques et de restaurants chics, elle donne sur la tour Anneessens. C'est l'un des seuls vestiges de la première muraille de Bruxelles, érigée au XIIIe siècle. Toutes les ruelles environnantes recèlent les trésors d'antiquaires, chacun spécialisé dans un domaine, une époque ou un style.
Notre-Dame-du-Sablon
En haut de la place du Grand-Sablon s'élève, la majestueuse église Notre-Dame-du-Sablon. Ses murailles hautes et étroites ont l'austérité imposante du gothique brabançon. Une partie de l'édifice a été restaurée, laissant apparaître la blancheur de la pierre et la délicatesse de l'ornementation. Les travaux, toujours en cours, cachent tout un côté de l'église. Le soir, les vitraux éclairés de l'intérieur donnent à la place une allure féerique. L'intérieur, un peu sombre, pourrait être davantage mis en valeur. Près de la chaire de vérité, vous trouverez une plaque : "ici venait prier Paul Claudel". Il était alors l'ambassadeur de France en Belgique. C'est au pied de l'église que se déroule chaque week-end le marché aux antiquités et aux livres qui est très couru.
Place du Petit-Sablon
Derrière l'église Notre-Dame-du-Sablon, vous accéderez au second grand repère du quartier. Un square a été construit à la fin du XIXe siècle. La grille en fer forgé est l'oeuvre de Paul Hankar, l'un des maîtres de l'Art nouveau local. Elle relie entre elles 48 colonnes ciselées, surmontées de statues représentant l'ensemble des métiers et corporations de la ville. Au fond du jardin, un bassin circulaire, dominé par une fontaine massive. Le groupe sculpté sur cette dernière représente les comtes d'Egmont et Hornes. Rebelles au régime autoritaire de Philippe II, ils furent décapités sur la Grand-Place en 1568. Ce monument, sculpté en 1844, se trouvait à l'origine sur la Grand-Place, devant la maison du Roi. Autour de la fontaine, dix statues sont logées dans des niches taillées au coeur de la haie. Elles commémorent quelques grands hommes politiques et humanistes belges du XVIe siècle. A l'arrière du jardin se dressent les hautes grilles du palais d'Egmont. Sur la droite, la rue aux Laines vous emmènera jusqu'au palais de justice, ou aux Marolles. Son nom vient du Pré-aux-Laines. Sur cette prairie, qui s'étendait jusqu'au pied du Galgenberg, les drapiers de la ville faisaient sécher leurs textiles.
Les Marolles
Du Grand-Sablon à la rue Haute
Depuis la place du Grand-Sablon, prenez la rue des Minimes. D'abord bordée de galeries et d'antiquaires élégants, la rue devient soudain plus modeste. Un petit escalier, sur votre droite, descend vers un étroit boyau, la rue des Chandeliers. Encadrée de minuscules cours mystérieuses, elle mène à la rue de La Samaritaine. Après l'école, les gamins s'interpellent, en jouant au ballon, devant de petites maisons. On se croirait dans un village ou dans le vieux Paris des photographies de Doisneau. Vous voilà aux Marolles. Un quartier populaire comme on n'en fait plus. Si vous demandez un thé dans certains bars isolés, le patron vous regardera sûrement d'un air suspicieux et rétorquera : "je ne fais pas les boissons étrangères". Remontez la rue sur votre gauche, puis descendez la rue du Temple. Vous arrivez à la rue Haute. Au Moyen Age, elle constituait déjà une importante artère commerciale, hors de l'enceinte de la ville. Par la suite, elle attira une foule d'artisans. Si la rue Haute comporte essentiellement des maisons de maître anciennes, les rues et les impasses environnantes ont pendant longtemps formé un ensemble surpeuplé et insalubre. Le repaire des foules d'ouvriers arrivés en ville avec l'ère industrielle, et expulsée du bas de la ville lors des travaux d'assainissement. L'impasse des Chansons, située au niveau du numéro 116, en est un bon exemple.
De la maison Bruegel aux cités ouvrières
En prenant à gauche, vos pas vous mèneront bientôt à la maison de Bruegel, au n°132. Le grand maître vécut là ses dernières années. Il est inhumé, avec sa femme, dans l'une des chapelles de l'église Notre-Dame-de-la-Chapelle, toute proche. Toujours en hommage à l'artiste, le square Bruegel est situé un peu plus haut dans la rue. Sa forte inclinaison ne décourage pas les jeunes du quartiers qui jouent au football en piaillant. Les façades bigarrées du square contrastent fortement avec la silhouette menaçante du palais de justice, en contre-haut. Bientôt, sur votre droite, vous apercevrez une peinture murale. Elle met en scène les deux célèbres héros de Hergé : Quick et Flupke. Effrontés et farceurs, les deux insupportables gamins sont les dignes fils d'un quartier où se déroulent la plupart de leurs aventures. Au carrefour suivant, la rue des Renards descend vers le coeur du quartier : la place du Jeu-de-Balle. Deux rues plus loin, la rue Pieremans, encadrée par des cités ouvrières. Sur la droite, la cité des "vieux blocs", comme on l'appelle ici. Elle fut difiée en 1912 pour résoudre le problème du logement. L'agencement ordonné et ouvert de ces blocs sombres, et tous semblables, semble aujourd'hui bien triste. A l'époque, il visait à garantir une meilleure hygiène et un contrôle social plus efficace. L'architecte Hellemans s'est appuyé sur des conceptions, alors avant-gardistes, dont le principal enjeu était de créer un mode de logement de masse bon marché. Les noms des rues de la cité célèbrent les différents métiers présents dans le quartier au début du XXe siècle.
Place du Jeu-de-Balle
Entourée d'immeuble décatis, aux peintures publicitaires aux trois-quarts effacées. Elle symbolise, à elle seule, l'esprit du quartier des Marolles. Il fait bon prendre un verre à l'un de ses cafés, aux noms évocateurs, rappellant que l'on est ici dans le Bruxelles du peuple. L'un d'eux s'appelle De Skieven Architekt. L'insulte suprême depuis que Poelaert a amputé les Marolles pour construire sa "chose", là-haut, sur la colline. L'idéal, pour profiter pleinement des lieux, est de venir tôt le matin, à l'heure où se met en branle l'incontournable vieux marché qui a lieu quotidiennement. Le samedi matin, c'est l'endroit rêvé pour prendre un petit déjeuner dans une ambiance festive.
Si explorer les marchés aux puces est une religion nationale, la place du Jeu-de-Balle en est sans conteste le temple. Les chineurs accourent chaque jour à l'affût des trouvailles et des bonnes affaires. On y vend de tout : des services de porcelaine aux étranges instruments de musique, en passant par les inévitables dentelles. Comme la métaphore d'un empire dont l'extraordinaire puissance commerciale est peu à peu tombée en ruines. Détail amusant : c'est au vieux marché que le capitaine Haddock dénichera la célèbre maquette de la Licorne. Pas étonnant que Hergé se soit inspiré des lieux, tant le marché semble propice aux découvertes miraculeuses. Par opposition à l'opulence des antiquaires des Sablons, la place est le royaume du troc et des petits prix. Même si vous n'êtes pas d'humeur chineuse, vous repartirez en ayant fait le plein d'humanité.
Palais de justice
Difficile de le rater : vous l'apercevrez de partout. A croire que c'est une erreur d’échelle. Seuls quelques individus en quête d’originalité vous diront qu’ils le trouvent “beau”. Mais sa démesure - 26000 m2 de superficie et un porche d’entrée haut de 42 m - n'est pas sans intérêt. Le dôme, actuellement en restauration, culmine à près de 100 m. Il a été conçu après la mort de Poelaert, architecte à l’origine du projet. Celui-ci avait imaginé une pyramide pour couronner sa “chose”... Poelaert, nom honni. Non content de défigurer pour toujours la ville, son œuvre a nécessité l’expropriation d’une grande partie du quartier des Marolles. Rancuniers, les Marolliens le traitent volontiers de skieven architekt (architecte tordu). Même s’il est mort fou, bien avant l’inauguration de 1883, Poelaert ne peut échapper à la vindicte publique. Son nom est gravé sous le porche et son buste trône près de l’entrée. Sur le socle, l’équerre et le compas, symboles de la franc-maçonnerie. On dit que Poelaert, jeune et inexpérimenté, obtint le projet grâce aux intrigues de cet ordre.
La porte en bronze a des dimensions de Jugement dernier. Elle donne sur la salle des pas perdus. Sous la voûte immense et face à tous ces escaliers, vous vous sentirez bien petit. Une vision écrasante de la justice, au sommet de la colline du Galgenberg, le "mont des Potences". Là même où se déroulaient jadis les exécutions publiques. Le bâtiment n’a jamais été achevé. Depuis, des extensions ont été construites vers le boulevard. Ces blocs de béton, criblés de fenêtres, reprennent à leur compte la philosophie de l’ensemble. A la nuit tombée, le terre-plein de la place Poelaert s’illumine de lampes bleutées. Effet garanti. Depuis la balustrade de la place, vous dominez les Marolles, les Sablons et la ville.
Parc du cinquantenaire
Un ancien champ de manoeuvres, transformé en parc, en 1880, à l'occasion du Cinquantenaire de l'Indépendance du royaume. Le projet est confié à l'architecte Bordiau. Il s'agit de tracer une esplanade servant de jalon entre le parc royal et le château de Tervuren, et d'y ériger un bâtiment prestigieux. Un manifeste de l'esprit de grandeur du roi Léopold II. Les musées du parc, riches et variés, témoignent du désir léopoldien de faire de Bruxelles un carrefour de la culture mondiale.
A quelques centaines de mètres du rond-point Schuman, dans le quartier européen, vous accédez à l'entrée ouest du parc. Manie locale : le parc est en travaux. Le jardin à la française, dans l'axe du palais, se réduit pour l'instant à un vaste chantier. Dans les allées latérales, quelques statues à l'ombre de vieux marronniers. Parmi elles, le Faucheur de Constantin Meunier. Au début de l'allée gauche du parc, l'ancien "panorama du Caire". En 1978, on a restauré cet édifice arabisant pour en faire la grande mosquée.
Couronnant le parc, le palais du Cinquantenaire, ses deux ailes massives organisées autour d'un parvis pavé. Elles sont achevées à temps pour les célébrations de 1880. En 1888, une colonnade semi-circulaire, ornées de mosaïques, les relie. Afin de rendre visible la perspective de la rue de la Loi et l'avenue de Tervuren, l'ensemble est scindé en son milieu, en 1905, par une triple arcade monumentale. Le vert-de-gris du majestueux quadrige, posé au sommet, a dégouliné sur la pierre. Vous y verrez peut-être un symbole facile du déclin de l'Empire. Au pied des piliers, huit statues de femmes. Elles représentent huit des provinces d'alors, la neuvième se trouvant sur le quadrige.
Le palais, à l'arrière duquel des halles ont été adjointes, accueille dans ses 140 salles plusieurs musées de grande qualité. Tous valent le détour, avec une mention spéciale aux musées royaux d'Art et d'Histoire, dont l'immense collection est proprement extraordinaire. Antiquité, grandes civilisations extra-européennes, archéologie belge, tapisserie médiévale, mobilier religieux, etc. Le musée royal de l'Armée et de l'Histoire militaire est, dans son domaine, l'un des plus riches du monde. Il rassemble des pièces venues de tous les horizons, des armures à l'aéronautique. Enfin, l'Autoworld regroupe plusieurs centaines de voitures de collection. Ancêtres restaurés, prototypes surpuissants ou futuristes, belles américaines, tout y est. Un must si vous êtes amateur.
Saint-Gilles
Musée Horta
Etabli dans la maison personnelle et l'atelier de l’architecte. Dédié au pape de l'Art nouveau belge, le musée se présente comme une excellente introduction à ce style architectural. Alors qu'il vient de terminer son chef-d'oeuvre, la maison du Peuple, Horta construit ces deux étroits bâtiments entre 1898 et 1901. Il y vécut jusqu'à sa mort, en 1919. La sobriété anonyme des façades révèle le style Horta. Dès que vous pénétrez à l'intérieur, il en va tout autrement. Le moindre détail, des charpentes jusqu'aux boutons de portes, reflète la structure générale et se met à son service. La maison s'organise autour d'une surprenante cage d'escalier, suspendue au plafond. On retrouve ici le génie précurseur de Horta. Mettre les qualités du verre et de l'acier au service de la construction individuelle allait contre les pratiques de l'époque. Une véritable gageure. Le résultat est, comme toujours, irréprochable et visionnaire. Des structures métalliques remplacent avantageusement les murs porteurs. Ces derniers, en effet, tendent à segmenter l'espace et arrêter la lumière. D'où que vous soyez, ou presque, vous apercevez toutes les autres pièces. Au sommet, une verrière courbe, reflétée par des miroirs muraux, inonde de lumière les différents niveaux. Peintures murales aux tons ocres, vitraux jointés de plomb, mosaïques et ferronneries virtuoses complètent le tableau. Vous pouvez également consulter, sur rendez-vous, des plans et autres documents tirés des archives personnelles du créateur.
Anderlecht
Maison d’Erasme
Construite entre 1468 et 1515, cette belle demeure gothique en briques est un haut lieu de l'humanisme. Erasme, réformiste et avide de connaissance, se présente en effet comme le symbole du mouvement intellectuel majeur de la Renaissance. Le rayonnement de ses écrits fut immense pour l'époque, et son Eloge de la folie a survécu aux siècles. Voyageur insatiable, il s'installa dans cette maison pendant quelques mois en 1521. Inauguré en 1932, le musée est en tous points remarquable. Le mobilier d'époque, notamment dans l'harmonieuse salle du chapitre, forme l'écrin idéal pour une riche collection de tableaux des XVe et XVIe siècles. L'Adoration des mages de Bosch côtoie des oeuvres de Van der Weyden ou encore de Metsys. Temps fort de la visite : le cabinet de travail d'Erasme abritant un vieil écritoire patiné, un portrait de celui-ci peint par Dürer, et un moulage de son crâne. La salle blanche recèle des éditions originales du penseur. Derrière l'une des vitrines, les nombreuses éditions qui furent censurées par les autorités ecclésiastiques. Erasme passa sa vie à critiquer les vaines querelles et la rigidité d'une Eglise, selon lui, sclérosée.
Centre historique
Si vous avez fait le voyage jusqu'à Anderlecht, profitez-en pour visiter le centre historique de la commune, à deux pas du musée. Bien avant de devenir une banlieue industrielle, celle-ci fut longtemps une campagne nourricière. Erasme, dans son Eloge de la folie, décrit les environs de sa demeure comme "une contrée de riantes et grasses prairies". Au Moyen Age, Anderlecht devient l'un des villages de Bruxelles. Principales empreintes médiévales, la collégiale Saints-Pierre-et-Guidon et le vieux béguinage, où s'est installé un musée du folklore. Et puis, si vous êtes amateur de football, pourquoi ne pas allez encourager l'équipe locale ? Le RSC d'Anderlecht, légende du football belge, n'est toutefois plus vraiment ce qu'il était...
Laeken
Atomium
Un peu à l'écart, dans la commune de Laeken, qui abrite aussi le domaine royal. Erigé à l'occasion de l'exposition universelle de 1958, l'Atomium représente une molécule de fer grossie 165 milliards de fois. Il était considéré à l'époque comme un véritable hymne au progrès scientifique et technique. Il était prévu de le détruire après l'exposition. Mais l'étrange structure est bel et bien restée. Certains vous diront que c'est faute d'argent pour la détruire. Reste qu'elle est désormais associée, dans l'imaginaire des voyageurs, à la ville. Les 9 sphères d'acier ont un diamètre de 18 m. Elles représentaient à l'époque les neuf provinces belges. Elles sont reliées entre elles par des cylindres abritant des escaliers mécaniques. Un ascenseur rallie le sommet, à plus de 100 m de haut, en 23 secondes. Là, un restaurant panoramique est à votre disposition, sauf le dimanche. L'Atomium accueille une exposition un peu poussiéreuse, consacrée à la médecine et aux innovations technologiques et scientifiques. Au pied de l'Atomium, vous trouverez Brupark, un parc à thème. Célèbre pour sa Mini Europe, reproduction au 1/25ème des principaux monuments de l'Union Européenne. Loin d'être une étape obligatoire, mais amusant, surtout en famille.
Hors de Bruxelles
Musée royal de l’Afrique centrale
L’avenue de Tervuren, monumentale et sinueuse, relie l’arche du Cinquantenaire à l’ancien “musée des colonies”. Ce dernier a été fondé en 1898 par Léopold II. Il était destiné à accueillir les trophés et les statues rapportés du Congo, la colonie privée du roi. Il abrite aujourd’hui l’une des plus importantes collections d’art africain au monde. Cet imposant édifice néoclassique, aux lignes sévères, est planté au milieu d’un grand parc, entre des parterres rectilignes et de paisibles étangs. L'immense collection est répartie en quatre départements. A ne pas manquer, les collections de bois précieux, d’insectes et d’animaux africains, parmi les plus complètes au monde. Mais la principale caractéristique du musée est de plonger le visiteur dans une autre époque. Une autre vision de l’Afrique, aujourd’hui dérangeante. C’est d’ailleurs là que le jeune Hergé a trouvé l’inspiration pour Tintin au Congo. Sur place, l’influence saute aux yeux. Le groupe de statue intitulé “Nègres marrons sauvages”, d’une naïveté désarmante, résume à lui seul le malaise. Corps noirs sculpturaux, à peine recouverts d’une peau de panthère. Le regard de colons sur une Afrique à “civiliser” et “humaniser” coûte que coûte. Cette leçon d’histoire vaut à elle seule le voyage, mais n’échappe pas aux critiques. Si les pièces présentées sont souvent des merveilles artistiques, les sous-titres et les commentaires appartiennent à une autre époque. L’exposition “Exit Congo Museum”, présentée au rez-de-chaussée jusqu’au 24 juin 2001, tente de corriger le tir. Les artistes invités, belges et africains, dénoncent les préjugés illustrés, à leurs yeux, par la collection permanente.
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