New York
Arts
Peinture et arts plastiques
En bref
Rien de vraiment intéressant avant le XIXe siècle • Apparition des collections • Leader de l’art contemporain.
On ne peut parler de peinture américaine, a fortiori new-yorkaise, avant le XIXe siècle. Les colons étaient affairés à construire leur pays plutôt qu’à le représenter.
C’est durant le XXe siècle que New York devient la ville des peintres. D’abord avec le scandale déclenché par Marcel Duchamp à l’Armory Show. Son tableau le Nu descendant l’escalier choque l’opinion bien-pensante par l'explosion des canons esthétiques. Cet incident va encourager les riches New-Yorkais à favoriser le mécénat et à exposer leurs collections. Durant l’entre-deux-guerres, on voit ainsi apparaître la Fondation Salomon Guggenheim. Le Museum of Modern Art est créé en 1929 et le musée Whitney en 1931.
Parmi les peintres de cette période, Edward Hopper se détache par ses œuvres au réalisme quasi photographique mais empreintes d’une distance et d’une froideur caractéristiques. Alexander Calder est le sculpteur du fil de fer. Avec des morceaux de récupération, il crée des œuvres étonnantes baptisées “mobiles”.
New York devient à la veille de la seconde guerre mondiale la ville refuge de centaines d’artistes qui fuient l’Europe : on y retrouve Max Ernst, Juan Miró, Piet Mondrian ou encore Fernand Léger. La ville, fascinante, saura nourrir leur inspiration. Les rencontres avec les peintres américains s’intensifient jusqu’à donner naissance à une avant-garde durant l’après-guerre. New York devient alors la ville de l’art moderne. L’expressionnisme abstrait (1946–1960) est d’ailleurs appelé école de New York. S’y côtoient Jackson Pollock, Robert Motherwell, Mark Rothko et Willem De Kooning. Malgré des techniques et des styles différents (action painting, dripping, color field), on retrouve une forme d’abstraction violente et sensuelle. Les tableaux sont les représentations et le prolongement de la psyché de leur créateur.
Les années 1950-1960 sont marquées par l’émergence de la société de consommation aux Etats–Unis. Tiraillés entre critique et fascination, les artistes s’emparent des symboles que sont le drapeau américain, le Coca-Cola, les comics, la lessive pour les détourner et en faire le support ou l’objet d’une œuvre d’art. C’est le Popular Art ou Pop Art à la portée de tout le monde. On retient les noms de Jasper Johns, Robert Rauschenberg, Andy Warhol ou encore Roy Lichtenstein.
Andy Warhol, tête chercheuse, peintre ou mondain ?
Warhol (1931-1987) restera certainement comme le peintre new-yorkais par excellence. Ou peut-être simplement comme LE new-yorkais le plus emblématique. Originaire de Pittsburgh, il commence sa carrière en dessinant des croquis publicitaire. Il prend ainsi conscience du pouvoir de l’image au sein de la société de consommation. Ses premiers tableaux mettent en scène des produits de consommation courante, notamment les boîtes de soupe Campbell : il devient un des hérauts du Pop Art. Warhol décide ensuite de passer à des sérigraphies de visages de personnalités symboliques. C’est ainsi que Marilyn, Liz Taylor ou Mao sont déclinés en différentes couleurs sur la même toile.
Warhol ne se cantonne pas pour autant à la peinture. Il est le démiurge de la Factory, son atelier situé dans Chelsea. Là se croisent les musiciens du Velvet Underground, le réalisateur Paul Morrissey, l’acteur-culte Joey Dallessandro, Eddie Sedgwick, leur égérie. Il tourne des films expérimentaux, Empire (durée 24h) ou Sleep. Tournés à vitesse réelle, ils constituent des natures mortes cinématographiques. Après 1975, il traîne dans les cocktails mondains, à la recherche de nouveaux artistes. D’aucuns l’ont alors qualifié de "vampire de l’art" parce qu’il se nourrissait de l'énergie créatrice d'autres artistes. Son journal constitue une chronique inédite de la jet-set new-yorkaise.
Les années 1970 sont traversées par les apparitions et disparitions de mouvements aussi divers que le Land Art, l’art conceptuel, les nouveaux minimalistes et l’hyperréalisme.
De nouveaux talents apparaissent dans les années 1980 : Julian Schnabel à travers le néo–expressionnisme, les graffitistes Jean-Michel Basquiat et Keith Haring qui ont pris la rue comme terrain d’expression et de peinture. Des galeries ouvrent à SoHo (Prince St.) et à Chelsea (Meatmarket, anciens entrepôts de viande). Le marché de l’art contemporain est de nouveau florissant.
5 œuvres emblématiques
Early Sunday Morning, Edward Hopper, 1930 (Whitney museum).
Circus, Alexandre Calder, 1926-1931 (Whitney museum).
Flag, Jasper Johns, 1955 (MoMA).
Number 10, Mark Rothko, 1950 (MoMA).
Mao (sérigraphie), Andy Warhol, 1974 (MoMA).
Musique
En bref
New York = Jazz • Les années 1970 marquent l’explosion du punk-rock • Le rap, un phénomène new-yorkais à l’origine.
Tin Pan Alley
Entre 1890 et 1930, c’est le surnom de la rue (W 28th St.) où se retrouvent les compositeurs, musiciens et producteurs new-yorkais. Roger et Hammerstein, Irving Berlin, Cole Porter, les frères Gershwin lancent la pop music bien avant l’heure en écrivant des mélodies que tout le monde reprend, joue et chante sur scène ou dans la rue. Le jazz moderne s’en inspirera beaucoup.
Naissance du jazz moderne
Le son du Big Band est florissant dans les années 1920-1930 : Duke Ellington et ses différentes formations jouent souvent dans les clubs de la ville, pour la plupart situés à Harlem comme le Cotton Club. Le chanteur de scat Cab Calloway fait les beaux jours de ce célèbre club. Mais le jazz n’est vraiment associé à New York que depuis les années 1940 et l’apparition du be-bop, l’aboutissement moderne du swing. En jouant à la Minton’s Playhouse, Charlie Bird Parker, Dizzy Gillespie, Thelonious Monk et Miles Davis apportent leur contribution au jazz new-yorkais des années 1940-1950. Le terme Big Apple (grosse pomme) qui désigne la métropole aurait d’ailleurs été emprunté à l’argot des musiciens de jazz qui décrivaient ainsi la boule de trac qui se forme dans la gorge avant de jouer. Dans les années 1960, Sonny Rollins et John Coltrane se produiront souvent au Village Vanguard ou au Blue Note faisant découvrir à des spectateurs héberlués les délices et les audaces du hard-bop. Aujourd’hui, la Knitting Factory sert de territoire de défrichage aux avant-gardistes du jazz.
Le punk, new-yorkais avant d’être anglais
Le rock new-yorkais a toujours été plus dur que celui de la côte ouest. De 1965 à 1970, le Velvet Underground, encouragé par Andy Warhol et mené par Lou Reed, crache des textes parlant de sexe, de drogue et de violence soutenus par des sons de guitare distordus. Les New York Dolls, Johnny Thunders ou Richard Hell hurlent leur dégoût de la société et ne ratent aucune provocation : le punk-rock est né, 4 ans avant son apparition outre-manche. Vers 1975, la New Wave éclate dans la salle du CBGB’s sur Bowery, avec des groupes comme Blondie, the Ramones et Patti Smith. Television et Talking Heads prennent la relève en intellectualisant leurs paroles et leurs compositions.
A partir de 1980 et jusqu’au début des années 1990, la vague “post punk” se cristallise autour de Sonic Youth.
Le rap new-yorkais
C’est à New York que le rap et le hip-hop ont vu le jour. En 1979, Sugarhill Gang enregistra Rapper’s Delight, considéré comme le premier disque de rap. Trois ans plus tard, Grandmaster Flash enregistre The Message, tube planétaire. Peu de temps après Afrika Bambaata, DJ du Bronx, fonde la Zulu Nation. A la fin des années 1980 le hip-hop de la côte est est représenté par les Native Tongues, un ensemble disparate de groupes new-yorkais comprenant A Tribe Called Quest et De La Soul. Une autre formation, originaire de Staten Island, a beaucoup fait parler d’elle dans les années 1990 : le Wu-Tang Clan. Ses textes violents et le phrasé saccadé voire hypnotique de chacun de ses membres ont su réveiller le rap autour de la mythologie du kung-fu. RZA, l’un de ses membres, est devenu un producteur recherché. En rap blanc les Beastie Boys, trois Juifs de Brooklyn, ont su s’attirer un immense public grâce à leur humour ravageur.
Architecture
En bref
400 ans d’architecture à admirer en direct • Disparité des styles • Une ville à visiter le nez en l’air.
Il est aujourd’hui difficile de trouver des traces du New York de l’époque “coloniale”. Les maisons hollandaises se caractérisaient par des façades en bois et en brique, coiffées de pignons en escalier et précédées de vérandas. On en trouve un exemple restauré, la Dyckman House à l’angle de Broadway et de la 204th St.
De la période britannique subsistent les maisons et les églises georgiennes comme la Saint Paul’s Chapel dans le quartier du City Hall sur Broadway.
Inspiré par le retour à l’Antiquité, le style fédéral s’impose au début du XIXe siècle. On le reconnaît à ses lucarnes, ses portes d’entrée surmontées de fenêtres en demi-lune et ses fenêtres à guillotine. On peut voir des maisons fédérales à Greenwich Village, sur Charlton St. et dans la partie nord de Vandam St.
Dans les années 1820-1830, le style néogrec triomphe. Les bâtiments publics sont précédés de portiques aux colonnes doriques ou corinthiennes et coiffés de frontons à la manière des temples antiques. On en voit des exemples sur Washington Square North, Lafayette St. et W 20th St. En 1838, Saint Peter’s Church est la première église catholique de ce style.
Les années 1830-1860 sont traversées par le Gothic Revival ou néogothique, qui associe romantisme et Moyen Age européen. La Cathédrale Saint Patrick ou la Church of the Holy Communion sur Sixth Av. sont des illustrations de ce style.
A partir des années 1850, on construit des milliers de maisons en grès brun. Les pierres bon marché, extraites dans les carrières du New Jersey, sont appelées brownstones. Ces bâtiments sont appréciés car ils sont compacts et peu onéreux. Ils donnent à New York l’une de ses couleurs caractéristiques, notamment sur Brooklyn Heights. Les entrepôts construits sur des armatures en fonte ouvragées et aux larges façades vitrées sont un autre élément typique du paysage urbain. On les nomme cast iron buildings ou immeubles en fer forgé. Ils se situent essentiellement à SoHo.
A partir des années 1860, l’aristocratie new-yorkaise s’inspire des modèles de la vieille Europe pour construire ses hôtels, ses théâtres et ses bureaux. C’est ainsi que le style second Empire, le summum du chic pour les bonnes familles new-yorkaises, fait son apparition sur Fifth Av. Lui succède le style Beaux-arts, forgé à l’école des beaux-arts de Paris vers 1870. S’y retrouve un mélange d’éléments classiques et Renaissance avec une profusion de motifs décoratifs. Les exemples les plus aboutis de cette école sont la US Custom House et la New York Public Library.
Le Who’s who des architectes new-yorkais
Du fait du statut de ville internationale de New York, peu d’architectes peuvent être qualifiés de réellement new-yorkais. Toutefois quelques noms se détachent.
Robert Morris Hunt (1828-1895) : l’importateur et le représentant du style Beaux-arts. Il est l’auteur de la façade du Metropolitan Museum.
Stanford White (fin du XIXe-début XXe siècle) : le grand architecte du passage de siècle. On lui doit l’arc de Washington Square.
Frank Lloyd Wright (1867-1959) : l’architecte américain par excellence, auteur de la révolutionnaire spirale du musée Guggenheim, achevé l’année de sa mort.
Raymond Hood (1881-1934) : père du style Art déco et de ses deux emblèmes, le Mac Graw Hill Building et le Rockefeller Center.
Ludwig Mies Van der Rohe (1886-1969) : Allemand d’origine et transfuge du Bauhaus, on lui doit notamment le Seagram Building. Il défend le style International, dépouillé et qui privilégie le verre et l’acier.
Philip Johnson (1906-) : à l’acier, il préfère le béton brut. Il n’appartient pas à une école précise mais privilégie l’éclectisme en architecture. On retiendra l’AT&T Building.
Au tournant du siècle, New York, confronté à l’exiguïté et au renchérissement immobilier, se met à l’heure des gratte-ciel. Le Flatiron Building est édifié en 1902. Son angle le plus aigu mesure à peine 2 m de large, d’où son surnom de “fer à repasser”. En 1913, l’architecte Cass Gilbert décore le Woolworth Building d’ornements gothiques et de salamandres en terre cuite autour de w stylisés. Mais c’est avec les Arts déco que vont naître les plus beaux immeubles de New York. Le style, caractérisé par l’emploi de lignes et de motifs géométriques, s’adapte parfaitement aux lignes verticales, comme en témoignent l’Empire State Building et le Chrysler Building.
La première construction entièrement vitrée de New York est réalisée en 1950 : il s'agit du bâtiment du secrétariat des Nations unies. Cet édifice inspire bientôt la Lever House, un bloc de verre de 24 étages et marque la naissance du style dit International. Puis, en 1958, Mies Van der Rohe et Philip Johnson créent le Seagram Building, une tour de verre minimaliste derrière une grande esplanade sur Park Av. Les gratte-ciel aux formes basiques, dans un style appelé postmoderne, datent du début des années 1980.
Depuis les architectes sont revenus à des constructions plus attirantes, voire surchargées par les matières qui les recouvrent comme en témoigne la Trump Tower.
Un style, un monument
Georgien (XVIIIe siècle) : Morris-Jumel Mansion à Harlem Heights.
Fédéral (1780-1830) : Gracie Mansion, la demeure du maire.
Néogrec (1820-1830) : Colonnade Row sur Lafayette St.
Brownstones (1820-1850) : les maisons de Greenwich Village.
Cast iron buildings (1850-1910) : 72-76 Greene St. à SoHo.
Beaux-arts (1860-1920) : New York Public Library.
Art déco (1920-1940) : Chrysler Building.
International (1930-1970) : Seagram Building.
Moderne (1970) : Twin Towers.
Postmoderne (1980) : immeuble AT&T.
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