Guide Voyage Rome - KARAVEL
 

Rome

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Le Celio

Le Celio est une belle colline. A l'écart des foules, vous découvrirez là des lieux hors du temps où l'histoire s'écrit par strates dans les lieux de culte. Du Colisée, vous pouvez commencer la promenade en suivant la via di San Giovanni in Laterano. La basilique San Clemente est votre première halte. Elle fut fondée au IVe siècle dans la maison particulière d'un chrétien, (un titre). L'église fut détruite en 1084 par les troupes de Robert Guiscard, venu en aide au pape contre les armées germaniques. Reconstruite au XIIe siècle, elle a conservé son plan à trois nefs séparées par des colonnes antiques hétéroclites. En entrant sur votre gauche, la chapelle Santa Catarina. Elle fut décorée par le peintre primitif Masolino (1383-1447).  Remarquez le superbe pavement de marbre  à vos pieds. Le marbre est partout dans cette église : ambons, candélabre. L'église est surtout célèbre pour ses fantastiques mosaïques du XIIe siècle. Celles de l'abside sont particulièrement remarquables, autant par la diversité des scènes que par la finesse du style. Vous pourrez descendre des escaliers pour vous retrouver au niveau de la basilique primitive du IVe siècle. Les fresques du XIe siècle qui racontent la légende de Sisinius vous feront peut-être penser à une antique bande dessinée. Au bout de la nef gauche, un petit escalier vous conduit au Mithraeum. Ce petit temple du IIIe siècle fut consacré au dieu Mithra. Les initiés venaient s'asseoir sur les bancs de pierre pour prier ce dieu venu d'Iran qui fit l'objet à Rome d'un culte à mystères à sept niveaux d'initiation, très en vogue chez les soldats. On lui sacrifiait un taureau et l'on voit encore la figure du dieu, vainqueur des forces du mal (chien, de serpent et scorpion).

En longeant la via Annia, vous arrivez à l'église Santi Quattro Coronati. Elle date du XIIe siècle et comporte des modifications apportées au XVIe siècle (plafond en bois). Observez une curiosité : les matronées, ces galeries hautes réservées aux femmes. Le cloître fut ajouté par les moines bénédictins au XIIe siècle. Ceux qui ont encore soif de fresques pourront demander aux sœurs la clé de la belle chapelle Saint-Sylvestre. Les fresques, de facture naïve, racontent la légende du pape Sylvestre (314-335).  De là, vous pouvez remonter la via Celimontana  et vous perdre dans les ruelles avant d'arriver à la curieuse église circulaire de Santo Stefano Redondo. L'église fut bâtie sur le plan du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Consacrée au Ve siècle au saint martyr Etienne, elle recèle 34 fresques du XVIe siècle décrivant sa lapidation. En quittant l'église, vous pouvez visiter la Villa Celimontana ou redescendre par le clivo di Sauro vers la basilique Santi Giovanni e Paolo. Le sous-sol de l'église vaut le détour. Il s'agit en fait d'une maison antique où de belles peintures ont été mises à jour. Autre curiosité de l'église, une confession (crypte accueillant le tombeau d'un martyr). Vous y accédez par deux petits escaliers.

Basilique Saint-Jean-de-Latran

Vous êtes là dans la plus ancienne basilique chrétienne de Rome. C’est aussi la cathédrale de Rome, dont le pape est l’évêque. Elle a été fondée en 314 par l’empereur Constantin. La malchance s’est souvent abattue sur cet édifice. Elle a été saccagée par les Vandales au Ve siècle, détruite deux fois par un tremblement de terre aux IVe et IXe siècles et ravagée par un incendie au XIVe siècle. La dernière restauration d’envergure date du XVIIe siècle quand le pape Innocent X chargea Borromini de l’embellir. A l’intérieur, la basilique a conservé depuis le IVe siècle son plan à cinq nefs et ses imposantes colonnes antiques de marbre vert. Observez à vos pieds le pavement cosmathèque. Passez vite sur la décoration lourde et surchargée des bras du transept pour descendre dans la confession, la petite crypte sous l’autel qui abrite le beau tombeau du pape Martin V. Le cloître date du XIIIe siècle et offre un bel exemple d’architecture cosmathèque. Les colonnettes torsadées étaient jadis revêtues de mosaïques. Le baptistère fut fondé avec la basilique au IVe siècle. On peut visiter les chapelles latérales en s'adressant au gardien des lieux. 

Le Colisée

Le dicton affirme que "tant que le Colisée durera, Rome durera et quand le Colisée tombera, Rome tombera, et avec Rome, le monde". En voyant la chose vous vous rendrez compte que vous pouvez visiter Rome tranquillement. Un seul mot vient à la bouche devant le Colisée : énorme. Il fut commencé en 72 ap. JC par l'empereur Vespasien. En 80, l'empereur Titus inaugura l'édifice par des jeux qui durèrent cent jours. Il ne lésina pas sur la qualité du spectacle : 5000 bêtes sauvages furent massacrées, les duels de gladiateurs succédèrent aux combats entre hommes et animaux  féroces (lions, panthères, éléphants, rhinocéros, ours). Les jeux étaient avant tout destinés à s'attirer les faveurs des dieux. Le Colisée est construit sur trois étages qui offraient environ 80 000 places à des foules passionnées par ces jeux. Une des deux portes était réservée à l'empereur. L'autre servait à l'évacuation des cadavres. L'empereur Honorius suspendit les duels de gladiateurs en 404 ap. JC et les combats avec les bêtes sauvages furent supprimés au siècle suivant. Après avoir fait office de forteresse pour deux grandes familles romaines entre le XIIIe et le XVe siècle, le Colisée servit de carrière de travertin pour la construction des nouveaux palais de la ville. Au XVIIIe siècle, le pape Benoit XIV sauva le monument en instaurant un chemin de croix autour du Colisée. Il devenait un lieu saint consacré aux premiers chrétiens qui furent livrés ici en pâture aux fauves.     

Les thermes de Caracalla

Les thermes de Caracalla sont les mieux conservés de Rome et vous donneront une bonne idée d'ensemble de ce lieu qui servait à la détente, à l'hygiène et à la culture physique et intellectuelle des Romains. Ils passaient de nombreuses heures en compagnie de leurs amis à converser ou à se faire masser. De nombreux Romains y venaient tous les jours. L'empereur Caracalla (211-217) fit édifier les plus grands thermes que Rome ait jamais connus et qui ne seront dépassés en taille que par ceux de Dioclétien. L'ensemble s'étendait sur 11 ha. Les deux bibliothèques aux angles de l'enceinte leur permettaient de se cultiver. Deux gymnases (palaestra), situés sur les murs des thermes, servaient de salles de sport. Au centre de l'enceinte, les bains pouvaient accueillir 1500 personnes. Les salles étaient richement décorées de mosaïques et pavées de marbre polychrome. Les colonnes de granit ou de porphyre soutenaient des chapiteaux corinthiens de marbre blanc. Le système de chauffage était très sophistiqué. Des fours souterrains communiquaient la chaleur aux bains par des colonnes de brique et des conduits métalliques. D'immenses citernes de 80 000 litres, alimentées par un aqueduc, apportaient l'eau dans les bains. Le parcours du baigneur commençait au gymnase. Il faisait du sport avec ses amis avant de passer au laconicum, une sorte de sauna. Le caldarium était une salle circulaire de 34 m de diamètre où notre baigneur prenait un bain très chaud. Il se raclait la peau à l'aide d'un strigile pour en éliminer les impuretés. Il passait alors dans le tepidarium, un bain d'eau tiède, avant de finir dans le frigidarium, une piscine d'eau froide. En sortant, il allait se promener dans les jardins et donnait rendez-vous à ses amis pour le lendemain. C'est dans les jardins des thermes que furent retrouvées les deux énormes vasques de granit que vous verrez sur la Piazza Farnese.

Via Appia Antica

Même si elle est un peu à l'écart du centre, la via Appia Antica remporte haut la main le titre de la rue la plus romantique de Rome. Bordée de sépulcres romains qui tombent doucement en ruine et ombrée de beaux pins parasol, elle offre un joli but de promenade. Vous pourrez en outre visiter l'une des trois catacombes qui s'échelonnent le long du chemin. La Via Appia, la "reine des routes", reliait Rome à Brindisi. Le but de sa construction était de relier facilement le sud du pays et d'assurer ainsi une domination efficace sur la "Grande Grèce", l'Italie du Sud. Dans l'Antiquité, la loi imposait d'enterrer les morts hors des enceintes de la ville. Les grandes familles de l'Empire enterraient leurs morts le long de cette route. Vous verrez ainsi au gré de votre promenade des catacombes, des tombeaux gigantesques ou de modestes urnes funéraires.

La partie la plus intéressante pour les marcheurs se situe entre les catacombes de San Callisto et le tombeau de Cecilia Metella. La première étape est la visite des catacombes de San Callisto. Vous êtes là dans le premier cimetière officiel catholique. Ce sont aussi les catacombes les plus grandes et les plus connues de Rome. Elles abritent les tombes des papes du IIIe siècle et leurs galeries courent sur plus de 20 km. Contrairement à la légende, les chrétiens n'ont jamais vécu cachés dans les catacombes mais venaient régulièrement se recueillir sur les tombes des papes. Au bout de la rue, vous êtes tout proche du Mausoleo delle Fosse Ardeatine où furent exécutés 335 résistants en représaille d'un attentat commis contre 32 policiers allemands pendant la seconde guerre mondiale. En empruntant la via delle sette chiese, vous arrivez aux catacombes de Santo Sebastiano. Le mot catacombe, du latin "ad catacumbas", signifiait à côté du ravin. C'est dans un ravin que fut construit ce cimetière souterrain. A l'intérieur, vous verrez des fresques et des inscriptions latines datant des débuts du christianisme. L'église que vous voyez date du IVe siècle et fut construite après le martyre de saint Sébastien. Au delà s'étendait l'immense domaine de l'empereur Maxence (306-312). Il se fit construire là un cirque, le Circo di Massenzio réservé aux courses de char. Tout près, le mausolée à Romulus fut érigé en mémoire de son fils, mort très jeune. Plus loin, le tombeau de Cecilia Metella est un immense mausolée cylindrique. Cecilia Metella était la belle-fille de Crassus, qui forma avec César et Pompée le premier triumvirat. Au XIVe siècle, une grande famille romaine s'en servit comme donjon de son chateau fort.

L'Aventino et le Testaccio

L'Aventin est une des sept collines de Rome et sûrement la plus paisible. C'est aujourd'hui une zone résidentielle très huppée. Le quartier était populaire pendant l'Antiquité. Il regroupait de nombreux marchands, attirés par  la proximité du port de Rome. Le quartier devint plus recherché sous l'Empire quand des empereurs vinrent y habiter. De nombreux jardins et quelques églises intéressantes en font un agréable lieu de promenade. Vous pouvez débuter votre itinéraire par le Circo Massimo. Le Grand Cirque était le plus spacieux de Rome et abritait les légendaires courses de chars. Quatre équipes de couleurs différentes s'affrontaient sur des attelages de deux, trois ou quatre chevaux. Les 150 000 spectateurs se pressaient sur les gradins pour encourager leur champion. L'obélisque que vous voyez sur la place du Peuple fut installé là en 10 av. JC. Les empereurs successifs ne cessèrent de l'embellir et allèrent jusqu'à paver les écuries de marbre. Du cirque, vous pouvez grimper sur la colline par la via Santa Sabina. L'église Santa Sabina date du Ve siècle. La belle mosaïque au-dessus de la porte en bois de cyprès date de cette époque. A l'intérieur, vous verrez des vestiges de différentes époques. Les colonnes à chapiteaux corinthiens proviennent de temples antiques, les tombeaux sont médiévaux et les fresques d'époque Renaissance. Le cloître du XIIIe siècle est une oasis de fraîcheur, idéale pour faire une pause. En suivant la rue, vous arrivez à la Piazza dei Cavalieri di Malta. Cette place étonnante fut pensée au XVIIIe siècle par le dessinateur et graveur Piranèse. Approchez-vous du n°3 qui abrite un prieuré de l'ordre des Chevaliers de Malte. Observez par la serrure et vous aurez une étrange vision au bout de l'allée.

La Via Ostiense et la centrale Montemartini

La promenade commence à la Porta San Paolo avec la pyramide Cestia. Cette pyramide plaquée de marbre est la tombe d'un magistrat, Caïus Cestius, qui mourut en 12 av. JC. La pyramide montre combien l'Egypte était en vogue sous Auguste et combien les hauts fonctionnaires étaient riches et puissants. A côté, le cimetière protestant est un havre de paix où vous pourrez rendre hommage à Keats ou à  Shelley, enterrés là sous les pins. Vous sortez de Rome par la Porta San Paolo, une des portes du mur d'Aurélien (270-275). Dirigez-vous alors vers la via Ostiense qui conduisait dans l'Antiquité vers le port d'Ostie, à l'embouchure du Tibre. Vous arrivez bientôt à l'étonnante centrale Montemartini, une centrale hydroélectrique reconvertie en musée d'art antique. La centrale fut inaugurée en 1912 et fonctionna jusqu'aux années 50 avant d'être restaurée à la fin des années 90. Vous verrez encore les deux moteurs diesel et l'énorme chaudière. Les œuvres exposées là viennent des réserves de sculptures antiques des musées du Capitole. A l'étage, observez les deux statues d'Athéna et la statue en basalte d'Agrippine en prière. Dans la salle des chaudières, une belle mosaïque représente la capture d'animaux sauvages destinés au cirque. A noter aussi, la statue de Polymnie, muse de la poésie lyrique et de l'harmonie et la Vénus de l'Esquilin, une copie de l'époque impériale.

En sortant, continuez sur la via Ostiense jusqu'à la basilique de San Paolo fuori le Mura. Elle a longtemps été la plus vaste de Rome jusqu'à la construction de Saint-Pierre au XVIe siècle. Le feu la ravagea en 1823 et l'édifice fut entièrement reconstruit. Seul son beau cloître roman échappa aux flammes. L'apôtre Paul fut décapité dans les environs en 67 ap. JC. Un monument (martyrium), fut construit sur sa tombe, qui devint rapidemment un lieu de pélerinage pour les chrétiens. En 313, l'empereur Constantin fit édifier une première basilique à cet endroit. C'est lui qui institua le christianisme comme religion officielle à Rome. Ses successeurs, Valentinien et Théodose, remplacèrent à la fin du IVe siècle la petite basilique par une plus vaste à cinq nefs. La basilique que vous voyez garde les dimensions de cet édifice du IVe siècle. A l'intérieur, une impression d'immensité vous frappe. Les 80 colonnes monolithes de granit rythment l'espace. Ne ratez pas le beau candélabre pascal du XIIe siècle. Observez les animaux monstrueux qui ornent sa base. Le ciboire sur le maître-autel est une belle pièce gothique qui repose sur de fines colonnettes de porphyre.

Termini

La basilique Sainte-Marie-Majeure

C'est le rêve d'un pape qui décida de la construction de la basilique. Libère Ier vit en rêve la Vierge lui demander de construire une église où il trouverait de la neige. Le lendemain, il neigea en plein mois d'août. Le miracle est célébré tous les 5 août avec des pétales blancs qui tombent du plafond pendant la messe. L'architecture de la basilique a été beaucoup remaniée au cours des siècles. La façade et le clocher (le plus élevé de Rome) datent du XVIIIe siècle alors que le campanile est de style roman. Mais ce sont les mosaïques du Ve siècle qui font l'intérêt majeur de l'église. Elles couvrent l'abside, l'arc triomphal et la nef. Les mosaïques de l'arc triomphal sont superposées sur quatre registres. Elles sont déja marquées par l'influence byzantine : vous pouvez voir sur le premier registre en haut la Vierge vêtue comme une impératrice d'Orient. Vous pouvez grimper dans la loggia si vous voulez les observer d'un peu plus près. Dans l'abside, les mosaïques ont été retouchées au XIIIe siècle par Jacopo Torriti. Le plafond à caissons a été doré avec les premières cargaisons d'or ramenées d'Amérique. A gauche de la nef, la Capella Paolina est d'un faste inégalé. L'autel est orné de pierres semi-précieuses : agates, lapis-lazuli, améthyste et jaspes multicolores. Au-dessus de l'autel, une gloire d'anges en bronze signe son appartenance au style baroque. Le pape Paul V la fit construire en 1611 sur le même plan que l'autre chapelle latérale, la Capella di Sisto Quinto. Dans le baptistère, observez une belle vasque baptismale en porphyre.

Les thermes de Dioclétien

Ils furent les plus grands et les plus beaux de Rome. Ils forment un rectangle de 380 m sur 370 m et accueillaient environ 3000 personnes. L'inscription dédicatoire montre qu'ils furent construits entre 298 et 306 ap. JC. La salle octogonale est située dans l'ancien planétarium, construit en 1929. Récemment rénovée, elle abrite quelques sculptures importantes de l'Antiquité. Vous verrez en particulier l'Aphrodite de Cyrène, une copie du IIe siècle d'une œuvre héllénistique découverte en Libye ou l'Appollon lycée, datant du IIe siècle ap. JC, retrouvé dans les thermes de Trajan. Vous pourrez aussi visiter une partie du grand cloître qui appartenait à l'église Sainte-Marie-des-Anges, construite par Michel-Ange dans les ruines des thermes.

Le palazzo Massimo alle Terme 

Ce palais abrite sur quatre étages un nombre important de chefs-d'oeuvre de l'Antiquité. Le rez-de-chaussée et le premier étage sont consacrés à la statuaire antique. Le deuxième étage est dédié aux fresques et mosaïques et le sous-sol abrite une collection de monnaies. Le palais fut construit en 1883 par un prince jésuite. Il abrita un collège jusqu'aux années 60. Il a été ouvert au public très récemment. Au rez-de-chaussée, observez les fragments d'un calendrier. Dans le salon des trois arcades, la statue d'Auguste présente l'empereur voilé dans sa tenue de grand pontife après la bataille d'Actium (victoire sur Octave et Cléopâtre). Dans la même salle, deux œuvres racontent la fondation légendaire de Rome : l'Autel de Mars et Vénus et surtout la fresque du Colombarium Esquilin. A signaler aussi deux bronzes extraordinaires : le boxeur au repos ( Ier siècle ap. JC) et le Prince Héllénistique (IIe siècle av. JC). Au deuxième étage, vous verrez comment étaient décorées les villas impériales et les demeures aristocratiques. Les fresques de la villa de Livia à Prima Porta furent transférées ici pour les sauver de l'humidité. Vous verrez aussi de beaux parterres de mosaïques polychromes venus de la Villa des Septime à Baccano.

La via Veneto et le palazzo Barberini

La Via Veneto était la rue mythique du Rome des années 50 et de la Dolce Vita. La mode est passée mais le mythe est encore là. Vous pouvez arriver en haut de la via Veneto par une des portes de la Villa Borghese, la porte Pinciana. La rue fut percée vers 1880. Elle reste animée le soir avec ses bars et boîtes de nuit haut de gamme, ses hôtels prestigieux et ses boutiques de luxe. Au milieu de la rue, l'ambassade des Etats-Unis, logée dans le palazzo Margherita. En bas de la rue, deux jolies fontaines vous attendent. Le Bernin imagina la fontaine des abeilles. Les abeilles sont une allusion au blason de la famille Barberini, qui donna à Rome le pape Urbain VIII (1623-1644). Au centre de la Piazza Barberini, la fontaine du triton est une autre œuvre du Bernin de la même période. Le palazzo Barberini qui domine la place fut construit par le pape Urbain VIII pour y loger sa famille. Sa construction fut achevée par les deux frères ennemis baroques, le Bernin et Borromini. Le palais abrite aujourd'hui une très belle collection de peintures, la Galleria nazionale d'Arte Antica. La collection est un feu d'artifice de chefs-d'œuvre parmi lesquels figurent  une Annonciation de Filippo Lippi, la Fornarina de Raphaël, un portrait du Bronzino ou le portrait d'Erasme par Quentin Metsys.     

La Villa Borghese

La Villa Borghese est le plus grand parc public de Rome. C'est aussi un des endroits les plus agréables pour se promener. Le parc ressemble à un jardin romantique avec une succession de bosquets, de lacs et de palais. Des copies de statues antiques parsèment le parc et un jardin anglais fut aménagé au XVIIIe siècle. C'est un des terrains de chasse préférés des fameux mâles italiens en quête d'une jeune fille étrangère. La villa était la résidence de campagne (casino) du cardinal Scipione Borghese. Passionné d'art, il joua un rôle de mécène auprès des plus grands artistes du XVIIe siècle, les frères Carrache, le Bernin ou le Caravage. La villa Borghese regroupe trois musées importants. La Galleria Borghese est une des plus belles collections d'objets d'art de la ville. Autre musée important, le Museo Nazionale di Villa Giulia, un beau musée consacré à l'art étrusque. Enfin, la Villa abrite la Galleria nazionale d'Arte moderna, qui accueille un musée d'art contemporain, ainsi que des expositions.

Galleria Borghese

Cette prestigieuse collection d'art antique, renaissance et baroque  vient d'ouvrir au public après des années de fermeture. Profitez-en, c'est une mine d'or. Le cardinal Borghese qui amassa cette collection avait le goût sûr. Et encore vous ne voyez pas tout. Il dut vendre environ 200 sculptures, au musée du Louvre sous la pression de Napoléon. Au rez-de-chaussée, la statue de Pauline Bonaparte par Antonio Canova est un chef-d'œuvre néoclassique. Plus loin, le David est une œuvre de jeunesse du Bernin. Le baroque s'exprime là par le mouvement de torsion du corps du David en plein effort. Une salle entière est consacrée au Caravage (1573-1610). Six toiles qui sont autant de chefs-d'œuvre. Le David portant la tête de Goliath est particulièrement émouvant quand on sait que l'artiste, exilé à Naples après un meurtre, avait sa tête mise à prix par la justice romaine. A l'étage, des œuvres de Raphaël (1483-1520) côtoient une superbe Vénus de Lucas Cranach (1472-1553). Dans la même salle, une Danaé du Corrège (1490-1534). La galerie se visite aujourd'hui sur rendez-vous, en achetant votre billet une heure auparavant. Seules 200 personnes peuvent entrer en même temps dans la galerie. Vous pouvez acheter votre billet avant d'aller vous promener dans le jardin. La durée de votre visite ne peut excéder deux heures.

Le Quirinal et l'Esquilin

La fontaine de Trevi

La fontaine de Trevi est la fontaine la plus célèbre mais aussi une des plus belles de Rome. Dessinée par l'architecte Nicolas Salvi en 1732, elle est alimentée par un des plus anciens aqueducs romains. L'architecte adossa la fontaine au palais voisin, ce qui explique sa hauteur. La légende veut qu'une jeune vierge indiqua aux soldats l'emplacement de la source d'où le nom d'Aquam Virginem que vous pouvez lire sur le fronton de la fontaine. La fontaine est une gigantesque scène de théâtre baroque qui illustre le dieu Océan, debout sur son char. Anita Ekberg prenant son bain dans la fontaine en robe du soir (dans la Dolce Vita de Fellini) a bien entendu beaucoup contribué au mythe de la fontaine. Vous pourrez toujours guetter son fantôme les nuits d'été. Vous pourrez aussi, le dos tourné à la fontaine, jeter deux pièces par dessus votre épaule. L'une pour exaucer un voeu, l'autre pour être sûr de revenir à Rome. 

La piazza del Quirinale

Le palazzo del Quirinale fut construit à partir de 1573 pour servir de résidence d'été aux papes. Le palais abrite aujourd'hui la présidence de la République. Vous pourrez visiter le palais le deuxième et le quatrième dimanche du mois, de 8h30 à 12h30. Sur la place devant le palais, un obélisque fut ramené du mausolée d'Auguste. Il est encadré de copies des statues de Castor et Pollux. Sur la place, les écuries papales viennent d'ouvrir leurs portes, réaménagées par l'architecte Gae Aulenti. Vous pourrez y voir des expositions prestigieuses. En longeant la via del Quirinale, vous arrivez sur deux des plus belles églises baroques de Rome, dessinées par les deux plus célèbres architectes de l'époque, le Bernin et son rival de toujours, Borromini. L'église Sant' Andrea del Quirinale fut construite en 1658 selon un plan elliptique dessiné par le Bernin. A l'intérieur, le maitre mot est l'illusion. Les chapelles latérales rectangulaires et le faux portique devant le chœur contribuent à donner cette illusion d'espace. L'église apparait en effet beaucoup plus grande qu'elle ne l'est. L'exubérance baroque joue ici à plein : tout n'est que marbre polychrome, dorures, stucs et effets de lumière. Observez l'étonnante Gloire dorée au-dessus du maître-autel. Un peu plus loin, l'église San Carlo alle quattro fontane est un miracle baroque. Elle fut la dernière œuvre de l'architecte Borromini. Observez le jeu de courbes convexes et concaves au sein de l'église. Les architectes ont parlé là de murs ondulants pour qualifier cette église qui parait être en mouvement tant il y a de courbes. L'église contraste avec le goût baroque pour l'énorme et le grandiose. C'est un petit bijou élégant coiffé d'une coupole ovale à caissons. Le cloître est un prodige d'équilibre encadré de deux étages de colonnes doriques. 

Centro Storico

Le Forum romain

Il vous faudra un peu de fantaisie pour imaginer que ce champ de ruines a été le centre politique de la ville sous la République, avant de devenir un vaste ensemble monumental où s'accumulèrent les temples dédiés aux empereurs divinisés. A l'origine, ce furent les Etrusques qui asséchèrent ce grand marécage pour en faire la place principale de leur cité. Chassés de Rome en 509 av. JC, ils laissèrent la place à la République qui fit du forum son centre politique, juridique, économique et mondain.  

En entrant à droite, vous trouvez la Basilica Emilia. La basilique originelle date de 179 av. JC mais les vestiges visibles aujourd'hui sont du Ier siècle ap. JC. L'édifice était à la fois un tribunal, un lieu de rencontre et un marché. La Via Sacra, une des rues les plus prestigieuses de l'Antiquité, s'étend le long du bâtiment. Les généraux vainqueurs l'empruntaient au retour de leurs campagnes avant d'aller remercier Jupiter sur le Capitole. Au bout de cette rue, se trouvait le coeur politique de la cité. La Curia abritait les débats houleux des sénateurs au temps de la République ( 510-27 av. JC ). Au nombre de 300, ils étaient nommés à vie et représentaient le sommet du pouvoir politique. Ils écoutaient religieusement l'augure leur expliquer les manifestations divines à travers l'appétit des poulets sacrés ou la forme des vols d'oiseaux. A l'intérieur, les sièges des sénateurs sont encore conservés aujourd'hui. Pendant les votes des lois, ils se levaient et rejoignaient le groupe qui correspondait à leurs idées. Ils gardèrent une grande puissance jusqu'à l'avènement de l'Empire, en 27 av. JC, et avant que l'empereur ne confisque entièrement le pouvoir. Ils ne leur restaient alors qu'à accepter ou refuser l'apothéose et la canonisation de l'empereur défunt.

Non loin de la Curia,  vous verrez au sol le Lapis Niger. Cette dalle de marbre noir recouvrirait selon la légende la tombe de Romulus, le fondateur de Rome. A côté, l'Arco di Settimio Severo fut élevé en 203. Il commémore une série de victoires sur l'ennemi parthe. Sur un côté de l'arc, observez l'Umbilicus Urbis, un petit monument circulaire qui servait à indiquer symboliquement le centre de la cité. Quelques marches plus bas, les rostres étaient la tribune d'où les empereurs et les orateurs haranguaient la foule. Le nom des rostres vient des éperons (ou rostres) de bateaux pirates capturés par Rome qui furent accrochés à la tribune dès 338 av. JC. La colonne qui se dresse devant vous est la colonne de Phocas. Phocas est l'empereur romain d'Orient qui offrit le Panthéon à la papauté. En remerciement, le pape dressa sa statue au sommet de la colonne en 608 ap. JC. En continuant vers l'extrémité du Forum, vous verrez les ruines de deux temples importants pour la cité. Le Tempio di Vespasiano, dont il ne reste que trois colonnes corinthiennes : c'est  Titus qui décida l'érection d'un temple à la gloire de son père Vespasien, divinisé après sa mort, en 79 ap. JC. A côté, le Tempio di Saturno fut reconstruit au IVe siècle en l'honneur de Saturne qui enseigna aux romains l'art de cultiver la terre.

En repartant en sens inverse, vous trouvez à droite la Basilica Giulia. Construite par César en 55 av. JC, elle marqua le début du gigantisme sur le Forum. Longue de 109 m et large de 40 m, elle était richement pavée de marbre polychrome et était divisée en cinq nefs. Le temple voisin est le Tempio di Castore e Polluce dont il ne reste que trois colonnes. Castor et Pollux étaient deux cavaliers divins, fils de Zeus et Léda, qui apparurent dans le ciel au moment décisif d'une bataille contre les Etrusques. Sur les lieux de l'apparition, les Romains élevèrent ce temple au début du Ve siècle av. JC. De là, vous longez l'Atrio delle Vestali, la maison à deux étages où vivaient les vestales. A l'extrémité du temple, quelques colonnes indiquent l'emplacement du Tempio di Vestali, où était conservé le feu sacré. Quatre vestales, des prêtresses du feu, étaient chargées de l'entretenir. Elles venaient des plus grandes familles de Rome et alimentaient pendant trente ans le feu sacré. Son extinction était un augure catastrophique pour la ville. Pour remplir leur mission, les vestales vivaient cloîtrées et devaient rester vierges : elles étaient enterrées vivantes si elles manquaient à ce devoir. En échange de leur servitude, elles étaient honorées comme des déesses et comblées de richesses.

A l'extrémité du Forum, l'Arco di Trionfo di Tito commémore la prise de Jérusalem par les armées romaines en 70 ap. JC.  Observez les bas-reliefs qui figurent parmi les plus fins de l'époque. On remarque notamment sous la voûte, le triomphe de Titus sur son char et la suite impériale avec le butin. Traversant le forum, vous arrivez devant les ruines imposantes de la Basilica di Massenzio e Constantino. Vous serez frappés par le gigantisme de trois énormes porches aux voûtes béantes. Construite par l'empereur Maxence en 305 ap. JC, elle est la dernière des grandes basiliques du Forum. Edifiée en brique, elle était divisée en trois nefs. La basilique fut achevée par l'empereur Constantin qui battit Maxence en 312. Il ajouta les quatre colonnes de porphyre qui sont encore debout. Le bâtiment abritait de gigantesques statues dont la célèbre tête de Constantin que vous verrez dans la cour des musées du Capitole. Le Tempio di Antonino e Faustina boucle le parcours autour du Forum. L'empereur Antonin le Pieux (136-161) décida de construire un temple à sa femme Faustine, morte en 141. Après sa mort en 161, le Sénat décida d'associer son nom à la consécration du temple. Levez les yeux vers la jolie frise ornée de griffons et de candélabres. Une église chrétienne, San Lorenzo in Miranda, occupa le temple du XIe au XVIIe siècle.

Les forums impériaux

Les forums impériaux se succèdent le long de la Via dei Fori Imperiali, qui relie la piazza Venezia au Colisée. Ils remplacèrent, à partir du règne de César, le Forum romain devenu trop exigu pour remplir ses missions de justice, de centre commercial et politique. Au pied du Capitole,  vous arrivez dans le forum de César qui obéit pour la première fois à un plan d'urbanisme unitaire. César venait de faire voter la loi de Urbe Augenda et entendait mettre fin au développement anarchique de la ville. Le forum fut construit entre 42 av. JC et 2 av. JC. Les trois colonnes indiquent l'emplacement du Tempio di Venere Genitrice, le plus grand temple du forum. Ce temple dédié à Vénus fut construit sous les empereurs Domitien et Trajan. César pensait que sa famille, les Julii, descendaient de Vénus. Le temple abritait une statue en or de Cléopâtre, une statue de Vénus et, à l'entrée, une gigantesque statue du cheval de César. En descendant le Clivus Argentarius, vous trouvez l'église San Giuseppe dei Falegnami. L'église fut construite sur les Carcere Mamertino, les fameuses prisons de l'Empire romain où moururent Vercingétorix et de nombreux martyrs chrétiens.

En traversant la Via dei Fori Imperiali, vous arrivez sur le plus beau et le plus grand des forums impériaux, le forum de Trajan (98-117). Il se composait des marchés, de la Basilica Ulpia, du Tempio di Traiano et de deux bibliothèques, l'une grecque et l'autre latine, qui encadraient la colonne trajane. L'esplanade était bordée par des portiques à exèdres. Le forum fut inauguré en 113 après de gigantesques travaux de terrassement de la colline du Quirinal. L'empereur finança les travaux avec le butin conquis sur les Daces, un peuple de l'actuelle Roumanie. Les deux campagnes victorieuses contre ce peuple (101-102 et 105-106) sont magnifiquement racontées sur les dix-sept tambours de marbre de la colonne trajane. La colonne, haute de 38 m, illustre scène par scène les batailles de cette guerre. Une statue de l'empereur trônait au sommet de la colonne. Elle fut remplacée au XVIe siècle par celle de saint Pierre que vous voyez aujourd'hui. A l'extrémité du forum s'élevait le Tempio  di Traiano consacré à l'empereur divinisé, dont il ne reste rien. Sur ses fondations, fut bâtie au XVIe la petite église Santa Maria di Loreto, de plan carré. Jouxtant la colonne de l'autre côté, la Basilica Ulpia étonnait les Anciens par sa magnificience. Il n'en reste rien aujourd'hui mais vous pouvez imaginer une immense basilique sur deux étages, divisée en cinq nefs par une forêt de colonnes de granit et qui présentait la particularité d'avoir deux absides. A côté de cette basilique s'étendait la place du Forum. Une statue  équestre en bronze  de l'empereur s'élevait en son centre.

La Torre delle Milizie domine le Forum de Trajan. La tour était le donjon d'un château appartenant aux papes. Construite au XIIIe siècle, elle servait à protéger la ville. A ses pieds, vous pouvez voir les marchés du Forum (Mercati di Traiano), très bien conservés. Ils jouaient le rôle de magasin central et de supermarché avec environ 150 boutiques qui proposaient toutes sortes de denrées rares ou exotiques. Ils s'étageaient sur six niveaux. Observez la belle façade en hémicycle imaginée par l'architecte grec Apollodore de Damas.  Vous aurez une très belle vue sur les forums si vous grimpez au sommet de ces marchés.  

Le Forum d'Auguste (27av. JC-14ap. JC) jouxte celui de Trajan. Les travaux commencèrent en 31 av. JC. Les puissantes murailles que vous voyez au nord étaient destinées à protéger le Forum des fréquents incendies qui se propageaient depuis le quartier populaire de Suburre. Contre la muraille se dressait le Tempio di Marte Ultore, le dieu de la guerre vengeur des mânes de César. Vous ne verrez que quelques colonnes de la façade. C'est là que les jeunes garçons de la famille impériale revêtaient la toge virile, symbole du passage à l'âge d'homme (environ 17 ans). Les dignitaires de l'Empire recevaient ici leur commandement des mains de l'empereur. Les portiques de la place étaient ornés des statues des Romains les plus illustres de l'époque républicaine. Deux arcs de triomphe commémorent les campagnes victorieuses de Drusus en Germanie et de Germanicus en Dalmatie (Croatie) et Pannonie (Hongrie).  A côté du Forum d'Auguste, le Forum Transitorium fut commencé par Domitien (81-96) et achevé par Nerva (96-98). Le  temple de la Paix, construit par Domitien à partir de 70, fermait la place. Il n'en reste aujourd'hui presque rien si ce n'est deux belles colonnes qui marquaient la limite entre le Forum et le temple. 

Le Palatin

Le Palatin est le berceau de Rome. On vous raconte la légende de la fondation de Rome ! Elle est si belle. Rémus et Romulus étaient deux jumeaux nés d'une vestale et d'un dieu. Menaçant le pouvoir de leur oncle, ils furent abandonnés à la naissance sur les rives du Tibre. La crue du fleuve posa leur berceau sur le Palatin. Là, une louve les découvrit et les allaita dans la grotte de Lupercal. Un berger prit alors le relais de la louve et les éleva. En âge de travailler, Romulus prit sa charrue et traça un sillon autour de la colline : ce fut l'acte de fondation légendaire de Rome (VIIIe siècle av. JC). Curieusement, c'est sur le Palatin que les archéologues ont découvert des cabanes du VIIIe siècle av. JC, les plus vieux vestiges de Rome. Leurs dates correspondent à peu près à celle de la fondation de la ville. Légende et réalité ne sont parfois pas si éloignées. Le Palatin sera surtout le lieu d'une belle promenade à travers des ruines et un jardin d'époque Renaissance. A Partir de Tibère (14-27), la colline du Palatin deviendra la propriété du seul empereur. C'est Domitien (81-96) qui lanca l'énorme programme de construction de palais dont vous voyez les ruines. Vous pourrez aujourd'hui visiter la maison de Livia, qui fut la demeure de l'empereur Auguste et surtout l'immense Domus Flavia où se tenaient les cérémonies officielles sous l'Empire. A Côté, la Domus Augustana était la résidence privée de l'empereur. Les restes de la maison évoquent assez bien le mode de vie que menait l'empereur. Il ne subsiste pas grand chose de toutes ces résidences fastueuses mais la colline reste encore un lieu enchanteur en plein cœur de Rome. Jouxtant la demeure impériale, vous verrez le stade de Domitien, long de 145 m et les ruines des gymnases (palestres) qui l'entouraient. Le Palatin fut abandonné à partir du IIIe siècle quand les empereurs déménagèrent vers Milan ou Trêves. La colline servit alors de carrière. Une promenade au printemps dans les jardins Farnèse (Orti Farnesiani) vous plonge dans une ambiance Renaissance. Le jardin privé d'Alexandre Farnèse, neveu du pape Paul III, vous offrira une des meilleures vues sur le Forum.

Le Panthéon

A l’origine, le temple de tous les dieux païens. Construit en 25 av. JC par Agrippa, gendre de l’empereur Auguste. Reconstruit vers 125 ap. JC par Hadrien qui lui donna sa forme de rotonde. L’édifice fut fermé au culte au IVe siècle puisque considéré comme païen. Abimé par les Barbares pendant le premier sac de Rome en 410, il fut transformé en église en 608 et prit le nom de Sainte-Marie-de-tous-les-saints. Au XVIIe siècle, le Bernin rajouta deux clochetons que Pasquin surnomma " les oreilles d’âne du Bernin". L’extérieur se présente comme un vaste bâtiment circulaire doté d’un porche à colonnes et fronton. Le portique est soutenu par seize colonnes de granit à chapiteaux de marbre blanc. L’immense porte de bronze date de l’antiquité.

A l’intérieur, la coupole à caissons reste une merveille architecturale jamais égalée. Les architectes de la Renaissance venaient l’étudier pour essayer d’en percer les secrets. Perchée à 43 m, elle repose sur d’énormes pilastres. Entre les niches, observez les édicules qui ornent les pilastres. Ils sont coiffés de frontons alternativement courbes et triangulaires que l’on retrouve souvent sur les façades des palais de la  Renaissance. Dans les niches, les statues des dieux antiques ont disparu depuis longtemps. Aujourd’hui, elles abritent  notamment le tombeau de Raphaël (1483-1520) et servent de panthéon royal à la dynastie de Savoie. Devant le Panthéon, la piazza della Rotunda est une place agéable pour boire un verre en terrasse. Au centre, la fontaine date de 1578. Au XVIIIe siècle, le pape Clément IX la fit couronner d’un obélisque.

Place Navone

Vous voilà peut-être sur la plus belle place du monde. Un festival baroque de fontaines, de palais et d’églises qui vous feront tourner la tête. Elle fut construite à la Renaissance sur l’emplacement du stade de Domitien (Ier siècle ap JC). Transformée en place du marché au XVe siècle, on y aménagea un siècle plus tard, trois fontaines. Au centre, trône la célèbre fontaine des Fleuves, œuvre du Bernin. Elle fut financée par un impôt sur le pain qui la rendit fort impopulaire aux yeux des Romains. Les sculptures illustrent les quatre fleuves symboles des quatre coins du monde. Le Gange représente l’Asie, le Rio de la Plata l’Amérique, le Danube l’Europe et le Nil l’Afrique. Remarquez la tête voilée de l’Afrique. On ne connaissait pas alors la source du Nil au temps de la construction, achevée en 1651. Notez combien la raideur de l’obélisque contraste avec le chaos mouvant des rochers et des statues. En face, l’église de Santa Agnese in Agone est un petit bijou baroque de l’architecte Borromini. Il était le grand concurrent du Bernin. La légende assure que deux des statues de la fontaine des Fleuves se voilent les yeux pour ne pas voir le chef-d’œuvre du rival. L’église n’était à l’origine qu’un petit oratoire construit sur le lieu du martyre de sainte Agnès. Sous le pontificat d’Innocent X (1644-1655 ), elle fut la chapelle privée de la famille Pamphili. Le mouvement concave de la façade contraste avec les deux campaniles. A l’intérieur, des tableaux de marbre décorent les autels. Au bout de la place, la fontaine du Maure fait face au palazzo Pamphili. Le palais fut reconstruit et agrandi lorsque le pape Innocent X fut élu en 1644. Il abrite aujourd’hui l’ambassade du Brésil et ne se visite pas. Jouxtant le palais Pamphili, le palazzo Braschi fut le dernier palais construit pour la famille d’un pape, Pie VI, dans un goût néoclassique. De l’autre côté de la place, la fontaine de Neptune, du XVIe siècle. Les statues qui l’ornent furent ajoutées au XIXe siècle. Après votre promenade autour de la place, vous aurez mérité de vous asseoir sur la terrasse du célèbre caffè Tre Scalini pour goûter ses délicieux tartufi.

La piazza del Campidoglio

Le génie de Michel-Ange a fait de cette place un des plus beaux endroits de Rome. Nous vous conseillons d'y venir aussi de nuit, quand la place est déserte. Vous serez seuls alors avec la statue de Marc Aurèle et quelques chats qui trainent par là. Impression de féérie garantie. La colline du Capitole était le lieu le plus sacré pour les Etrusques et les Romains. Un roi étrusque construisit là un grand temple à la gloire de Jupiter au VIe siècle av. JC. Les Romains continuèrent sur cette voie en bâtissant deux autres temples à la gloire de Junon et de Minerve. C'est aussi là qu'eut lieu l'épisode fameux des oies du Capitole en 388 av. JC. Ce furent en effet les oies du temple de Junon qui alertèrent par leurs cris les Romains de l'invasion gauloise. Au Moyen Age, la colline du Capitole n'était qu'un champ abandonné où paissaient les chèvres d'où son surnom de Monte Caprino, la colline des chèvres. En 1536, peu après le sac de Rome par les troupes de Charles Quint, le pape Paul III eut l'idée de redorer le blason de cette colline. Il fit appel à Michel-Ange pour dessiner une nouvelle place ainsi que des palais au sommet du Capitole. Pour grimper sur la place, Michel-Ange imagina l'élégante rampe d'escaliers connue sous le nom de Cordonata. Deux lions égyptiens retrouvés sur le Champ-de-Mars bordent l'entrée de ces escaliers. Michel-Ange changea radicalement l'ouverture de la place qui avait toujours été tournée vers le Forum. Il choisit un plan trapézoïdal qui ouvrait vers la ville. Il dessina aussi les motifs que vous voyez au sol. Au centre de la place, une copie d'une statue de Marc Aurèle trône. L'originale est à côté, dans les musées du Capitole. Au fond de la place, le palazzo Senatorio est aujourd'hui occupé par les bureaux de l'hôtel de ville. Il tire son nom des sénateurs qui occupèrent le palais au XIIe siècle après s'être révoltés contre la corruption du pape. Sous la houlette d'Arnaud de Brescia, ils tentèrent d'imposer une république romaine entre 1130 et 1153. Vous pourrez visiter le tabularium, construit en 78 av. JC par Sylla pour abriter les archives nationales. Vous verrez aussi des vestiges du temple de Veiove et les structures médiévales du palais. Belle vue sur le Forum.

Les musées du Capitole 

Vous êtes là dans le plus ancien musée du monde. Les musées du Capitole regroupent les collections du palazzo dei Conservatori et du palazzo Nuovo. L'histoire de ces musées est vieille de cinq siècles. Elle débute avec le pape Sixte IV qui décida de commencer une collection en 1471. Ces deux musées présentent non seulement des collections exceptionnelles d'art antique mais viennent d'être entièrement remis à neuf après être restés longtemps poussiéreux. Précipitez-vous donc pour juger de la nouvelle mise en valeur des oeuvres. 

A gauche en tournant le dos au palazzo Senatorio vous voyez le palazzo dei Conservatori. Le palais actuel fut construit en 1568 par Giacomo della Porta sur les dessins de Michel-Ange. Dans la petite cour, vous voyez des morceaux de la gigantesque statue de Constantin qui trônait dans la basilique de Maxence, sur le forum voisin. La statue mesurait dans les 30 m et l'on y voyait l'empereur assis pointant son doigt vers le ciel pour indiquer sa proximité avec les dieux. A l'intérieur, de nombreux chefs-d'œuvre de la sculpture antique parmi lesquels on peut citer Le tireur d'épine ou la célèbre Louve en bronze, l'emblème de la ville.

En face, vous pouvez continuer votre promenade dans la Rome antique par la visite du palazzo Nuovo. Le nouveau palais tire son nom de sa construction plus récente, à partir de 1654. Les architectes s'attachèrent à respecter le vœu de Michel-Ange qui dessina deux palais identiques se faisant face. A l'intérieur, la sculpture la plus célèbre est l'original en bronze de la statue équestre de Marc Aurèle que vous voyez sur la place. Derrière le palazzo Nuovo se dresse l'église Santa Maria d'Aracoeli. Vous y accédez par un autre escalier, la scalinata d'Aracoeli. L'escalier est en fait un immense ex-voto construit par les Romains pour remercier le Ciel après que l'épidémie de peste de 1346 eut épargné Rome. L'église fut construite au XIIIe siècle dans un style roman assez austère. L'intérieur présente une belle collection d'œuvres d'art dont des fresques de Pinturrichio. C'est ici, selon la légende, que la Vierge et l'Enfant seraient apparus à Auguste et que la sibylle lui aurait annoncé la naissance du Christ.

En longeant la via del Tempio di Giove, vous vous approchez de la roche tarpéienne (Rupa Tarpeia). C'est là que les traîtres de la patrie étaient précipités dans le vide. L'endroit doit son nom à la fille du gardien du Capitole, Tarpeia, qui aurait selon la légende ouvert les portes du Capitole à l'ennemi Sabin.  

Le palazzo Altemps

L'intérêt du musée réside autant dans la richesse des collections de fresques et de sculptures antiques que dans la beauté de ce palais. Le palais Altemps fut construit à la fin du XVe siècle pour un neveu du pape Sixte IV. La famille Altemps l'acquit en 1568 et l'agrandit. De ces travaux datent les plus belles parties du bâtiment, comme la cour d'entrée ou les façades. Vous pourrez voir ici la collection Ludovisi, du nom du cardinal Ludovico qui retrouva bon nombre de ces statues pendant les travaux de construction de sa villa sur le Quirinal. L'originalité des collections réside dans les restaurations importantes sur les œuvres antiques par des artistes célèbres du XVIIe siècle (le Bernin ou l'Algarde). A ne pas rater dans ce musée,  la superbe mosaïque de Castelporziano ou l' énorme sarcophage sculpté de scènes de batailles entre Romains et Barbares. L'Arès Ludovisi, identifié par les historiens comme représentant Apollon, serait une copie du grand Lysippe. Le Trône Ludovisi est un chef-d'œuvre du Ve siècle av. JC. Observez la scène dite de la naissance d'Aphrodite escortée de nymphes voilées de draperies d'une étonnante légèreté. Sur la tête colossale d'Héra, Goethe déclara qu'elle fut son premier amour à Rome. Vous aurez de nombreux coups de foudre dans ce beau musée.

Le campo di Fiori

Le campo di Fiori est une place charmante, idéale pour commencer une de vos journées romaines. Tous les matins sauf le dimanche, un marché coloré offre un spectacle permanent. Les poissonniers, marchandes de quatre-saisons ou fleuristes crient et alpaguent les passants. Au centre de la place, la statue de Giordano Bruno trône. Ce moine philosophe fut jugé et brûlé sur cette place le 16 février 1644 pour ses positions jugées hérétiques. Il critiqua la philosophie d'Aristote et affirma la pluralité des mondes et l'infinité de l'univers. Le soir, la place est un des lieux de rendez-vous de la jeunesse romaine qui se rassemble dans ses bars. Tout autour, les noms des ruelles (vicolo) évoquent les corporations qui travaillaient là au Moyen Age. La via dei Cappellari (chapeliers), la via dei Chiavari ( serruriers) ou la via dei Giubbonari (tailleurs) ont gardé un peu de cette atmosphère médiévale. En longeant la via dei Pellegrino, vous arrivez sur la piazza della Cancelleria. Le palais Renaissance qui domine la place, le palazzo della Cancelleria abrite la chancellerie vaticane, chargée de rédiger les actes officiels. Ne manquez pas de jeter un coup d'œil à la cour intérieure. Des colonnes de granit supportent les étages d'arcades du palais. Elles viennent de l'église San Lorenzo in Damaso, fondée au IVe siècle par le pape Damase. A l'intérieur du palais, vous pourrez voir une fresque de Vasari illustrant la rencontre à Nice en 1536 entre Paul III, Charles Quint et François Ier. A côté, à l'angle de la via Baullari et du Corso Vittorio Emanuele II, vous arrivez devant l'élégant palais dit palazzo della Farnesina ai Baullari. Edifié à partir de 1523 pour un diplomate français, Thomas le Roy, il abrite aujourd'hui les collections de sculptures antiques du musée Barracco.

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