Rome
Les grands classiques
Le Forum romain
Il vous faudra un peu de fantaisie pour imaginer que ce champ de ruines a été le centre politique de la ville sous la République, avant de devenir un vaste ensemble monumental où s'accumulèrent les temples dédiés aux empereurs divinisés. A l'origine, ce furent les Etrusques qui asséchèrent ce grand marécage pour en faire la place principale de leur cité. Chassés de Rome en 509 av. JC, ils laissèrent la place à la République qui fit du forum son centre politique, juridique, économique et mondain.
En entrant à droite, vous trouvez la Basilica Emilia. La basilique originelle date de 179 av. JC mais les vestiges visibles aujourd'hui sont du Ier siècle ap. JC. L'édifice était à la fois un tribunal, un lieu de rencontre et un marché. La Via Sacra, une des rues les plus prestigieuses de l'Antiquité, s'étend le long du bâtiment. Les généraux vainqueurs l'empruntaient au retour de leurs campagnes avant d'aller remercier Jupiter sur le Capitole. Au bout de cette rue, se trouvait le coeur politique de la cité. La Curia abritait les débats houleux des sénateurs au temps de la République ( 510-27 av. JC ). Au nombre de 300, ils étaient nommés à vie et représentaient le sommet du pouvoir politique. Ils écoutaient religieusement l'augure leur expliquer les manifestations divines à travers l'appétit des poulets sacrés ou la forme des vols d'oiseaux. A l'intérieur, les sièges des sénateurs sont encore conservés aujourd'hui. Pendant les votes des lois, ils se levaient et rejoignaient le groupe qui correspondait à leurs idées. Ils gardèrent une grande puissance jusqu'à l'avènement de l'Empire, en 27 av. JC, et avant que l'empereur ne confisque entièrement le pouvoir. Ils ne leur restaient alors qu'à accepter ou refuser l'apothéose et la canonisation de l'empereur défunt.
Non loin de la Curia, vous verrez au sol le Lapis Niger. Cette dalle de marbre noir recouvrirait selon la légende la tombe de Romulus, le fondateur de Rome. A côté, l'Arco di Settimio Severo fut élevé en 203. Il commémore une série de victoires sur l'ennemi parthe. Sur un côté de l'arc, observez l'Umbilicus Urbis, un petit monument circulaire qui servait à indiquer symboliquement le centre de la cité. Quelques marches plus bas, les rostres étaient la tribune d'où les empereurs et les orateurs haranguaient la foule. Le nom des rostres vient des éperons (ou rostres) de bateaux pirates capturés par Rome qui furent accrochés à la tribune dès 338 av. JC. La colonne qui se dresse devant vous est la colonne de Phocas. Phocas est l'empereur romain d'Orient qui offrit le Panthéon à la papauté. En remerciement, le pape dressa sa statue au sommet de la colonne en 608 ap. JC. En continuant vers l'extrémité du Forum, vous verrez les ruines de deux temples importants pour la cité. Le Tempio di Vespasiano, dont il ne reste que trois colonnes corinthiennes : c'est Titus qui décida l'érection d'un temple à la gloire de son père Vespasien, divinisé après sa mort, en 79 ap. JC. A côté, le Tempio di Saturno fut reconstruit au IVe siècle en l'honneur de Saturne qui enseigna aux romains l'art de cultiver la terre.
En repartant en sens inverse, vous trouvez à droite la Basilica Giulia. Construite par César en 55 av. JC, elle marqua le début du gigantisme sur le Forum. Longue de 109 m et large de 40 m, elle était richement pavée de marbre polychrome et était divisée en cinq nefs. Le temple voisin est le Tempio di Castore e Polluce dont il ne reste que trois colonnes. Castor et Pollux étaient deux cavaliers divins, fils de Zeus et Léda, qui apparurent dans le ciel au moment décisif d'une bataille contre les Etrusques. Sur les lieux de l'apparition, les Romains élevèrent ce temple au début du Ve siècle av. JC. De là, vous longez l'Atrio delle Vestali, la maison à deux étages où vivaient les vestales. A l'extrémité du temple, quelques colonnes indiquent l'emplacement du Tempio di Vestali, où était conservé le feu sacré. Quatre vestales, des prêtresses du feu, étaient chargées de l'entretenir. Elles venaient des plus grandes familles de Rome et alimentaient pendant trente ans le feu sacré. Son extinction était un augure catastrophique pour la ville. Pour remplir leur mission, les vestales vivaient cloîtrées et devaient rester vierges : elles étaient enterrées vivantes si elles manquaient à leur devoir de chasteté. En échange de cette servitude, elles étaient honorées comme des déesses et comblées de richesses.
A l'extrémité du Forum, l'Arco di Trionfo di Tito commémore la prise de Jérusalem par les armées romaines en 70 ap. JC. Observez les bas-reliefs qui figurent parmi les plus fins de l'époque. On remarque notamment sous la voûte, le triomphe de Titus sur son char et la suite impériale avec le butin. Traversant le forum, vous arrivez devant les ruines imposantes de la Basilica di Massenzio e Constantino. Vous serez frappés par le gigantisme de trois énormes porches aux voûtes béantes. Construite par l'empereur Maxence en 305 ap. JC, elle est la dernière des grandes basiliques du Forum. Edifiée en brique, elle était divisée en trois nefs. La basilique fut achevée par l'empereur Constantin qui battit Maxence en 312. Il ajouta les quatre colonnes de porphyre qui sont encore debout. Le bâtiment abritait de gigantesques statues dont la célèbre tête de Constantin que vous verrez dans la cour des musées du Capitole. Le Tempio di Antonino e Faustina boucle le parcours autour du forum. L'empereur Antonin le Pieux (136-161) décida de construire un temple à sa femme Faustine, morte en 141. Après sa mort en 161, le Sénat décida d'associer son nom à la consécration du temple. Levez les yeux vers la jolie frise ornée de griffons et de candélabres. Une église chrétienne, San Lorenzo in Miranda, occupa le temple du XIe au XVIIe siècle.
Les forums impériaux
Les forums impériaux se succèdent le long de la Via dei Fori Imperiali, qui relie la piazza Venezia au Colisée. Ils remplacèrent, à partir du règne de César, le Forum romain devenu trop exigu pour remplir ses missions de justice, de centre commercial et politique. Au pied du Capitole, vous arrivez dans le Forum de César qui obéit pour la première fois à un plan d'urbanisme unitaire. César venait de faire voter la loi de Urbe Augenda et entendait mettre fin au développement anarchique de la ville. Le forum fut construit entre 42 av. JC et 2 av. JC. Les trois colonnes indiquent l'emplacement du Tempio di Venere Genitrice, le plus grand temple du forum. Ce temple dédié à Vénus fut construit sous les empereurs Domitien et Trajan. César pensait que sa famille, les Julii, descendaient de Vénus. Le temple abritait une statue en or de Cléopâtre, une statue de Vénus et, à l'entrée, une gigantesque statue du cheval de César. En descendant le Clivus Argentarius, vous trouvez l'église San Giuseppe dei Falegnami. L'église fut construite sur les Carcere Mamertino, les fameuses prisons de l'Empire romain où moururent Vercingétorix et de nombreux martyrs chrétiens.
En traversant la Via dei Fori Imperiali, vous arrivez sur le plus beau et le plus grand des forums impériaux, le forum de Trajan (98-117). Il se composait des marchés, de la Basilica Ulpia, du Tempio di Traiano et de deux bibliothèques, l'une grecque et l'autre latine, qui encadraient la colonne trajane. L'esplanade était bordée de portiques à exèdres. Le Forum fut inauguré en 113 après de gigantesques travaux de terrassement de la colline du Quirinal. L'empereur finança les travaux avec le butin conquis sur les Daces, un peuple de l'actuelle Roumanie. Les deux campagnes victorieuses contre ce peuple (101-102 et 105-106) sont magnifiquement racontées sur les dix-sept tambours de marbre de la colonne trajane. La colonne, haute de 38 m, illustre scène par scène les batailles de cette guerre. Une statue de l'empereur trônait au sommet de la colonne. Elle fut remplacée au XVIe siècle par celle de saint Pierre que vous voyez aujourd'hui. A l'extrémité du forum s'élevait le Tempio di Traiano consacré à l'empereur divinisé, dont il ne reste rien. Sur ses fondations, fut bâtie au XVIe la petite église Santa Maria di Loreto, de plan carré. Jouxtant la colonne de l'autre côté, la Basilica Ulpia étonnait les Anciens par sa magnificience. Il n'en reste rien aujourd'hui mais vous pouvez imaginer une immense basilique sur deux étages, divisée en cinq nefs par une forêt de colonnes de granit et qui présentait la particularité d'avoir deux absides. A côté de cette basilique s'étendait la place du Forum. Une statue équestre en bronze de l'empereur s'élevait en son centre.
La Torre delle Milizie domine le forum de Trajan. La tour était le donjon d'un château appartenant aux papes. Construite au XIIIe siècle, elle servait à protéger la ville. A ses pieds, vous pouvez voir les marchés de Trajan (Mercati di Traiano), très bien conservés. Ils jouaient le rôle de magasin central et de supermarché avec environ 150 boutiques qui proposaient toutes sortes de denrées rares ou exotiques. Ils s'étageaient sur six niveaux. Observez la belle façade en hémicycle imaginée par l'architecte grec Apollodore de Damas. Vous aurez une très belle vue sur les forums si vous grimpez au sommet de ces marchés.
Le forum d'Auguste (27av. JC-14ap. JC) jouxte celui de Trajan. Les travaux commencèrent en 31 av. JC. Les puissantes murailles que vous voyez au nord étaient destinées à protéger le forum des fréquents incendies qui se propageaient depuis le quartier populaire de Suburre. Contre la muraille se dressait le Tempio di Marte Ultore, le dieu de la guerre vengeur des mânes de César. Vous ne verrez que quelques colonnes de la façade. C'est là que les jeunes garçons de la famille impériale revêtaient la toge virile, symbole du passage à l'âge d'homme (environ 17 ans). Les dignitaires de l'Empire recevaient ici leur commandement des mains de l'empereur. Les portiques de la place étaient ornés des statues des Romains les plus illustres de l'époque républicaine. Deux arcs de triomphe commémorent les campagnes victorieuses de Drusus en Germanie et de Germanicus en Dalmatie (Croatie) et Pannonie (Hongrie). A côté du forum d'Auguste, le forum Transitorium fut commencé par Domitien (81-96) et achevé par Nerva (96-98). Le temple de la Paix, construit par Domitien à partir de 70, fermait la place. Il n'en reste aujourd'hui presque rien si ce n'est deux belles colonnes qui marquaient la limite entre le forum et le temple.
Le Palatin
Le Palatin est le berceau de Rome. On vous raconte la légende de la fondation de Rome ! Elle est si belle. Rémus et Romulus étaient deux jumeaux nés d'une vestale et d'un dieu. Menaçant le pouvoir de leur oncle, ils furent abandonnés à la naissance sur les rives du Tibre. La crue du fleuve posa leur berceau sur le Palatin. Là, une louve les découvrit et les allaita dans la grotte de Lupercal. Un berger prit alors le relais de la louve et les éleva. En âge de travailler, Romulus prit sa charrue et traça un sillon autour de la colline : ce fut l'acte de fondation légendaire de Rome (VIIIe siècle av. JC). Curieusement, c'est sur le Palatin que les archéologues ont découvert des cabanes du VIIIe siècle av. JC, les plus vieux vestiges de Rome. Leurs dates correspondent à peu près à celle de la fondation de la ville. Légende et réalité ne sont parfois pas si éloignées. Le Palatin sera surtout le lieu d'une belle promenade à travers des ruines et un jardin d'époque Renaissance. A Partir de Tibère (14-27), la colline du Palatin deviendra la propriété du seul empereur. C'est Domitien (81-96) qui lanca l'énorme programme de construction de palais dont vous voyez les ruines. Vous pourrez aujourd'hui visiter la maison de Livia, qui fut la demeure de l'empereur Auguste et surtout l'immense Domus Flavia où se tenaient les cérémonies officielles sous l'Empire. A Côté, la Domus Augustana était la résidence privée de l'empereur. Les restes de la maison évoquent assez bien le mode de vie que menait l'empereur. Il ne subsiste pas grand chose de toutes ces résidences fastueuses mais la colline reste encore un lieu enchanteur en plein coeur de Rome. Jouxtant la demeure impériale, vous verrez le stade de Domitien, long de 145 m et les ruines des gymnases (palestres) qui l'entouraient. Le Palatin fut abandonné à partir du IIIe siècle quand les empereurs déménagèrent vers Milan ou Trêves. La colline servit alors de carrière. Une promenade au printemps dans les jardins Farnèse (Orti Farnesiani) vous plonge dans une ambiance Renaissance. Le jardin privé d'Alexandre Farnèse, neveu du pape Paul III, vous offrira une des meilleures vues sur le Forum.
Les musées du Vatican
Le plus petit Etat du monde a amassé une extraordinaire collection de chefs-d'oeuvre depuis le XVe siècle. Le choix sera cornélien pour sélectionner les meilleures oeuvres, parmi les milliers que possèdent les musées du Vatican. Quelques suggestions et conseils élémentaires. Tout d'abord pensez à prendre un solide petit déjeuner avant de vous lancer dans le dédale des couloirs des musées. La cafétéria des musées est bien utile en cas d'hypoglycémie mais elle est souvent bondée. Ensuite, n'abusez pas des oeuvres d'art, le syndrôme de Stendhal vous guette. Vous pourrez éventuellement revenir pour voir les musées que vous n'aurez pas eu le temps de visiter. Pensez aussi à vous promener dans les superbes jardins du Vatican ( sur réservation 06/69 88 49 47 ) si vous avez besoin de prendre l'air. Enfin, sachez que les musées les plus célèbres sont balisés en itinéraires de différentes longueurs. Nous vous conseillons de les suivre à l'envers et de commencer votre parcours par les grands chefs-d'oeuvre, souvent recalés en fin d'itinéraire. La chapelle Sixtine figure par exemple à la fin de tous les itinéraires.
Quatre lieux méritent une attention particulière pour leur qualité exceptionnelle.
La chapelle Sixtine
Elle fut concue pour être la chapelle privée des papes. Son plafond est une longue voûte en berceau équilibrée par de petites voûtes latérales. Le pape Jules II (1503-1513) en confia la décoration à Michel-Ange, qui resta quatre ans (1508-1512) debout sur son échafaudage à peindre ses 800 m2 de surface. Le pape venait régulièrement lui demander à quelle date il aurait fini les travaux. Détestant être dérangé, il répondait invariablement: "quand je pourrai". Le résultat est une épopée somptueuse illustrant la création du monde.
La voûte est subdivisée en plusieurs parties. Aux angles, des espaces rectangulaires racontent des épisodes de la Bible : Judith et Holopherne, David et Goliath, le supplice d'Haman et le serpent d'airain. Ailleurs, sont représentés les ancêtres du Christ, dont les noms figurent sur les fenêtres, les prophètes et les sibylles. Aux angles des tableaux centraux, Michel-Ange plaça des nus inspirées de l'antiquité, les ignudi. Enfin au centre, l'illustration de la Création du monde qui couvre la voûte et s'achève avec des scènes du Déluge. Au dessus de l'entrée, le grand panneau du Jugement dernier achève en beauté cette immense fresque. Michel-Ange le réalisa en 1534, après avoir été rappelé par le pape Paul III pour finir la décoration de la chapelle.
Les chambres de Raphaël
Les chambres de Raphaël (stanze) sont aussi issues d'une rencontre entre Jules II et un peintre de génie, Raphaël. Le pape avait confié la décoration de ses appartements à quelques-uns des meilleurs artistes du moment (le Pérugin, Sodoma). Ebloui par la peinture de Raphaël (1483-1520), il lui confia la poursuite des travaux et fit effacer les fresques précédentes. Raphaël peignit lui-même la stanza della Segnatura et la stanza d'Eliodoro. Il laissa à ses élèves la décoration de la sala di Costantino et de la stanza dell'Incendio. De la sala di Costantino, vous pouvez accéder à la sala di Chiaroscuro (salle des grisailles), qui accueillait les cérémonies. Des disciples de Raphaël peignirent en clair-obscur ces figures d'apôtres et de saints.
La Pinacoteca
La Pinacoteca est un musée de peinture exceptionnel. Les salles offrent un panorama complet de la peinture italienne depuis les primitifs du XIIe siècle jusqu'aux peintres baroques des XVIIe et XVIIIe siècles. A noter parmi des dizaines de chefs-d'œuvre, la salle consacrée à Raphaël avec trois toiles du maître à différentes époques de sa vie : le Couronnement de la Vierge, la Madone de Foligno et la Transfiguration. La salle consacrée à la peinture florentine est très belle, avec des tableaux de Fra Angelico, Benozzo Gozzoli ou Filippo Lippi.
Le musée Pio-Clémentino
Le musée Pio-Clémentino est le dernier musée de notre sélection. Installé dans l'ancien palais du Belvédère, il contient de nombreux chefs-d'œuvre de sculptures grecques et romaines. Parmi les œuvres majeures, citons l'Apoxyomène, une statue du Ier siècle, représentant un athlète nettoyant son corps. Le fameux groupe du Laocoon, les statues d'Hermès, d'Ariane endormie, de la Vénus de Cnide ou l'Apollon du Belvédère figurent parmi les vedettes de ce très riche musée.
D'autres musées méritent une visite si vous n'êtes pas encore sur les genoux. La Galleria delle Carte geografiche est un extraordinaire cycle à la fois hagiographique et géographique. Des peintres maniéristes du XVIe siècle peignirent 80 épisodes de la vie des saints qu'ils illustrèrent avec des cartes géographiques. La Collezione d'Arte Moderna religiosa abrite une riche collection de peintures et de sculptures modernes. Klee, Gauguin, Redon, Moore ou Kandinsky sont représentés dans des salles qui servirent d'appartements au pape Alexandre VI Borgia. Le Musée étrusque et le Musée égyptien raviront les amateurs d'archéologie.
Le Panthéon
A l’origine, le temple de tous les dieux païens. Construit en 25 av. JC par Agrippa, gendre de l’empereur Auguste. Reconstruit vers 125 ap. JC par Hadrien qui lui donna sa forme de rotonde. L’édifice fut fermé au culte au IVe siècle puisque considéré comme païen. Abimé par les Barbares pendant le premier sac de Rome en 410, il fut transformé en église en 608 et prit le nom de Sainte-Marie de tous les saints. Au XVIIe siècle, le Bernin rajouta deux clochetons que Pasquin surnomma " les oreilles d’âne du Bernin". L’extérieur se présente comme un vaste bâtiment circulaire doté d’un porche à colonnes et fronton. Le portique est soutenu par seize colonnes de granit à chapiteaux de marbre blanc. L’immense porte de bronze date de l’antiquité.
A l’intérieur, la coupole à caissons reste une merveille architecturale jamais égalée. Les architectes de la Renaissance venaient l’étudier pour essayer d’en percer les secrets. Perchée à 43 m, elle repose sur d’énormes pilastres. Entre les niches, observez les édicules qui ornent les pilastres. Ils sont coiffés de frontons alternativement courbes et triangulaires que l’on retrouve souvent sur les façades des palais de la Renaissance. Dans les niches, les statues des dieux antiques ont disparu depuis longtemps. Aujourd’hui, elles abritent notamment le tombeau de Raphaël (1483-1520) et servent de panthéon royal à la dynastie de Savoie. Devant le Panthéon, la piazza della Rotunda est une place agéable pour boire un verre en terrasse. Au centre, la fontaine date de 1578. Au XVIIIe siècle, le pape Clément IX la fit couronner d’un obélisque.
Place Navone
Vous voilà peut-être sur la plus belle place du monde. Un festival baroque de fontaines, de palais et d’églises qui vous feront tourner la tête. Elle fut construite à la Renaissance sur l’emplacement du stade de Domitien (Ier siècle ap JC). Transformée en place du marché au XVe siècle, on y aménagea un siècle plus tard trois fontaines. Au centre, trône la célèbre fontaine des Fleuves, œuvre du Bernin. Elle fut financée par un impôt sur le pain qui la rendit fort impopulaire aux yeux des Romains. Les sculptures illustrent les quatre fleuves, symboles des quatre coins du monde. Le Gange représente l’Asie, le Rio de la Plata l’Amérique, le Danube l’Europe et le Nil l’Afrique. Remarquez la tête voilée de l’Afrique. On ne connaissait pas alors la source du Nil au temps de la construction, achevée en 1651. Notez combien la raideur de l’obélisque contraste avec le chaos mouvant des rochers et des statues. En face, l’église de Santa Agnese in Agone est un petit bijou baroque de l’architecte Borromini. Il était le grand concurrent du Bernin. La légende assure que deux des statues de la fontaine des Fleuves se voilent les yeux pour ne pas voir le chef-d’oeuvre du rival. L’église n’était à l’origine qu’un petit oratoire construit sur le lieu du martyre de sainte Agnès. Sous le pontificat d’Innocent X (1644-1655 ), elle fut la chapelle privée de la famille Pamphili. Le mouvement concave de la façade contraste avec les deux campaniles. A l’intérieur, des tableaux de marbre décorent les autels. Au bout de la place, la fontaine du Maure fait face au palazzo Pamphili. Le palais fut reconstruit et agrandi lorsque le pape Innocent X fut élu en 1644. Il abrite aujourd’hui l’ambassade du Brésil et ne se visite pas. Jouxtant le palais Pamphili, le palazzo Braschi fut le dernier palais construit pour la famille d’un pape, Pie VI, dans un goût néoclassique. De l’autre côté de la place, la fontaine de Neptune, du XVIe siècle. Les statues qui l’ornent furent ajoutées au XIXe siècle. Après votre promenade autour de la place, vous aurez mérité de vous asseoir sur la terrasse du célèbre caffè Tre Scalini pour goûter ses délicieux tartufi.
Saint-Pierre de Rome
C'est la plus grande église de la chrétienté. Saint Pierre aurait été crucifié et inhumé là en 64 ap. JC. En 324, l’empereur Constantin décide de construire une basilique sur sa tombe. C’était un édifice à cinq nefs précédé d’un atrium qui tombait lentement en ruine quand le pape Jules II décida un remaniement complet. En 1506, l’architecte Bramante commenca la nouvelle basilique sur un plan en croix grecque. Nombre d’architectes, dont Michel-Ange, tergiversèrent pendant un siècle entre le plan en croix grecque et celui en croix latine. Ce dernier l’emporta finalement en 1606 avec le pape Paul V. La basilique fut achevée en 1626. A l’extérieur, la place Saint-Pierre sert d’immense vestibule pour les grandes cérémonies. La double colonnade dessinée par le Bernin ressemble à deux bras ouverts en signe d’accueil. Au milieu de la place, l’obélisque égyptien fut installé en 1585 par Sixte Quint. La façade de 115 m de large abrite la loggia d’où le pape prononce sa bénédiction urbi et orbi.
A l’intérieur, tout est démesure. La nef mesure 211 m. L’église peut accueillir près de 60 000 personnes. La porte principale, en bronze, date de 1445 et mélange les scènes religieuses et mythologiques. Juste derrière, le disque de porphyre que vous voyez au sol marque l’endroit où les papes couronnaient les empereurs. Dans la première chapelle à droite, observez un des chefs-d’œuvre de Michel-Ange, la Pietà . Le contrat stipulait tout simplement que le sculpteur devait créer "la plus belle œuvre en marbre de Rome". Ses adversaires étaient si jaloux qu’ils firent courir la rumeur que l’œuvre n’était pas de lui. Le long de la nef, les monuments funéraires des papes se succèdent. Arrêtez vous devant devant celui de Clément XIII, construit par Canova en 1792 dans un pur style néoclassique. Sous la coupole, le baldaquin du Bernin fut édifié entre 1624 et 1633. Construit avec le bronze des tuiles du Panthéon, il dégage une impression de légèreté étonnante malgré ses 29 m de haut. Les abeilles sculptées sur les colonnes torses représentent la famille du pape Urbain VIII Barberini. Levez les yeux vers la coupole, autre chef d’œuvre de Michel-Ange. Symbole de la perfection divine, elle fut achevée en 1593 par les architectes Fontana et Della Porta. Vous pourrez grimper au sommet de la coupole si vous êtes en forme (l’accès est payant). Après 491 marches, vous aurez une vue exceptionnelle sur la Ville éternelle.
Dans l’abside, nous vous recommandons encore deux chefs-d’œuvre, le tombeau d’Urbain VIII réalisé par le Bernin et dans une chapelle à côté, le tombeau de Paul III éxecuté par Della Porta. Entre les deux tombeaux, la chaire de saint Pierre, dessinée par le Bernin. Ce grand trône de bronze est soutenu par les quatre docteurs de l’Eglise. Une ouverture laisse arriver la lumière au milieu d’un nuage d’angelots. D’un des piliers, vous pouvez descendre vers les Grottes vaticanes qui abritent les tombeaux des papes.
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