Rome
Livres et films favoris
Nos livres favoris
La Rome antique
Les voyages d’Alix / Rome, la cité impériale, Jacques Martin (2000) : cette célèbre bande dessinée, devenue un classique, se décline aussi en ouvrages didactiques. C’est le cas de cet ouvrage qui comprend deux tomes. Grâce au dessin précis de Jacques Martin, la Rome antique renaît sous nos yeux. Les mœurs des Romains y sont détaillées à travers le regard d’Alix le Gaulois, devenu Romain par adoption.
Un regard littéraire
Promenades dans Rome, Stendhal (1829) : nommé consul de France à Civitavecchia, près de Rome, Stendhal en profite pour coucher sur papier ses impressions sur la ville éternelle. Se superposent ainsi la Rome antique et la Rome du XIXe siècle. Un savoureux guide de voyage toujours d’actualité. En voici un extrait : “Rome, le 16 août 1827 - Le Colisée offre trois ou quatre points de vue tout à fait différents. Le plus beau peut-être est celui qui se présente au curieux lorsqu’il est dans l’arène où combattaient les gladiateurs, et qu’il voit ces ruines immenses s’élever autour de lui. Ce qui m’en touche le plus, c’est le ciel d’un bleu si pur que l’on aperçoit à travers les fenêtres du haut de l’édifice vers le Nord”.
Rome en filigrane
L’ennui, Alberto Moravia (1960) : l’auteur nous dépeint la relation d’un riche bourgeois romain (et peintre raté) avec l'un de ses modèles. Entamée par désœuvrement et par curiosité, sa liaison semble le confiner dans un inexorable ennui. Pourtant la situation se renverse : le peintre devient fasciné par sa maîtresse dont il n’arrive plus à se détacher alors même qu'il ne la comprend pas. Ce roman important développe le thème de l'homme, victime de ses fantasmes, qui perd pied avec la réalité. Même l'érotisme, qui devrait le libérer de son ennui, n’en vient à bout que très rarement.
Rome dans les années 50
Monsieur Ripley, Patricia Highsmith (1955) : un des plus grands polars du XXe siècle. Suite à un malentendu, Tom Ripley, un jeune homme sans personnalité et à la vie creuse, est chargé de retrouver Dickie Greenleaf, le fils d’un millionnaire américain vivant en Italie. Ripley tombe à son tour sous le charme du pays. Il est fasciné par la vie que lui fait découvrir Dickie Greenleaf. En fait, il veut devenir Dickie Greenleaf, dût-il tuer pour cela. Par un tour de force qui lui est propre, l’auteur réussit à nous rendre sympathique un “héros” totalement amoral. Le livre a fait l'objet de deux adaptations au cinéma : Plein soleil et Le talentueux Mr. Ripley.
Promenade baroque
La perle et le croissant (nlle édition), Dominique Fernandez (1999) : superbement illustré par des photos de Ferrante Ferranti, cet ouvrage est une promenade artistique dans l’Europe baroque. Dans l'un des chapitres, Fernandez nous raconte, dans une très belle langue, l’histoire du baroque en Italie et à Rome. Il dresse aussi un inventaire assez complet des principaux monuments de la ville. Enfin, il raconte la rivalité entre les deux grands artistes romains, Le Bernin et Borromini.
Nos films favoris
Le néoréalisme
Le voleur de bicyclette, Vittorio De Sica (1948) : un chômeur, chef de famille, vit dans une cité populaire surpeuplée des faubourgs de Rome. Le travail est rare. Il trouve finalement un emploi, pour lequel il est impératif d'avoir une bicyclette. Après avoir récupéré la sienne au mont-de-piété, il part travailler en compagnie de son jeune fils. Comble de malchance, sa bicyclette est volée. Ils vont alors essayer de la récupérer. De Sica signe une œuvre néoréaliste forte (acteurs non professionnels, décors naturels et budget réduit). Il a su rendre, avec beaucoup d’émotion, les conditions de vie difficiles de l’après-guerre à Rome.
Rome fantasmée
La Dolce Vita, Federico Fellini (1959) : Marcello, un chroniqueur mondain, erre dans Rome à la recherche de révélations croustillantes et de potins. Il rencontre toute une faune de personnes qui vont, en une nuit, lui inspirer le dégoût du milieu qu’il fréquente. Une inoubliable plongée dans un univers onirique et fantasmé. La scène de la fontaine de Trevi est devenue mythique. Pour l’anecdote, le terme "paparazzi" vient du nom d’un des collègues de Marcello.
Le fascisme et l’intolérance
Une journée particulière, Ettore Scola (1975) : le 6 mai 1938, Hitler fait une visite triomphale à Rome. Tous les habitants sont dans la rue pour participer au défilé. C’est le cas de la famille d’Antonietta. Restée seule dans son appartement, elle réfléchit sur sa vie. Son oiseau s’envole chez le voisin Gabriele, journaliste radio dont l’homosexualité en fait un paria dans l’Italie fasciste. Ces deux êtres se rencontrent, guidés par le hasard et vont se confier l’un à l’autre. Un film bouleversant grâce à la finesse du jeu de Mastroianni et de Sophia Loren.
La Rome de Moretti
Journal intime, Nanni Moretti (1994) : filmé en 3 parties ("sur ma vespa", "îles" et "les médecins"), Moretti nous plonge dans son intimité en abordant notamment son cancer et la façon dont il l’a combattu. La première partie vous plongera dans Rome, désertée durant l’été. Un véritable plaisir pour les yeux car on pénètre à l’intérieur de maisons privées.
Dans l’arène
Gladiator, Ridley Scott (2000) : le général Maximus est appelé à succéder à l'empereur Marc-Aurèle, dont il est l’ami intime. Malheureusement Marc-Aurèle est assassiné par son fils Commode, retors, jaloux et immoral. Il fait tuer la famille de Maximus et poursuit celui-ci. Devenu esclave, l’ancien général ne pense qu’à venger les siens en retournant à Rome. Pour cela, un seul moyen : devenir gladiateur. La Rome antique est recréée par ordinateur et l’effet est saisissant. La reconstitution du Colisée est particulièrement réussie.
Pier Paolo Pasolini (1922-1975), un artiste romain engagé
Né à Bologne, Pasolini a choisi Rome comme ville d'adoption. Il y meurt assassiné dans des circonstances mystérieuses : en 1975, son corps est retrouvé dans un terrain vague de la banlieue. C’est justement cette banlieue romaine que le poète, romancier et cinéaste a su le mieux décrire. D’abord dans ses romans (Les enfants de la vie et Une vie violente), puis dans ses deux premiers films qui sont restés des cris du cœur (Accatone en 1961 et Mamma Roma en 1962). Cette connaissance de la banlieue et des personnages asociaux ou troubles, il la tenait de ses débuts en tant qu’instituteur. Pendant des années, il a côtoyé le sordide et la délinquance. Il lui a suffi de retranscrire ses observations, avec le talent qu’on lui connaît, pour créer des œuvres bouleversantes. De plus, ces deux films nous aident à relativiser le fameux miracle économique italien. On s’aperçoit qu’il existe une Rome à deux vitesses (le centre et la banlieue) comme il y avait une Italie à deux vitesses (le Nord riche et le Sud pauvre).
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