Guide Voyage Rome - KARAVEL
 

Rome

Repères

Arts

Arts plastiques

En bref

La statuaire antique • La Renaissance dominée par la peinture des grands maîtres Le baroque, réponse exaltée à la Contre-Réforme • Le néo-classicisme ou le retour aux sources

Antiquité

Les Etrusques ont laissé des vases aux formes souvent étonnantes, ainsi que des objets d’orfèvrerie d’une grande richesse (musées du Vatican). La statuaire étrusque se distingue par son emploi du bronze, de l’argile ou de la terre cuite. On parle de sourire étrusque pour désigner les visages étranges des personnages représentés. La période romaine est marquée par un fort engouement pour la statuaire, le bas-relief et le portrait. Les bustes sculptés sous la République, très réalistes (quitte à n'être pas toujours flatteurs) se différencient des bustes de l’époque impériale (musées du Capitole), fortement idéalisés. Un autre art marquant est celui des mosaïques (“pavement des sportifs” dans les thermes de Caracalla).

L’art chrétien

Longtemps persécutés par le pouvoir, les chrétiens ont tout d'abord exalté leur sentiment religieux dans la clandestinité, à travers les fresques, les graffitis et les quelques mosaïques qui ornent les catacombes. L’iconographie chrétienne reprend à son compte de nombreux thèmes païens (le poisson, la colombe…) avant de créer sa propre symbolique (la croix).

Le Moyen Age

Les mosaïques sont influencées par l’art byzantin, puis trouvent leur propre voie à Rome avec des ateliers particulièrement actifs entre le XIe et XIVe siècles. Pietro Cavallini se distingue par ses réalisations à Santa Maria in Trastevere. Pour la peinture, c’est la fresque qui domine.

La Renaissance

Le plafond de la chapelle Sixtine (1508-1511), la fresque du jugement dernier (1535-1541) figurent parmi les chefs-d’œuvre picturaux de Michel-Ange. Les chambres et la loggia de Raphaël (Vatican, 1508-1524), entre autres créations somptueuses, s’inscrivent dans la représentation de l’idéal religieux et philosophique de l'époque.

La Contre-réforme

Soucieuse d'enrayer la montée du protestantisme dans la chrétienté, l'Eglise s'éloigne des fastes de la Renaissance et renoue avec plus d'austérité, sous la houlette de la Compagnie de Jésus. Les arts s'en ressentent et la fin du XVIe siècle est une période sobre dans l'histoire de la peinture et de la sculpture. On retiendra cependant l'œuvre tourmentée du Caravage (Conversion de saint Paul et Crucifixion de saint Pierre à Santa Maria del Popolo – 1600), qui préfigure déjà l'avènement du baroque.

Le baroque

Réponse directe au style jésuite, le baroque (“perle irrégulière” en portugais) exalte le triomphe de l’Eglise romaine sur l’hérésie. Les sculptures très expressives du Bernin évoquent avec finesse la gamme des émotions humaines (Extase de sainte Thérèse, Apollon et Daphné au musée Borghèse). En peinture, on remarque la fresque (1684) de la voûte centrale de l’église Sant’Ignazio, peinte par Andrea Pozzo. Ce trompe-l’œil est saisissant car il met en valeur les lumières se dirigeant vers la figure de Saint-Ignace qui triomphe ainsi des ténèbres.

L’art néo-classique

Retour aux canons esthétiques de l’antiquité gréco-romaine. Les sculptures d'Antonio Canova (Statue de Pauline Borghèse – 1805) sont caractérisées par la fluidité des corps. Les eaux-fortes du graveur et architecte Piranèse (Vues de Rome – 1750) sont l'illustration d’une mélancolie certaine.

Six œuvres emblématiques

Sarcophage des époux, artiste inconnu, musée national de la Villa Giulia (VIe siècle av. JC).

Statue de la louve romaine, artiste inconnu, musée du palais des conservateurs, Capitole (VIe-Ve siècle av. JC).

Mosaïques de l’abside, église Saint-Clément (XIIe siècle).

Plafond de la chapelle Sixtine, Michel-Ange, Vatican (1508-1512).

Le martyre de saint Matthieu, Le Caravage, église Saint-Louis-des-Français (1599-1600).

Extase de sainte Thérèse, Le Bernin, église Sainte-Marie-de-la-Victoire (1646).

Musique

En bref

L’apogée du chant a capella • Les nouvelles règles de l’opéra • Une pop italienne toujours productive

La musique classique

Il faut attendre le XVIe siècle pour qu'émerge le premier grand compositeur romain en la personne de Giovanni Pierlugi Da Palestrina. Chef de chœur du pape pendant la majeure partie de sa vie, il est l'auteur d'une centaine de messes (Messe pour le pape Marcel). Il met un point d'honneur à respecter les exigences du Concile de Trente, selon lesquelles les paroles de la musique sacrée doivent s'entendre clairement. Palestrina porte l'art du chant a capella à un tel degré de raffinement que ses successeurs devront recourir aux instruments pour s'ouvrir de nouveaux horizons.

Le XVIe siècle verra aussi l'apparition des castrati dans les chœurs pontificaux, (notamment dans les chœurs de la chapelle Sixtine) bien que la castration soit punie d'excommunication. En matière de musique instrumentale, deux maîtres romains ont particulièrement influencé leur époque : Girolamo Frescobaldi (1583-1643), organiste de Saint-Pierre de Rome et virtuose admiré par Bach et Arcangelo Corelli (1653-1713), créateur de l’école classique du violon (il a aussi composé de très belles sonates pour cordes).

Si l'opéra ne voit pas le jour à Rome, la puissante famille Barberini encourage la création locale entre 1620 et 1640, et organise de fastueuses représentations dans son palais de la piazza Barberini. Enfin c'est le compositeur romain Métastase (pseudonyme de Pietro Trapassi) qui fixera les nouvelles règles de la tragédie en musique (Didon abandonnée, 1724), guidé par le souci de revenir à la simplicité antique. Cette réforme aboutit à la création de l’opéra classique (par opposition à l’opéra bouffe). A l’époque contemporaine, la Ville éternelle a inspiré au Bolognais Ottorino Respighi (1879-1936) deux poèmes symphoniques : les Pins de Rome et les Fontaines de Rome.

La musique populaire

Depuis les années 60, les Italiens ont développé leur propre rock’n’roll qui a su évoluer ; Aux années yé-yé ont succédé les années frime avec le triomphe de Toto Cotugno (L’italiano), d’Umberto Tozzi (Ti amo) ou encore Adriano Celentano, des chanteurs à voix. Les années 80 ont vu l’explosion de la pop sucrée à l’italienne, sitôt écoutée, sitôt achetée : Ricci e poveri (sara perche ti amo), Sabrina (Boys, boys, boys) ont alors envahi les ondes pour le plus grand bonheur des auditeurs. Aujourd’hui, Zucchero et Eros Ramazzoti insufflent un peu de qualité à un genre qui en manque.

Architecture

En bref

Produit de son histoire, Rome constitue un mille-feuille architectural • Les époques se superposent depuis l’Antiquité • Un régal pour l’amateur d’architecture

L’Antiquité romaine

Les Romains ont su emprunter le meilleur de l'héritage grec et étrusque (notamment les trois ordres architecturaux : dorique, ionique et corinthien) et le porter à son plus haut point de perfection technique. Grâce à une série d'innovations cruciales – nouveaux procédés de placage, amélioration du béton (thermes de Caracalla) – et à la maîtrise absolue des techniques de la voûte et de l'arc (arc de Constantin, thermes de Dioclétien), de grands chantiers sont autorisés à voir le jour. La construction de ponts, d'aqueducs ou d'amphithéâtres se multiplie. Parmi les plus beaux exemples, figurent le Colisée et le théâtre de Marcellus .

Dans le domaine de l’architecture privée, deux genres d'habitation cohabitent : l’insula urbaine (immeuble de ville occupé par plusieurs familles), et la villa (demeure luxueuse entourée d'une vaste propriété). Le site d’Ostia Antica réunit les vestiges de ces deux types d’habitation. Les villas sont le plus souvent décorées de riches fresques, de motifs en trompe-l'œil et de mosaïques. L’architecture religieuse porte à son apogée la conception du temple. Dédié à des divinités, il répond à un agencement particulier : un vestibule, puis la salle sacrée entourée de colonnes. Le Forum constitue un lieu de rendez-vous et d’échanges pour la cité. Il est un centre politique, religieux et commercial.

L’art paléochrétien

Les catacombes abritent des églises rudimentaires. Les premiers chrétiens ont taillé la pierre pour pouvoir exercer leur culte dans la clandestinité. Les premières basiliques chrétiennes de Rome (Saint-Pierre et Saint-Jean-de-Latran) sont édifiées sous le règne de l’empereur Constantin, après la promulgation de l’édit de Milan (313) qui autorise la liberté de culte. Malheureusement elles ne sont pas bâties avec des matériaux durables : il n’en reste aujourd’hui que des vestiges.

L’art médiéval (Ve-XIVe siècle)

La montée en puissance de l'Eglise s'accompagne de la construction de nombreux édifices religieux. Le style roman – art dépouillé, avec ses voûtes en berceau et sa structure massive – est alors en vogue à Rome (Eglise Santa Maria in Cosmedin) comme à travers toute l'Europe. Du XIIe au XIIIe siècle, les fameux marbriers de la corporation des Cosmates se spécialisent dans la création de mobilier liturgique et la production de délicates colonnes incrustées de marbre et d'émaux (cloître de Saint-Paul-hors-les-Murs).

L’art de la Renaissance

Même si le rayonnement de Rome a été éclipsé par celui de Florence, les plus grands génies du Quattrocento (de Michel-Ange à Raphaël en passant par Le Pérugin et Botticelli) ont travaillé à l'embellissement de la Ville éternelle. Les papes vont profondément modifier le visage de Rome grâce à la pratique du mécénat. Ainsi doit-on indirectement à Jules II le premier projet de réaménagement de la basilique Saint-Pierre, confié à Bramante (1444-1515) et son plan en croix grecque, jamais réalisé. Paul III fera également appel au génie de Michel-Ange, en le désignant architecte en chef des travaux du Vatican (1547).

La Contre-Réforme

En matière d'architecture, l’église du Gesù constitue le premier exemple d’architecture de cette période, à tel point qu’elle a donné son nom au style “jésuite”. La façade se démarque par une solennité inhabituelle et la richesse des marbres.

L’art baroque

En totale rupture avec l'austérité de la Contre-Réforme, l'art du XVIIe siècle est marqué par le style fastueux et foisonnant du baroque. Deux architectes dominent leur époque : Francesco Borromini et Le Bernin. Ce dernier est le plus prolixe, et s'avère aussi doué comme sculpteur que comme architecte. Il est l'auteur de la colonnade de la place Saint-Pierre et de l'immense baldaquin qui surplombe le maître-autel de la basilique. Toutefois, Innocent X, lui préférera la sobriété – toute relative – de Borromini (chapelle Sant’Ivo alla Sapienza).

Le néo-classicisme

Dans le sillage des fouilles de Pompéi, d’Herculanum et de Paestum (XVIIIe siècle), ce mouvement, prône le retour aux formes épurées de la culture gréco-romaine. Piranèse laisse son empreinte sur la Piazza dei cavalieri di Malta.

L’architecture mussolinienne

Grossièrement inspirée de la Rome antique, elle impressionne surtout par sa grandiloquence et son goût douteux. Le but est de montrer que la communauté prime sur l’individu. Le complexe sportif du Foro Italico ou le quartier de l’EUR (Exposition Universelle de Rome), à la périphérie de Rome, sont les meilleurs exemples de cette démesure. On pourra ainsi s’attarder sur la forme massive du Palais de la civilisation du travail : il s’agit d’un énorme bloc dont chaque façade est envahie par des fenêtres en ogive alignées en arcade, rappelant l’Antiquité.

Un style un monument

Classique (Ier siècle ap. JC) : le Colisée.

Moyen Age (XIIe siècle) : Santa Maria in Cosmedin.

Renaissance (1502-1510) : le Tempietto de Bramante.

Contre-Réforme (1568-1575) : façade de l’église du Gesù par Giacomo della Porta.

Baroque (1658-1678) : église Sant’Andrea al Quirinale par le Bernin.

Néoclassique (1816-1820) : l’aménagement de la Piazza del Popolo par Giuseppe Valadier.

Inclassable (1885-1911) : le monument à Victor-Emmanuel II par G. Sacconi.

Mussolinienne (1939) : Palais des sports.

Who’s who des architectes

Donato di Pascuccio d’Antonio dit Bramante (1444-1514) : artiste emblématique de la Renaissance à Rome. Arrivé à Rome en 1499, il commence les travaux du cloître de Santa Maria della Pace (1500). Son talent se révèle avec l’érection du petit temple de l’église San Pietro in Montero. En 1506, il entame les plans de la future basilique Saint-Pierre. Il est nommé architecte en chef pour l’aménagement urbain de Rome.

Michel-Ange Buonarotti (1475-1564) : c’est à la fin de sa vie qu’il concentre ses activités architecturales. A Rome, il est chef des travaux de la place du Capitole, il prend la succession de Sangallo pour achever le Palais Farnèse. En 1547, le pape le nomme architecte en chef des travaux du Vatican. Il reprend le projet de Bramante pour la Basilique Saint-Pierre, qui sera achevée bien après sa mort.

Gian Lorenzo Bernini dit Le Bernin (1598-1680) : le “pape” du baroque. On lui doit le baldaquin en bronze qui se trouve dans la Basilique Saint-Pierre, puis la colonnade de la place Saint-Pierre. Il commencera l’édification du palais de Montecitorio.

Francesco Castelli dit Borromini (1599-1667) : c’est le grand rival du Bernin. Après des débuts modestes de tailleur de marbre, son génie se révèle à travers la rénovation de Saint-Jean-de-Latran et la conception de l’ensemble de Saint-Charles-aux-Quatre-Fontaines (notamment la célèbre coupole).

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