Rome
Politique et économie
Politique
En bref
Une jeune démocratie parlementaire • Une instabilité politique chronique • Un maire en vue
Des institutions politiques relativement jeunes
L’Italie est un pays récent. Son unité remonte à 1870. La tradition de petits états et de villes franches, jaloux de leur indépendance, confère une force particulière aux institutions locales. Longtemps, la démocratie y a été fragile. L'unification politique du pays réalisée en 1870, il faut attendre 1946 pour que naisse la République italienne. Celle-ci est de type parlementaire. Elle s'appuie sur les contre-pouvoirs de la Chambre des députés (Palais de Montecitorio) et du Sénat (Palais Madama). La chambre est composée de 630 députés qui constituent la représentation politique du pays. Le sénat comprend 315 sénateurs qui représentent les 20 régions italiennes. Cinq d'entre elles bénéficient d'un statut particulier qui leur confère une plus grande autonomie. Le garant de la constitution est le président de la République (aujourd’hui Carlo Ciampi) qui loge aux Palais du Quirinal. C’est aussi lui qui nomme le président du Conseil, véritable chef de l’exécutif.
D’une république l’autre : la valse des partis politiques
Jusque dans les années 80, la vie politique italienne s'organise autour des deux principaux partis : le Parti Communiste et la Démocratie chrétienne. En 55 ans d’existence, la République a connu plus d’une centaine de gouvernements différents, qui démissionnaient au gré des alliances politiques et des scandales financiers. Mais les crises gouvernementales en série, ajoutées à une vague d'attentats meurtriers et de scandales financiers qui éclaboussent les hommes politiques aboutissent au renouvellement du paysage politique italien.
Depuis 1992 (opération Mains propres) et la naissance de la seconde république (1994), la vie politique italienne s’est assainie. Les partis ont évolué ou disparu (DC, PCI, PSI) ; d’autres sont apparus (Forza Italia, Ligue du Nord, PDS puis DS, Rifondazione Comunista). Pour autant, l’instabilité gouvernementale demeure. La coalition de l’Olivier (gauche modérée et démocratique), désormais conduite par Giuliano Amato est menacée. Les élections législatives s’annoncent difficiles. La droite est emmenée par Sylvio Berlusconi, qui a parfaitement digéré son échec de 1996, et qui dirige une coalition mélangeant un peu tout. La gauche est représentée par Francesco Rutelli, le dynamique maire de Rome
Un maire décidé, une ville qui s’améliore
La municipalité de Rome (dont les bureaux se situent au Capitole) semble jouir d'une relative stabilité après des années difficiles. Capitale du pays, elle subissait régulièrement les contrecoups de la politique nationale. En 1993, c’est le “vert” Francesco Rutelli qui est élu contre la petite-fille de Mussolini. Il est réélu en 1997. Son programme met l'accent sur la protection du patrimoine historique et écologique de la ville. Il a entamé un énorme programme de modernisation de la ville éternelle : réfection du réseau ferroviaire (enfin des trains qui arrivent à l’heure à Termini !), mise en valeur des banlieues, aménagement de parcs de stationnement, rénovation des parcs et espaces verts, réformes dans les musées et monuments. Sa politique de restauration systématique des monuments historiques en vue du Jubilé de 2000 lui a valu des critiques mais le succès de l’opération est à la mesure de l’effort demandé. En effet, la circulation et donc la pollution ont diminué. Le grand défi de l’équipe de Rutelli est désormais de rapprocher l’administration municipale de ses concitoyens : vaste tâche.
Le Vatican, un état dans l’Etat
Durant la dernière campagne des élections législatives de 2001, chaque candidat à la présidence du Conseil – tous partis confondus – est allé consulter le cardinal Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican (équivalent de notre Premier ministre), réputé pour ses opinions conservatrices. Cette marque d’attention toute électorale va pourtant à l’encontre de la séparation des deux états (l’Italie et le Vatican). Ce sont les accords du Latran qui ont créé l’Etat du Vatican (11 février 1929). Il a une étendue de 44 ha et compte environ 1000 habitants. Les quatre grandes basiliques romaines (Saint-Pierre, Sainte-Marie-Majeure, Saint-Jean-de-Latran et Saint-Paul-hors-les-Murs) sont la propriété du Saint-Siège et possèdent le privilège d’extraterritorialité. Le Vatican bat sa propre monnaie qui a cours en Italie, dispose de sa propre poste (plus efficace que la poste italienne), possède un quotidien et une radio. Il est relié au réseau ferré italien par une gare. De plus, les accords du Latran ont établi une convention financière et un concordat (amendés en 1984 notamment sur l’enseignement et le financement). En contrepartie, le pape doit renoncer à ses droits sur Rome et sur les anciens états de l’Eglise. Les accords stipulent également que le pape n’intervient pas dans les affaires de la nation italienne. Pour autant, c’est une situation ambiguë qui s’est instaurée. Le pape règne à la fois sur le spirituel et le temporel en tant que souverain du Saint-Siège, évêque de Rome et chef de l’Eglise catholique. La récente consultation au Vatican est donc faite pour s’attirer les faveurs des électeurs catholiques. Cela fait bien plus que 1000 habitants !
Médias
En bref
Une presse historique variée et populaire • Une télévision décriée
Les quotidiens
Le plus lu des quotidiens d’actualité italien est le Corriere della Sera. Fondé à Milan il y a plus d'un siècle, c’est l’équivalent du Monde français. http://www.corriere.it
Son concurrent direct est La Repubblica. Il paraît à Rome vers 1970. Ce journal politiquement à gauche se distingue notamment pour la qualité de ses enquêtes. Il appartient au même groupe que l'hebdomadaire L'Espresso. www.repubblica.it- www.espressonline.kataweb.it.
La Repubblica, en vrai journal romain, possède son supplément Trovaroma, dédié à la capitale : vous y trouverez toutes les infos pratiques pour prendre le train ou sortir. Il paraît tous les jeudis, et est vendu avec le quotidien.
Il Giornale est le quotidien historique de la droite. Il sert désormais la politique de Berlusconi qui en est le propriétaire.
Vous pourrez également lire La Stampa (Turin).
La Gazetta dello sport est la référence en la matière et le journal le plus lu d’Italie avec 3,5 millions de lecteurs. Elle traite de tous les sports mais c’est le Calcio (football) qui l’emporte. Sur les présentoirs, vous ne pouvez pas manquer son papier rose.
L’Osservatore romano est le quotidien du Vatican. Il couvre toute l’actualité avec un éclairage particulier sur les déplacements du Pape et les orientations de l’Eglise.
Enfin, le quotidien économique et financier Il Sole 24 Ore est réputé pour la qualité de ses informations et de ses articles.
La télévision
Deux groupes ont le monopole du petit écran : la RAI et Mediaset.
La RAI est la télévision publique. Elle compte trois chaînes dont la médiocrité est souvent dénoncée.
Mediaset regroupe les trois principales chaînes concurrentes de la RAI : Canale 5, Italia 1 et Retequattro. Si elles comptent les journaux télévisés les plus suivis d'Italie, ces chaînes sont souvent au cœur de violentes polémiques en période électorale, accusées d'être "à la botte" de leur célèbre propriétaire, le politicien Silvio Berlusconi.
Le paysage audiovisuel italien oscille entre les émissions racoleuses (talk et reality shows, filles nues), les productions insipides (comédies sentimentales et soap- opera dans la plus pure tradition brésilienne se partagent l'antenne), jeux adaptés des Anglo-Saxons (Comment gagner des millions, la roue de la fortune), émissions sportives et séries américaines. En ce moment Il grande fratello est un phénomène de société. Il s’agit peu ou prou du Big Brother néerlandais, devenu Loft story en France.
Le parc télévisuel italien est enfin constitué d'une myriade de chaînes privées et/ou régionales de qualité très variable, dont vous aurez oublié le nom sitôt votre poste éteint.
La radio
C’est la RAI, service public, qui est de loin le premier relais d’information et de diffusion du pays. Le service de radiodiffusion couvre tout le territoire et propose également des émissions locales dans chaque région. Parmi les autres radios importantes, citons Radio Deejay et KW Radio, qui diffusent de la musique toute la journée ; Isoradio (103,3FM) qui donne des informations sur l’état de la circulation routière en Italie et enfin, la radio généraliste Radio Capital qui diffuse des informations en tout genre : actualité, météo, sport, culture…
Economie
En bref
La cinquième puissance mondiale • Un clivage Nord/Sud qui persiste • Le marché européen : une tendance à l'optimisme
Un demi-siècle a suffi à l'Italie pour devenir un acteur majeur de l'économie mondiale. La croissance continue du produit intérieur brut (PIB) et la baisse permanente du déficit budgétaire attestent de la bonne santé du pays, devenu la 5e puissance industrielle mondiale. Les principaux domaines de production sont l'acier, l'automobile (Alfa Romeo, Lancia, Fiat), le textile (Benetton), la chaussure et les produits agroalimentaires (Barilla, Ferrero, Eridiana). L'agriculture, quoiqu’en crise, demeure un secteur d'activités notable en matière de vins, d'agrumes et d'oléagineux. L’Italie est le 2e producteur de vins au monde, derrière la France. Le pôle de la mode n’est pas non plus à négliger : les grandes marques du luxe italien sont légions (Gucci, Versace, Armani, Cerrutti…)
Cette prospérité n'est cependant représentative que d'une partie de l'Italie. En effet, plus de la moitié du PIB émane des centres industriels du Nord. Le Sud, au contraire, souffre d'un taux de chômage plus élevé que la moyenne nationale et d'une plus grande pauvreté, propice au développement d'organisations criminelles comme la mafia. Cela dit, les Italiens ont souvent deux emplois dont l'un n'est pas déclaré. L’economia sommersa (clandestine) échappe à tout contrôle ou recensement économique mais elle contribue aux richesses de la nation.
L'Italie profite plus généralement de sa présence au cœur du marché européen où elle occupe la quatrième place. Ses principaux partenaires en matière d'importation et d'exportation sont la France et l'Allemagne. En 1996, la politique pro européenne de Romano Prodi permet la réintégration de la lire dans le système monétaire européen (SME), mettant ainsi fin au déficit de la balance commerciale du pays. En 1999, la lire est définitivement ancrée au sein de la zone Euro. Les déficits sont jugulés même s’ils ne sont pas encore éliminés.
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