Bruxelles
Itinéraires
Pour les néophytes
Balade avec Brel
Départ : place de Brouckère. Arrivée : musée du Cinéma
Durée : un après-midi.
“Place De Brouckère on voyait des vitrines / Avec des hommes des femmes en crinoline / Place De Brouckère on voyait l'omnibus / Avec des femmes des messieurs en gibus”. La place De Brouckère a bien changé. Désormais flanquée de monstrueux édifices modernes, elle vibre au bruit des automobiles. Pour retrouver un peu de l’esprit chanté par Brel dans Bruxelles, entrez dans la salle du Café Métropole. Le ballet incessant des serveurs vous fera faire un bond en arrière de quelques décennies. Au nord de la place, le passage du Nord a également gardé un air un peu vieillot. Une fois de l’autre côté de la place De Brouckère, prenez la direction de la place du Béguinage. Un témoignage de ces communautés de femmes que Brel, éduqué chez les Frères, aurait sans doute traîté de vieilles bigotes. Traversez la place et descendez la rue du peuplier. Vous arrivez sur les quais du vieux port de Bruxelles. Jusqu’en 1910, les bateaux y débarquaient du bois et des briques, qui ont laissé leur nom aux lieux. Si vous avez un petit creux, arrêtez-vous à l’un des restaurants de poisson. Ce sont les meilleurs de la ville. En vous dirigeant vers l’extrémité gauche des quais, vous arrivez sur la place Sainte-Catherine. “Sur les pavés de la place Sainte-Catherine / Dansaient les hommes les femmes en crinoline / Sur les pavés dansaient les omnibus / Avec des femmes des messieurs en gibus”. Là non plus, pas la moindre trace de crinoline, ni de gibus. Mais une place bien agréable, fréquentée par les habitants du quartiers. Elle est construite sur l’emplacement d’un ancien quai de débarquement. Cela explique sa forme un peu inhabituelle. Au bout de la place, remontez la rue Antoine Dansaert, partant sur la gauche. C’est la rue des boutiques de mode et des petits restaurants branchés. Après la place de la Bourse, la rue au Beurre vous emmène sur la Grand-Place. Vous croisez le pauvre amoureux des Bonbons, sa perfide Germaine au bras : “Et nous voilà sur la Grand-Place / Sur le kiosque on joue Mozart / Mais dites-moi que c'est par hasard / Qu'il y a là votre ami Léon”. Mais que cela ne vous empêche pas de profiter de l’harmonie du lieu. Quittez la Grand-Place par la rue Charles-Buls. En passant, touchez le monument dédié à Evrard t’Serclaes au numéro 8 de la place. Il porte bonheur, dit-on. Plus bas, dans le prolongement de la rue Charles-Buls, la rue de l’Ecluse. Au croisement de la rue du Chêne, vous tombez sur le Manneken Pis. Prenez à gauche, jusqu’à la petite place de la Vieille-Halle-aux-Blés. Au n°11, la Fondation Brel. Ne manquez pas la remarquable exposition “un soir de tournée avec Brel”. Enfin, en ressortant, rejoignez la place Saint-Jean, toute proche. De là, montez les escaliers du mont des Arts. Traversez le jardin, prenez la rue Ravenstein vers la gauche, puis, à droite, la rue Baron Horta. Entrez dans le musée du cinéma. Chaque jour, deux vieux films muets sont projetés, avec accompagnement au piano. L’occasion de replonger dans le Bruxelles de Brel, “au temps où Bruxelles rêvait / C'était au temps du cinéma muet”.
Pour les connaisseurs
Promenade Art Nouveau
Départ : Avenue Louise. Arrivée : Place Brugmann.
Durée : une demi-journée.
Depuis le centre de Bruxelles, prenez les trams 93 ou 94, et arr^étez-vous au coin de l’avenue Louise et de la rue du Bailli. La promenade débute par la découverte de l’Hôtel Solvay au n°224 de l’avenue Louise. Il fut construit par Horta en 1894 pour une riche famille d’ingénieurs et industriels. Dominant l’une des artères les plus chics de la ville, il illustre le caractère individualiste et bourgeois de l’Art nouveau. A l’intérieur Horta y a développé sa conception novatrice selon laquelle la lumière provient non des façades mais d’un puits central. En revenant vers la place, prenez sur la gauche la rue Emile Janson. Au n°6, se situe l’œuvre fondatrice de l’architecture Art nouveau, le fameux hôtel particulier Tassel. Il a été édifié par Horta en 1893 pour l’un des ses amis professeur de géométrie qui, célibataire, habitait cette demeure avec sa grand-mère. La façade est une alternance de couches de pierres bicolores bleues et ocres, encadrant un gigantesque bow-window. La balustrade est particulièrement significative du style Art nouveau, de même que l’utilisation, sage mais inédite, du verre et du métal.
La balade se poursuit vers la rue Defacq. A droite, au n°14, le centre culturel Art Media offre un beau patio, réplique de 1925 d’une maison andalouse. Vers la gauche, trois constructions de Paul Hankar, autre grande figure de l’Art nouveau, méritent l’attention. Au n°48, la maison Ciamberlani. Sa façade sévère est enjolivée de nombreux éléments décoratifs dont les sgraffites, une sorte de peinture au dessin stylisé. Au n°50, la maison du peintre René Janssens et son impressionnant bow window en métal. Un peu plus loin au n°71, la maison-atelier de Paul Hankar. Plus haut, prenez à gauche la rue de l’Aqueduc. Si une incartade à l’Art nouveau vous paraît admissible, n'hésitez pas à faire un tour place du Châtelain en passant par le joli parvis de la Trinité. Les puristes se dirigeront stoïquement jusqu’au n°151 de la rue de l’Aqueduc, maison du journaliste Sander Pierron. En revenant sur vos pas, tournez à gauche, rue des Africains. Au n°92, belle maison de Benjamin de Lestre. A droite, au n°25-26 de la rue Américaine, la maison-atelier de Horta. Prendre ensuite la chaussée de Charleroi vers l’avenue Brugmann. Au n°5, jetez un œil sur les sgraffites de hiboux. Plus loin, à l’angle de la rue de la Jonction, le magnifique Hôtel Hannon. Il n’est ouvert que le mardi et samedi après midi - tél. (02) 537 16 92. A l’intérieur, une fresque de Baudoin dans la cage d’escalier, un pavement de marbre et une mosaïque de Gallé. Au n°80 de l’avenue Brugmann, la maison atelier du sculpteur Fernand Dubois. Prendre enfin la rue Darwin. Vous apprécierez les fenêtres et les ferronneries des n°15 et 17. La promenade s’achève place Brugmann, halte ombragée et littéraire.
Pour les experts
Balade au coeur de la "bruxellisation"
Départ : métro Schuman. Arrivée : place du Trône.
Durée : une demi-journée
Du métro, ralliez le rond-point Schuman. Vous voilà dans le Brüsel futuriste de Schuiten, pas si loin du film Brazil. Sur la gauche, l'immense Commission européenne. En proie à d'imposants travaux de désamiantage. Ses bureaucrates exilés font le tour, en costume, des bureaux du quartier sous les échafaudages. Sur la droite, le massif Conseil européen. Les grues tournent au-dessus des immeubles en construction. La rocade ajoute au vacarme ambiant. La rue Archimède mène à un quartier résidentiel, parsemé de belles demeures Art nouveau. Les seules à avoir survécu au saccage systématique d'un urbanisme si sauvage qu'on parle de “bruxellisation”. D'abord, le square Ambiorix. Au n°11, la maison du peintre Saint-Cyr. Extravagante et excessive avec ses ferronneries entremêlées et ses balcons audacieux. L'élément le plus insolite : la loggia du 4e étage, semblable à un oeil. Les rues environnantes recèlent des trésors d'architecture anonymes. En descendant l'enfilade d'espaces verts, vous arrivez sur l'avenue Palmerston. Au n°4, l'Hôtel van Eetvelde. Le “plan le plus audacieux” de Horta, pape de l'Art nouveau. Le métal n'avait jamais été utilisé de manière aussi provocatrice. Façade verticale à l'excès. Au n°2, une extension du bâtiment, par Horta. Revenez au point de départ, par la rue du Taciturne, de l'autre côté du square Marie-Louise. Les bâtisses populaires délabrées ont été murées et les squatteurs expulsés. La destruction à grande échelle semble inévitable. Une fois revenu à Schuman, descendez la rue Froissart, bordée d'immeubles de bureaux. Bientôt, sur votre droite, vous apercevez le Parlement européen. Pas étonnant que les bruxellois le surnomme le “caprice des dieux”. Pourquoi ne pas goûter aux frites de Chez Antoine, sur la place Jourdan ? Les meilleures de Bruxelles, dit-on. Un peu de répit au bord du lac du parc Leopold, peuplé de cygne, avant de vous attaquer au Parlement, ou aux dinosaures du muséum d'histoire naturelle. Pour parachever votre plongée au coeur du surréalisme bruxellois, faites un saut au musée Antoine-Wiertz. Cet endroit insolite se situe rue Vautier, derrière le muséum. Face à l'entrée du Parlement, un passage un peu lunaire rejoint la rue du Luxembourg. Elle rejoint la place du Trône, porte du quartier Royal.
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