Guide Voyage New York - KARAVEL
 

New York

Visites

Upper East Side

Réputé pour ses résidences élégantes, ses hôtels sompteux, ses boutiques de luxe et son calme, l'Upper East Side est un quartier prisé par les personnalités (Greta Garbo, Woody Allen, Andy Warhol, Richard Nixon). Ses larges allées de bitume gris clair, jalonnées de galeries prestigieuses et de restaurants "étoilés",  laissent entrevoir le niveau de vie presque irréel de certains habitants.

Sur Madison, entre 59th et 72nd St. se succèdent boutiques d'antiquaires, petites pâtisseries et boutiques d'accessoires et de vêtements, dont le bel espace Giorgio Armani Boutique (760 Madison Av. E 65th St.) ou le grand magasin Barney's. Faites un détour par le magnifique Carlyle Hotel (35th-76th St.). Sur Park Av., les loyers sont prohibitifs. Entre 85th et 95th St. se succèdent des buildings en brique rouge des années 20. Essayez de deviner à qui le groom de cette résidence privée tient la porte.

Vous pouvez tourner en direction de East End Av., vers East River Promenade, qui longe  FDR Drive. Une balade un peu bruyante, avec une vue sur Roosevelt Island et sur le Queens. A côté se trouve le Carl Schurz Park (East End Av., de la 84th à la 90th St.), avec au nord, Gracie Mansion, la fameuse résidence officielle du maire de New York.

Pour redescendre, empruntez la Fifth Av., aussi appelée sur cette partie Museum Miles. De l'International Center of Photography au Metropolitan, en passant par le Cooper-Hewitt National Design Museum, empruntez les petites allées qui mènent de la Fifth Av. à Madison. En face du Metropolitan, de magnifiques maisons en brique jalonnent le chemin. Vous vous prendrez sûrement à rêver.  

Pour un parcours de gourmet, faites confiance aux chefs français. Les grands favoris sont Daniel Boulud (Daniel, 60 E 65th St. et Café Boulud, 20 E 76th St.) et Jean Georges Vongrichten (Jean Georges, Trump Tower, et Jo Jo, 160 E 64th St. ). Ils proposent une cuisine française et franco-américaine d'un raffinement inégalé. Pour une petite pause gourmande, Payard Pâtisserie & Bistro (1032 Lexington Av.) compte également parmi les adresses françaises appréciées à New York. Si vous voulez boire un verre, entrez dans un bar sur la Second  Av., chez Elaine's (1703 Second Av.), fameux repaire littéraire de Elaine Kauffman, ou au Brandy's (235 E 84th St. entre Second et Third Av.), un piano-bar à tendance gay.

L'Upper East n'est pas entièrement WASP (White Anglo Saxon Protestant). Le quartier fut un temps le fief des Européens de l'Est : Allemands, Hongrois, Tchèques se sont installés autour de ce qui est aujourd'hui encore appelé Yorkville, entre 86th et Lexington Av. Vous y trouverez un nombre incroyable de Delis proposant les fameux bagels. Le temple Emanu-El (65th St.et Fifth Av.) forme la plus grande synagogue réformée de Manhattan, construite dans un style roman byzantin en 1929. Autres lieux de culte, l'Islamic Cultural Center of New York, principale mosquée de la ville (1711 Third Av. et 96th St.) et la St. Nicholas Russian Orthodox Cathedral (15 E 97th St. sur Fifth Av.), avec ses cinq dômes et ses toits bleus et jaunes.

The Frick Collection

Henry Clay Frick (1849-1919), magnat de l’acier, fit construire un palais pour exposer le butin amassé lors de ses voyages européens. Il souhaitait reconvertir le palais en musée pour laisser à la postérité une image du mode de vie de la bourgeoisie américaine. La Frick collection est un voyage au début du siècle, sur les traces d'une de ces riches familles qui s'installaient dans les plus belles demeures de Manhattan, sur Fifth Avenue ou Upper East Side. Les pièces sont ornées de tapis persans, de porcelaines de Limoges et de mobilier Renaissance français et italien. Sur les murs, des tableaux de maîtres : Rembrandt, le Greco, Gainsborough, Vermeer (Officier et Jeune fille souriante) et Fragonard. Le palais, achevé en 1914, fut commandé aux architectes Carrère et Hastings, ceux-là mêmes qui dessinèrent la bibliothèque municipale. Une ambiance intimiste, pour un palais de 40 pièces organisé autour d’un magnifique patio. Certaines scènes du Temps de l’Innocence de Martin Scorsese ont été tournées ici.

The Metropolitan Museum of Art

Le "Met" est créé en 1870 par un groupe d’artistes et de mécènes qui veulent fonder un musée des beaux-arts rivalisant avec les plus beaux musées d’Europe. Les oeuvres du Met s’étendent sur 5000 ans et concernent toutes les civilisations. Quatrième musée du monde, il possède 3 millions d’objets d’art exposés sur 10 000 m2. Sauf à courir de salle en salle, il est impossible d’apprécier en quelques heures la richesse des collections présentées. La visite classique consiste à parcourir les trois collections les plus célèbres : l’art européen, l'art égyptien et l’art américain.

L'art européen : peintures, sculptures et arts décoratifs des maîtres de l’école européenne sont représentés. Le musée possède des chefs-d’oeuvre de Van Eyck, Rembrandt, Vélasquez, Goya, Ingres. La fin du XIXe siècle est une période largement illustrée, avec des oeuvres aussi connues que La mort de Socrate de David (1787). Suivent Van Gogh, puis les oeuvres des impressionnistes et des post-impressionnistes, notamment Les joueurs de carte de Cézanne et des tableaux de Monet, Manet, Turner et Degas.

L’art égyptien : le temple de Dendur, visible de l’extérieur à travers la verrière, donne au musée un charme très particulier. Le temple est incontestablement la pièce maîtresse du Met. Construit en l’an 15 av. J.C., il a été offert par l’Egypte et remonté dans une aile spécialement construite pour l’accueillir. La collection égyptienne s’étend de 3100 av. J.C. au VIIe siècle. La tombe de Perneb de l’Ancien Empire et surtout les bijoux du Moyen et du Nouvel Empire réservent d'autres moments forts.

L’art américain : la peinture américaine est représentée de la fin du XIIIe siècle au début du XXe siècle. Washington traversant la Delaware (1851), d'Emmanuel Gottlieb Leutze, est l'une des perles du Met. La sculpture est particulièrement présente sur les périodes néoclassiques et Beaux-arts. Les Arts décoratifs s’étendent de la fin du XVIIe au début du XXe siècle. Les artistes contemporains sont regroupés dans l’aile Lila Acheson Wallace, ouverte en 1987. On peut y voir des oeuvres d'Edward Hopper, Willem de Kooning, Jackson Pollock, Isamu Nogushi, Georgia O’Keeffe et Winslow Homer.

Parmi les salles destinées à offrir un aperçu du mode de vie à l’américaine, le salon de la maison “Little” est remarquable. Cette pièce fut conçue et meublée par Frank Lloyd Wright entre 1912 et 1914. Un peu plus loin, on peut aperçevoir, dans la Charles Engelhard Court, les vestiges des colonnes et des vitraux qui décoraient la maison d’Oyster Bay de Louis Comfort Tiffany.

Pour se reposer, le jardin du toit-terrasse est idéal, avec vue sur les sculptures et Central Park.

The Solomon R. Guggenheim Museum

Des murs inclinés pour éviter les reflets sur les tableaux, une coupole inspirée par l'architecture mésopotamienne diffusant une lumière tamisée, une rampe en colimaçon le long de laquelle la visite s'organise : le Guggenheim est autant réputé pour la qualité de ses expositions que pour son atmosphère. Les détracteurs de cette nouvelle esthétique s’inclinèrent devant le succès public. Dessiné par l’architecte Frank Lloyd Wright, le musée  a été construit entre 1942 et 1959. C'est le seul monument que cet architecte précurseur, connu surtout pour ses résidences de style “prairie”, a dessiné à New York.

Un bâtiment non conventionnel pour une très belle collection d’oeuvres d’art du XIXe et du XXe siècle et des expositions temporaires, le long du grand colimaçon, d'une qualité extraordinaire. La collection permanente d’art moderne est exposée dans les Towers Galleries, achevées en 1992 selon les plans de Wright. Y sont exposées des oeuvres très appréciées de Pissarro, Manet, Cézanne, Van Gogh, Kandinsky, Paul Klee, Picasso, Delaunay et Miró.

Au Guggenheim comme au MoMa, le must est de venir le vendredi soir. Vous pourrez écouter un groupe de jazz en buvant un verre sous la coupole entre 18 et 20h et visiter le musée au prix que vous souhaitez.

Par ailleurs, le Guggenheim Museum SoHo, qui a ouvert ses portes à SoHo en 1992, propose des expositions d’art contemporain, des happenings et une librairie hors pair avec des canapés…

Un nouveau Guggenheim pour New York

Egalement en projet, un nouveau musée Guggenheim pour New York ! Les locaux de l'actuel musée de l'Upper East Side ne sont plus assez grands pour accueillir une collection qui s'est considérablement enrichie au cours des années. Project for a new Guggenheim museum in New York City a été confié au célèbre architecte américain Frank Gerhy. Il serait idéalement situé sur un des quais de downtown, au bas de la skyline, afin de bénéficier du plus d'espace et de lumière possible. Le projet a été dévoilé au public par le Guggenheim le 9 avril 2000 et il est d'ores et déjà consultable à l'adresse suivante :  http:// www.guggenheim.org/new_guggenheim/index.html.

Whitney Museum of American Art

Le Whitney est fondé en 1930 par le sculpteur Gertrude Vanderbilt Whitney, après que le Metropolitan Museum eût refusé d’acheter sa collection d’oeuvres contemporaines. Le Whitney ne propose pas d'exposition permanente, bien qu'il possède une des plus belles collections au monde d’art américain du XXe siècle. Seule  la composition de Calder, Circus, est exposée en permanence. Des expositions à thème dévoilent temporairement une partie des 10 000 oeuvres de la collection. Celle-ci comprend des peintures de Edward Hopper, Willeim de Kooning, Kelly, Gorky et des sculptures de Calder, Isamu Noguchi, David Smith ou Nevelson. Depuis les années 90, les expositions semblaient avoir perdu de leur prestige. Néanmoins, l'exposition en deux volets sur l'art américain au XXe siècle, présentée en 1999, a remporté un très grand succès. Depuis 1932, le Whitney propose aussi une biennale renommée qui présente les tendances de l’art américain.

Upper West Side

Méconnu, l'Upper West Side est pourtant l'un des lieux de vie les plus agréables de New York. Le pendant de l'Upper East, dans une version plus jeune, mais tout aussi chic et people. Central Park West, l'avenue qui longe le parc, est bordée de beaux immeubles résidentiels. Le Dakota Apartments Building (1 W 72nd St.), les tours jumelles de Central Park (64rd St. et Central Park W) et, à côté, au n°55, le premier immeuble Art-déco de New York, sont autant réputés pour leur architecture que pour les stars qui y vivent. Yoko Ono habite toujours dans le Dakota Building.

L'Upper West se décompose en deux parties. L'une, qui va du Lincoln Center au musée d'histoire naturelle, est plutôt culturelle et résidentielle. L'autre, qui couvre le haut de l'Upper West, de la 77th à Columbia University, entre Columbus et Amsterdam Av, a bien plus de charme. Elu par les jeunes cadres et les étudiants, le quartier est un trésor de charmantes boutiques et de restaurants, alternant avec des terrains de basket-ball à deux pas de petites maisons brunes. Autour de Zabar's (2245 Broadway), une épicerie fine aux étals alléchants, vous trouverez facilement de quoi vous restaurer. Brunchez chez Barney Greengrass (541 Amsterdam Av., entre 86th et 87th St.) qui propose des spécialités juives et notamment du poisson fumé, ou au Café Lalo (201 W 83rd St. entre Broadway et Amsterdam Av.) qui sert de délicieuses salades et pâtisseries. Terminez la balade en suivant les petites rues de browstone qui mènent à Central Park.

The American Museum of Natural History

Un des plus grands musées d’histoire naturelle du monde, avec plus de 36 millions de pièces. Un inventaire des vestiges de la faune et de la flore en même temps qu’une ode au monde vivant. Visitez les salles consacrées aux dinosaures, aux dioramas sur les cultures du monde, aux météorites et aux pierres précieuses, aux Indiens d’Amérique et aux peuples africains ainsi que le Rose Center dédié à la Terre et à l’Espace. De mandibules un peu poussiéreuses en minéraux, la visite se révèle vite passionnante. Ce musée fut fondé en 1874. Une statue de Roosevelt de style Beaux-arts (1936) trône devant l'entrée, en face de Central Park.

Des visites guidées gratuites partent du premier étage toutes les 15 minutes entre 10h15 et 15h15. Après quoi, vous pouvez boire un café en-dessous d’une (fausse) baleine bleue de 28 mètres. 

Columbia University

Situé dans le quartier de Morningside Heights, entre 110th et 123th St., la Columbia est l'une des universités les plus prestigieuses du pays. Cinquante-trois prix Nobel et des étudiants aussi prestigieux que Isaac Asimov, J.D. Salinger, James Cagney ou Joans Rivers ont fréquenté ses murs. Elle est renommée pour ses écoles de droit, de médecine et de journalisme. Dix-neuf mille étudiants se croisent dans ce campus aux bâtiments monumentaux. La bibliothèque Law Library, la Saint Paul’s Chapel, l’école de journalisme fondée par Joseph Pulitzer en 1912, dans laquelle est décerné chaque année le prix Pulitzer, sont des références de la culture américaine. Solennel, verdoyant, immense, le cadre crée inévitablement une atmosphère sage et ordonnée, propre aux campus américains. Pas de cafétéria bruyante et enfumée. Elèves et professeurs discutent dans les jardins. Plus loin, d’autres vont à la piscine olympique du campus ou évoquent les activités de leur association.

Derrière le campus, la cathédrale Saint John the Divine, un mélange de styles roman et néogothique. Cet édifice, commencé en 1892, n'est toujours pas terminé. Saint John deviendra, selon les plans d'origine, la plus grande cathédrale du monde une fois achevée.

Sur l'Hudson River, les jardins de Riverside Park offrent une halte agréable, un rien romantique, avec vue sur le New Jersey. Les 21 étages de Riverside Church, édifice néogothique inspiré de la cathédrale de Chartres, se dressent de l'autre côté.  

Harlem heights et Harlem 

Entre les souvenirs de la lutte antiraciste et les signes d'un ghetto contemporain, Harlem demeure la mauvaise conscience de Manhattan. Peu de New-Yorkais s’y aventurent la journée et encore moins la nuit, où les Blancs (ni Noirs, ni Latinos) ne sont pas les bienvenus. Harlem demeure presque clandestin dans la ville lumière. Sa découverte demeure pourtant essentielle pour une bonne compréhension de la mentalité new-yorkaise. L’histoire de Harlem est jalonnée de courants politiques, religieux et musicaux (jazz et aujourd’hui hip-hop), qui revendiquent une différence. Des boulevards rebaptisés du nom de leaders emblématiques, Martin Luther King et Malcom X, aux scènes mythiques du jazz, comme l’Apollo Theater, Harlem a du caractère.

Le Harlem noir s’étend à l’ouest de la 125th St., au nord de Saint Nicolas Av. Harlem devient El Barrio, un quartier hispanique à forte majorité portoricaine, à l’est de Saint Nicholas Av. et au-delà de la 110th St. Bien d’autres communautés y vivent et les tensions peuvent être vives. Par exemple entre les Afro-américains et les Africains installés au sud-est de la 125th St. Fatigué, le quartier offre aux visiteurs des fenêtres murées et des graffitis, mais la situation s’améliore peu à peu. Dans une île ou l’espace est compté, Harlem voit naître des projets de construction et de réhabilitation.

Fondée par des colons hollandais en 1658, Harlem fut rattaché au reste de la ville avec l’arrivée du chemin de fer. La classe ouvrière et les immigrants s'y installèrent, suivis par la bourgeoisie blanche qui appréciait le calme des hauteurs de Sugar Hill, au nord-ouest de Manhattan. La construction du métro et de logements en surnombre fit baisser le prix des loyers. De nombreux Noirs et immigrés vinrent s’installer. Le quartier connut son apogée dans les années 20 quand les fêtards venaient s’encanailler, boire de l’alcool et écouter du jazz dans les speakeasies.  Les jeunes James Brown, Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald débutèrent à l’emblématique Cotton Club (qui n’existe plus) et à l’Apollo Theater, entre Seventh Av. et 125th St., qui proposaient alors des concerts pour une clientèle exclusivement blanche. En devenant multiracial en 1934,  l'Apollo devint une scène d'avant-garde, qui permit à de jeunes jazzmen afro-américains de débuter leur carrière. L’Apollo vit ainsi défiler Billie Holiday, Duke Ellington, Bessie Smith, Dinah Washington, puis Thelonious Monk et Aretha Franklin.

Quelques îlots témoignent de la douceur de vivre de la bourgeoisie blanche, puis noire, qui s’est installée à Harlem Heights au début du XIXe siècle et dans les années 20. Appelé aussi très joliment Sugar Hill, Harlem Heights est peuplé de petites maisons situées entre 141st et 145th W St., sur Amsterdam et Convent Av. Elles sont construites en pierre et situées en hauteur, dans un mélange de styles flamand, Tudor et roman. Aujourd’hui, elles abritent les étudiants de la Columbia et la classe moyenne de Harlem. Y habitèrent entres autres Count Basie, Cab Calloway et Duke Ellington. A Saint Nicholas Historic District se trouve un autre bel ensemble architectural formé de maisons construites en 1891, entre 138th St., 139th St., Eight Av. et Seventh Av.

Le Mount Morris Historical District, avec ses maisons victoriennes, ses synagogues, ses églises chrétiennes d’obédiences diverses, symbolise le Harlem multiculturel, quartier d’accueil des immigrés depuis la fin du XIXe siècle (Malcom X Blvd, entre 122nd et 123th St.).

Pour un point de vue historique et artistique de la culture afro-américaine, visitez le très réussi Studio Museum in Harlem (144 W 125th St. entre Lenox et Seventh Av.), ainsi que la collection d’oeuvres réunies par Arthur Schomburg au Schomburg Center for research into Black Culture (515 Malcom X Bvld et 135th St.).

L’Abyssinian Baptist Church (entre 132 W St. et 138th St.) est la plus réputée des églises de gospel, où l’on chante, crie et danse pour fêter Dieu chaque dimanche matin. Elle devint très populaire grâce au pasteur Clayton Powell Junior (1908-1972), ami et fidèle soutien de Martin Luther King.

Le Museo del Barrio, dans Harlem Est, au bout de Museum miles, sur Fifth Avenue et 104th St, est le seul musée des Etats-Unis consacré à l’art latino-américain, et surtout portoricain.

The Cloisters

Il s'agit d'un ensemble médiéval composé de cloîtres et de chapelles, remontés pierre à pierre en 1938 grâce au magnat du pétrole John D. Rockefeller. Il est composé de cinq monastères francais intégrés à un bâtiment moderne. Le Cloisters surplombe l’Hudson River. On aperçoit les berges du New Jersey en face. L’ensemble abrite un musée mediéval où l'on peut voir des sculptures, des peintures sur bois, des tapisseries et des vitraux, allant de l’an mille à 1520. Le musée est consacré plus largement à l’architecture et à l’art européen du Moyen Age. Déambuler dans ce havre de paix, entre les cloîtres et les chapelles, offre un répit bienvenu sous la chaleur de l'été.

Brooklyn

Brooklyn offre de merveilleuses échappées. Un assemblage de quartiers huppés, de zones de non-droit et d’enclaves ethniques font dire de ce borough qu’il est le faubourg de Manhattan. Un territoire très divers qui offre des ambiances contrastées, et inspire de nombreux cinéastes et romanciers.

Aujourd’hui, les artistes et les jeunes branchés apprécient la richesse ethnique et l’esthétique post-industrielle de certains quartiers. En tête, Willamsburg, Greenpoint et Sunset Park.  Beaucoup d’anciens ateliers ont été transformés en lofts. Avec sa ribambelle de bars et de restaurants, Bedford St. attire la faune branchée de downtown. Le Galapagos, une ancienne usine de briques reconvertie en bar sombre et animé, est l'adresse phare du quartier. On y projette des films indépendants.

La Brooklyn Heights Promenade longe de belles maisons allant du style XIXe à l’architecture moderne. La balade offre la plus jolie vue sur Downtown Manhattan. Plus loin Henry St. et Montague St. sont animées par une foule de petits cafés, dans Brooklyn Heights. A la station Grand Army Plaza, Prospect Park dévoile ses pelouses romantiques. Au nord-ouest, en sortant du parc, se tient le très joli quartier de Park Slope Historic District. Dans ses allées de brownstone se cache la maison de Paul Auster.

Certains quartiers très communautaires ou défavorisés sont considérés comme des ghettos. East New York est surnommé The dead zone.  Les gangs s’y affrontent et défrayent la chronique policière. La criminalité et la drogue sévissent.

La communauté noire représente plus d’un tiers de la population installée autour de Bedford-Stuyvesant. Spike Lee, qui y est né, montre dans Clockers (1995) la vie des petits dealers du quartier. Flatbush et Crown Heights sont des quartiers haïtien et jamaïcain. Les juifs orthodoxes se regroupent autour du pont de Williamsburg, les Russes à Brigthon Beach, les Latinos derrière Bedford.

En définitive, ce borough possède une multitude d’âmes et l’on peut croire ceux qui affirment que sans Brooklyn, New York aurait moins de relief.

Brooklyn recèle quelques musées très intéressants tel le Brooklyn Museum of Art. Le maire de New York, Giuliani, fut choqué lors d'une exposition d'art contemporain, par le Christ représenté sous les traits d'une femme nue et noire. Depuis cet incident, une commission a été créée pour examiner ce genre de problèmes : est-il possible de tout exposer ou faut-il au contraire instaurer des limites dans le cadre des institutions culturelles financées par les contribuables ? La Brooklyn Academy of Music compte parmi les institutions culturelles de New York les plus appréciées. Sa programmation pluridisciplinaire présente des spectacles classiques et d'avant-garde. Le Brooklyn Botanic Garden, le jardin des roses et le jardin japonais, le jardin des parfums et le jardin de Shakespeare où l'on cultive les plantes mentionnées dans son oeuvre, sont autant de promenades thématiques très agréables. Enfin, le Brooklyn Children's Museum ravira les enfants avec ses ateliers de création.

The Queens

Appelé The Queens en hommage à la femme de Charles II d'Angleterre, ce borough est le plus grand de New York. Il est situé à l'est de l'ïle de Long Island et s'étend de l'East River à Jamaica Bay. Deux millions d'habitants y résident. Connu pour ses affrontements entre gangs et force de l'ordre (les actions musclées de la police appliquant la politique répressive du maire Giuliani), ses incendies quotidiens, le Queens est avant tout habité par une moyenne et petite bourgoisie. D'importantes communautés asiatiques et  latino-américaine s'y sont regroupées. Elles s'ajoutent aux communautés existantes, comme les Afro-Américains ou la communauté grecque orthodoxe d'Astoria. Installée autour de 31st St. et Broadway, pas très loin du Museum of the Moving Image, elle serait la première diaspora grecque du monde. Maria Callas y est née.

Le Queens, avec ses images de  terrains vagues et de buildings abandonnés, peut susciter quelques réticences. Pourtant, il offre une nouvelle facette de New York. Graffitis et paysages industriels, petites échoppes à moitié vide, bandes de jeunes un peu trop excités. Les images semblent sorties du 20h des chaînes de télévision locales, qui dépeignent la vie quotidienne de la banlieue, avec ses dealers et ses petites victoires.

Le Queens recèle pourtant des musées intéressants et novateurs. Il n'est pas dénué en outre de jolies balades. PS1 (Primary School One) est un incoutournable new-yorkais. Cette grande école primaire a été transformée peu à peu en centre d'art et en résidence d'artistes. Arts plastiques, projections vidéo, cinéma, performances, PS1 accueille toutes les tendances de l'art contemporain. Rattaché au MoMa depuis 1999, il tient une place de plus en plus importante parmi les institutions culturelles de la ville. Le Museum of the Moving Image est installé sur le site des anciens studios d'Astoria, qui furent construits par la Paramount dans les années 20, à l'époque du cinéma muet. Les studios furent désertés pour Hollywood. Le musée, dédié à l'image, retrace l'hisoire du cinéma, de la télévision et de la vidéo à travers des objets divers. L'Isamu Noguchi Garden and Museum est installé dans l'atelier du sculpteur, transformé en musée. En tant que sculpteur, il a par exemple réalisé le fronton de l'Associated Press Building au Rockefeller Center, en tant que scénographe il a travaillé avec Martha Graham. L'atelier ouvre sur un  jardin à la japonaise jalonné de sculptures. Le Queens museum of Art est un musée d'art moderne éclectique. Le Jamaica Bay Wildlife Refuge est une réserve qui accueille les oiseaux de la baie ainsi que les oiseaux migrateurs. Cet espace, aussi vaste que l'île de Manhattan, offre une jolie balade dans les marais avec vue sur Manhattan. Et enfin, Flushing Meadow, le fameux complexe de sport, accueille chaque année l'US Open de tennis entre fin août et début septembre sur les courts du Corona Park

Le Bronx

Bien qu'il soit sur le continent, le Bronx est perçu comme un îlot de délinquance. Les immigrés du Lower East Side, Italiens, Irlandais, Juifs d'Europe centrale, y avaient établi leurs ateliers et leurs petits commerces au début du siècle. Les communautés du Bronx sont en majorité noire et portoricaine. La population blanche diminue peu à peu dans ce borough. Les nouveaux venus arrivent surtout des Caraïbes.   

Si certains quartiers, comme East Bronx, South Bronx et Belmont sont à déconseiller à cause de la drogue et des trafics en tous genres, d'autres sont très accessibles, notamment autour de Fordham University, du zoo et du jardin botanique. Les quartiers nord sont beaucoup plus prospères et calmes que les quartiers sud. Le Bronx Zoo est apprécié pour la qualité de l'environnement dans lequel évoluent ses animaux. C'est aussi le plus grand zoo urbain des Etats-Unis, avec plus de 4000 animaux représentant 700 espèces. Le New York Botanical Garden est un jardin botanique fondé en 1891. Il abrite la dernière forêt naturelle de New York. Une balade de cent hectares couverts de plantes tropicales et comprenant un jardin de roses, une orangeraie, des plantes du désert et des serres qui recréent le climat et la végétation de 11 régions du monde. Enfin pour les amateurs, le Yankee Stadium est, comme son nom l'indique, le fief des Yankees, l'équipe de base-ball aux joueurs légendaires : Babe Ruth ou Joe Di Maggio (célèbre par ailleurs pour avoir été le mari de Marilyn Monroe) y ont fait de magnifiques carrières. Construit en 1923, le stade propose des matchs de mi-avr à fin sep. ainsi que des concerts et des meetings.

Staten Island

Staten Island a peu de choses en commun avec Manhattan. C'est une petite île au charme rural dotée de plages de sable blanc (South Beach et Gateway National Recreation Area) et d'étendues de verdure.

Staten Island est l'un des cinq boroughs de Manhattan. Une ville dortoir à 80 % blanche et plutôt bourgeoise. Les habitants de l'île semblent culturellement plus proches du New Jersey que de Manhattan. Ils se sont d'ailleurs prononcés en faveur d'une séparation de Manhattan en 1993. Cette décision n'a pas encore été validée par l'assemblée législative. On compte plus de 400 000 habitants à Staten Island. La plupart d'entre eux empruntent chaque jour le ferry pour aller travailler à Manhattan.

En arrivant de Manhattan, montez dans le bus S74 et descendez 30 min après à Historic Richmond Town. Les amoureux de culture bouddhiste feront un tour au Jacques Marchais Museum of Tibetan Art. Il recèle de très belles pièces d'art tibétain. L'Art Historic Richmond Town propose la visite d'anciens ateliers des XVIIe et XIXe siècles. Une plongée dans le New York des premiers temps, entre ustensiles de cuisine et instruments de labour. Les visites sont assurées par des villageois en tenues d'époque.