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Turquie

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Trabzon

Ville grouillante de plus de 300 000 habitants, Trabzon s’est développée sur un relief accidenté de collines et de grands ravins. Port actif de la mer Noire, elle bénéficie d’un arrière pays verdoyant aux pieds des montagnes de la chaîne pontique.

L’ancienne Trébizonde évoque les fastes de l’Orient byzantin et encore aujourd’hui, sa réputation ne se dément pas. Après le sac de Constantinople en 1204, la dynastie des Comnènes vient se réfugier dans cette ville au commerce florissant. Trabzon prend un temps la tête de l’empire et ce bastion chrétien ne tombera aux mains des Ottomans qu’en 1461.

Située sur une petite colline arborée dominant la mer, à 3 km vers l’ouest, l’église Sainte-Sophie (Aya Sofia) présente un intérêt tant architectural que pictural. Devenue musée en 1964, elle résume à elle seule l’histoire religieuse de Trabzon. A l’origine basilique à 3 nefs, elle est transformée au XIIIe siècle en église byzantine à croix grecque, surmontée d’une coupole centrale, puis en mosquée par les Ottomans. Ses peintures byzantines sont remarquables.

Revenir sur l’artère Uzun Caddessi et remonter vers les hauteurs jusqu’à la mosquée de Yéni Cuma, ancienne église Saint-Eugène du XIIIe siècle. Vous bénéficierez d’un très beau panorama sur la ville et sur les magnifiques remparts ottomans.

Redescendre ensuite vers la citadelle (Kale), coincée entre les ravins. La vue en contrebas sur les maisons et la rivière est étourdissante. La mosquée Ortahisar Fatih, qui fait face, est installée dans une grande basilique, l’une des plus ancienne de Trabzon. Elle était dédiée à la Vierge « à la tête d’or » (Panaglia Chrysoképhalos), en référence à sa coupole du XIIIe siècle, recouverte de plaques de cuivres dorées. C’est au XVe siècle qu’elle est transformée en mosquée. A deux pas, ne pas manquer la mosquée et le mausolée (türbe) Gülblahar Hatun, édifiés au XVIe siècle par le sultan Sélim pour sa mère.

Se diriger ensuite vers le nord pour arpenter les rues du Bazar. Vous aurez vite fait de vous laisser entraîner dans ces venelles animées et bordées de minuscules échoppes. Retourner sur Kahramanmaras Caddessi pour visiter l’église Sainte-Anne, très jolie église arménienne édifiée au IXe siècle.

Comment y aller

En avion : un aéroport régional dessert Trabzon quotidiennement depuis Istanbul et Ankara. Pour rejoindre la ville, prendre un dolmus

En bus : Trabzon est relié quotidiennement à plus d’un douzaine de villes, notamment à Amasya (10h), Ankara (14h), Istanbul (20h), et aux villes principales de la côte de la mer Noire (Rize, Samsun).

Informations pratiques

Eglise Sainte-Sophie - ouverte 9h-17h, tlj sauf le lundi. Entrée payante. Pour s’y rendre, prendre un dolmus sur la place centrale (Park Meydani) ou un taxi.


 

Sumela

La visite du monastère de Sumela, Meryemana Manastiri en turc, est l’occasion d’admirer un paysage mystique et tourmenté, fait de gorges profondes hérissées de sapins et de sommets voilés de brumes. La route serpente à travers les montagnes de la chaîne pontique et la vallée de l’Altindère. Le long de ce torrentueux cours d’eau, élevages de truites et restaurants s’égrènent. Il est très agréable de s’y arrêter.

C’est entre ciel et terre, plaquée contre la paroi d’une falaise abrupte, que les moines grecs Barnabé et Sophrone érigent une église à la gloire de la Vierge au IVe siècle. Très rapidement, la petite église devient un centre de spiritualité et de pèlerinage de grande importance. Le monastère rayonne pendant 15 siècles, protégé par les empereurs ottomans qui lui font de riches donations. Il reste en activité jusqu’en 1923, date à laquelle les moines grecs sont contraints de partir. Ils laissent pourtant de magnifiques édifices, décorés de fresques aujourd’hui malmenées par le temps et les touristes. Un projet de restauration devrait arriver à terme vers 2010.

Pour accéder au monastère, emprunter le sentier, parfois boueux, qui court dans le parc naturel. En arrivant sur le site, on aperçoit l’impressionnante façade. Après avoir franchi la porte de l’enceinte du monastère, on passe devant les ruines de la bibliothèque, de la cuisine et de la fontaine. Suit immédiatement, l’église de l’Assomption, une église rupestre, en partie creusée dans la pierre, avec sa chapelle attenante du XVIIIe siècle. Toutes les parois sont ornées de fresques peintes à même la roche, datant des XVe et XVIIIe siècles. La visite se clôt sur le corps de bâtiment principal érigé au XIVe siècle. Il comprend les 72 cellules des moines ainsi que les salles communes sur 4 étages, le 5e étant réservé à un mirador et à une galerie, en piteux état.

Comment y aller

Sumela est situé au cœur d’un parc naturel, à 46 km de Trabzon.

Les agences de voyages de Trabzon organisent des excursions quotidiennes en bus (départ 9h, retour 16h). Sinon vous pourrez sans problème rejoindre le monastère en dolmus, à partir du centre ville (Meydani Garagi) ou encore en bus au départ de la place Taksim.

Infos pratiques

Parc naturel National - ouvert 9h-18h tlj. - entrée payante.

Monastère ouvert tlj 9h-17h - entrée payante. Ne pas oublier de retirer le ticket d’entrée avant d’entamer l’ascension (1/2 heure) qui vous mènera à 1250 m d’altitude.

 

Amasya

Amasya est une petite ville hors du temps. Blottie au fond de la vallée du Yesilirmark, entre de hauts pitons rocheux, elle est dès l’Antiquité un point stratégique pour le contrôle des passages sur le fleuve. Capitale du royaume hellénistique du Pont du IIIe au Ie siècles av. JC, elle tombe sous la domination arménienne au XIe siècle. Les Turcs seldjoukides en font par la suite un puissant émirat que les Mongoles viennent leur disputer. Les Ottomans s’emparent d’Amasya en 1392. Le patrimoine de cette petite ville est celui des premiers temps de l’époque islamique.

Sur la rive droite, se détache la puissante architecture de la Medersa bleu (Gök Medersa). Erigée en 1266, cette ancienne école coranique a été transformée en mosquée. Elle appartient à un ensemble architecturale qui comprend deux mausolées : le premier attenant est coiffé d’une coupole octogonale en brique rehaussée d’un bandeau de faïence bleue ; l’autre, situé en face (Torumtay türbesi) abrite le tombeau du fondateur.

Ne pas manquer le musée d’Amasya (Amasya Müzezi) qui expose des objets hittites et ottomans. Au fond du jardin, le mausolée du sultan Mesut abrite 6 momies mongoles du XIVe siècle. La mosquée du sultan Beyazit II se trouve juste à côté du musée, dans un ravissant jardin ombragé sur les bords de l’eau. Edifiée en 1486, elle dresse ses deux minarets entre les coupoles de briques rouges dessinant des chevrons. Sur la rive gauche, les maisons ottomanes de la vieille ville s’alignent aux pieds des falaises abruptes, coincées en bordure du fleuve. Elles forment un rempart des murs d’ocres qui jouent avec les reflets sur l’eau des étages en encorbellement. Un escalier permet de remonter vers les tombeaux rupestres des rois du Pont.

Le piton rocheux, sur lequel s’est installée la citadelle (Kale), domine de ses 300m de haut la rivière. La vue sur Amasya et ses toits bruns parsemés de minarets est unique. Occupée depuis l’Antiquité, la citadelle n’offre que les ruines des forteresses successives, exception faite des remparts bien conservés.

Comment s’y rendre

En avion : L’aéroport de Samsun est à 2h30 (en dolmus) ;

En train :  Amasya est située sur la ligne Samsun-Sivas ;

En bus : La ville est desservie quotidiennement depuis les grandes villes du littoral et du centre.

 

Safranbolu

Petite ville de 40 000 habitants, Safranbolu se loge au fond d’une gorge étroite, entre la ville côtière d’Amasra et Ankara. Elle doit sa prospérité passée à sa situation sur la route de la soie et surtout à la culture du safran, dont elle tire son nom. Véritable musée vivant, Safranbolu offre de magnifiques témoignages de l’architecture ottomane. La ville est d’ailleurs classée patrimoine de l’Unesco depuis 1994. Sa physionomie est marquée par ses ruelles pavées parsemées de fontaines et par ses maisons ottomanes traditionnelles, les konaks, qui s’étagent à flanc de collines. Leurs façades blanches aux murs de pisé et en encorbellement sont coiffées d’un toit de tuiles à 4 pans. Les étages, le premier réservé aux femmes et le second aux hommes, surplombent un rez-de-chaussée aveugle. Ne pas hésiter au cours de votre promenade à entrer dans un des konaks transformés en hôtel.

En partant de la place centrale de la vieille ville (Casi Meydani), emprunter la rue Arasta Sokak. Elle mène à un vaste marché couvert et récemment restauré, traversé par deux ruelles bordées d’échoppes. Le Yemeniciler Arastasi, ancien marché du cuir, est aujourd’hui consacré à l’artisanat. Derrière le marché, on trouvera l’un des plus beaux ensembles architecturaux ottomans du XVIIe siècle. Il comprend la mosquée Köprülü, le caravensérail et le Hammam (toujours en service) de Cinci. Non loin, la très belle demeure de la Kaymakamlar Evi abrite un petit musée sur la vie quotidienne. Outre la beauté du décor intérieur, d’intéressants plans de maisons ottomanes de la ville sont exposés dans la cour privative. En sortant du musée, grimper vers le sommet Hirdili Tepesi, très joli point de vue pour admirer la ville. Il vous faudra redescendre pour visiter la mosquée Izzet Mehmet Pasa, construite à la fin du XVIIIe siècle et reconnaissable par son fin minaret.

A 14 km de Safrandolu, en direction de Kastamonu, ne pas manquer le village de Yörük Köyü qui possède un ensemble de 124 maisons ottomanes du XVIe siècle.

Comment y aller

Des liaisons quotidiennes en bus depuis Ankara (225 km) et Istanbul (500 km) desservent les villes de Bartin et de Karabük, qui se trouvent respectivement à 80 km et 10 km de Safranbolu.

Prévoir ensuite de prendre un dolmus pour rejoindre votre destination.

Attention la route côtière, route panoramique, n’est pas très bien entretenue.

Informations pratique

Cinci Hamami, est situé sur la place principale de la vieille ville (Carsi Meydani) - ouvert 9h30-18h30.

Musée Kaymakamlar Evi - ouvert tlj. le matin 9h-12h30, l’après-midi 13h30-17h, sauf le lundi - entrée payante.

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