Guide Voyage Turquie - KARAVEL
 

Turquie

Repères

Fêtes et traditions

Coutumes et traditions

Un Islam tolérant

Depuis la naissance de l’Empire ottoman, l’islam turc a toujours été une religion ouverte et accueillante envers les minorités religieuses. L’influence mystique soufi, proche de la philosophie des derviches tourneurs, prône en effet l’égalité des religions. C’est le système du millet qui démontre le mieux cette tolérance. Une large autonomie sociale est accordée à chaque communauté religieuse (millet) et, après la chute de Constantinople en 1453, la Turquie devient rapidement un modèle de tolérance religieuse dans une Europe qui n’en prend pas le chemin. Les Juifs se réfugient en masse dans l’Empire ottoman et particulièrement les Juifs d’Espagne, chassés par l’inquisition. Les Arméniens, implantés en Turquie bien avant l’arrivée des Turcs, cohabiteront paisiblement avec les Musulmans.

Cette tolérance ne prendra fin qu’avec les aspirations à l’indépendance des Grecs et des Turcs. Le pouvoir turc va alors se sentir menacé et l’escalade de la violence, qui commence à la fin du XIXe siècle s’achèvera en 1915 avec le premier génocide de l’histoire, le génocide Arménien.

Le Harem

Harem est un mot arabe qui signifie très saint, inviolable et qui désignait à l’origine un espace autour des lieux saints de l’islam sur lequel certains actes ne pouvaient être commis. Par extension, le harem désignera l’espace sacré réservé aux concubines et aux servantes du sultan. Le harem du palais de Topkapi donne une bonne idée de ce labyrinthe inextricable où chaque sultan a voulu rajouter une pierre à l’édifice. Contrairement à l’idée reçue, le harem n’est pas un palais des voluptés où des concubines lascives se livrent à la débauche. C’est davantage un lieu clos sur lequel règne la mère du sultan qui impose une discipline de fer à tout son monde. Les concubines qui ont eu la chance de plaire au sultan et de lui donner un héritier mâle ont le privilège d’avoir une chambre particulière. Si le sultan reconnaît l’enfant, il leur remet en outre des bijoux et des fourrures, symboles de leur nouvelle dignité de favorite (kadine) alors que des centaines d’autres concubines, délaissées, vivent dans des dortoirs. Bien réelles en revanche les innombrables intrigues du sérail pour entrer dans les faveurs de la sultane, la mère du sultan et bien sûr du sultan lui-même, « la terreur des mortels et le fléau de Dieu » comme l’écrivait joliment Corneille dans Attila.

Les derviches tourneurs

Les confréries mystiques sont nées à Konya, dans l’ancien sultanat de Roum, au XIIIe siècle. Le philosophe mystique Celaleddin Rumi, surnommé Mevlânâ, est à l’origine de ce mouvement qui vise à l’union mystique avec Dieu. Il naquit à Balkh en 1207, dans l’actuel Afghanistan. Il fonda l’ordre soufi des Mevlevi, plus connu sous le nom de derviches tourneurs et devint un grand poète en langue persane. Il mourut en 1273 et sa mort fut qualifiée de “nuit de noces avec Dieu”. C’est son fils qui regroupa ses nombreux disciples et créa les confréries de derviches, qui se multiplièrent sur tout le territoire ottoman. Leur célèbre danse mystique imite la ronde des planètes autour du soleil pour se rapprocher d’Allah. Leurs robes blanches symbolisent le linceul du cadavre. En tournant sur eux-mêmes, ils recherchent l’extase et la transe. Sous l’Empire ottoman, les derviches tourneurs exerçaient une influence déterminante dans tous les domaines de la société. Ultra-conservateurs, xénophobes et monarchistes, ils furent impitoyablement combattus par Mustapha Kemal après l’indépendance du pays et leur ordre fut interdit en 1925. Les derviches tourneurs ont repris leur danse avec Dieu depuis 1957 et donnent chaque année une représentation à Konya le jour anniversaire de la mort du fondateur de l’ordre, le 17 décembre.

Thé et café

Le premier café ouvre ses portes à Istanbul en 1554, deux siècles avant Paris. La mode du café prend une telle ampleur que les oulémas, les religieux qui disent le droit islamique, condamnent sévèrement cette boisson. Boire du café devient un péché au motif que cette boisson trouble l’esprit : le sultan Murat III l’interdit. Il reparaît rapidement dans tout l’empire malgré les interdictions. Avec la chute de l’empire Ottoman, le café devient un produit d’importation, donc beaucoup plus cher et les Turcs s’en détournent définitivement.

Aujourd’hui, la boisson nationale n’est plus le café mais le thé (çay). Les Turcs se retrouvent entre amis autour d’un samovar dans des lieux paisibles baptisés les jardins de thé. Dernière mode en vogue, le thé à la pomme fait aujourd’hui fureur aussi bien chez les Turcs que chez les voyageurs.

Les caravansérails

Le caravansérail est une grande cour entourée de bâtiments où les caravanes faisaient halte. Il comprend généralement une auberge, une mosquée, des écuries, un hammam et de vastes arcades pour se protéger du soleil. Les caravansérails constituaient les étapes sur la route de la soie, assuraient la protection des marchands et servaient de base militaire en temps de guerre. Ils offraient alors aux voyageurs et aux marchands jusqu’à trois jours de pension complète gratuite. Tous les voyageurs y faisant halte étaient placés sous la protection du sultan. En cas d’attaque, les marchands étaient remboursés de leur cargaison par un système d’assurance. Vous en trouverez de très beaux exemples  autour de Kayseri, en Cappadoce. Ils étaient distants entre eux d’environ 50 km, soit une journée de voyage à dos de chameau. Leur construction remonte à l’empire seljoukide, quand l’Anatolie était un des centres du commerce mondial. Epices, parfums et tissus y transitaient avant d’être vendus au bazar d’Istanbul.

 

Fêtes et Festivals

Janvier : traditionnellement, c'est le mois du Ramadan (Ramazan). Le mois saint est cependant une fête mobile qui commence parfois en décembre. Renseignez vous pour en connaître les dates exactes. Les Turcs pratiquants ne mangent rien avant le coucher du soleil, annoncé tout au long du mois par un coup de canon. Des repas joyeux et gargantuesques ont lieu la nuit. Au petit jour, des joueurs de tambour défilent dans les rues pour réveiller les croyants pour qu’ils s’alimentent avant le lever du soleil. Le 27e jour du mois est marqué par la nuit de la Puissance, le Kadir Gecesi, qui fête la révélation du Coran à Mahomet. Evitez pendant tout le mois de manger, boire ou fumer en public.La fin du Ramadan est célébrée par trois jours de fêtes appellés Seker Bayrami, pendant lesquels les enfants sonnent aux portes pour demander des sucreries. Cette fête est fériée dans tout le pays.

 

Mars : La fête du Sacrifice, Kurban Bayrami, est une fête mobile qui se tient entre mi-mars et mi-avril. C’est la principale fête religieuse et laïque du pays. Elle célèbre le sacrifice d’Abraham, qui accepta l’ordre divin d’immoler son fils Isaac. Le bras de Dieu arrêtera à temps Abraham et lui ordonna de sacrifier un mouton à la place du fils. Cette fête est l’occasion de réunions entre familles et amis autour d’un méchoui de mouton. Quatre jours fériés sont accordés.

 

Avril: Festival de la tulipe à Bursa, autour du 15 avril.

 

Mai : Festival international de yachts à Marmaris, 2e semaine de mai.

 

Juin : Festival international de musique d’Istanbul. Ce festival réunit de grosses pointures de l’opéra et de la danse. Certaines représentations ont lieu dans le cadre enchanteur du palais de Topkapi. De mi-juin à mi-juillet. Tél: 00-212-293-3133, www.istfest.org

 

Juillet : Tournoi de lutte de Kirkpinar à Edirne. Les combattants s’enduisent le corps d’huile avant de s’empoigner. Sport national, la lutte déclenche les passions en Turquie depuis plus de 500 ans.

Festival international de jazz, Istanbul. Un grand festival de jazz avec les meilleurs. Le festival est disséminé dans plusieurs endroits de la ville. Renseignements : Tél :00-90-212-293-3133, www.istfest.org

Festival de folklore et de musique de Bursa, deuxième semaine de juillet. Un des meilleurs festival de danse folklorique du pays. Le festival coïncide avec le début de la Foire de Bursa, gros rendez-vous commercial du pays.

 

Août : Tournoi international de volley-ball de plage, Alanya. Les matches ont lieu sur la plage. Fin août.

 

Septembre : Festival de Bodrum, 1e semaine de septembre. Musique classique au château, expositions diverses et spectacles en mer au programme de ce beau festival.

Festival de Cappadoce, 3e semaine de septembre. La Cappadoce fête les vendanges par des danses folkloriques et des belles soirées dans le cadre enchanteur des villages troglodytes et des cheminées de fées. Concours international du vin à Ürgüp.

 

Octobre : Biennale internationale des Arts, Istanbul. Grande exposition organisée chaque année autour d’un thème différent. Troisième semaine d’octobre. Coupe de Bodrum des voiliers en bois, du 14 au 20 octobre.

 

Novembre : Anniversaire de la mort d’Atatürk. Le 10 novembre à 9H05, tout le pays a une pensée pour le fondateur de la Turquie moderne. Les klaxons remplacent la minute de silence. Beaucoup de bruit et de fêtes.

 

Décembre : Festival Mevlâna à Konya, autour du 14 décembre. L’unique occasion pour vous de voir la célèbre danse des derviches tourneurs dans la ville d’origine de leur congrégation. La ville est envahie, réservez longtemps à l’avance.

Guide pays