Turquie
HISTOIRE
En bref
La Turquie, un pays creuset où se sont succédé de brillantes civilisations • L’Empire ottoman sonne le glas de l’empire romain d’Orient et devient une grande puissance militaire, doublée d’un foyer artistique sous l’empereur Soliman le Magnifique • Mustapha Kemal Atatürk transforme “l’homme malade de l’Europe” en un pays moderne et laïque.
Préhistoire
Les archéologues ont trouvé les ruines d’une ville à 50 km au sud-est de Konya, Catal Höyük qui daterait du Néolithique, autour de 7000 av. JC. Leurs conclusions ont abouti au fait qu’elle serait peut-être la première ville fondée par l’homme.
Les Hittites
Autour de l’an 2000 av. JC, un peuple indo-européen s’installe sur le plateau de l’Anatolie centrale grâce à sa puissance militaire, fondée sur l’utilisation du cheval. L’empire hittite connaît son apogée autour du XIIIe siècle av. JC avant de disparaître, affaibli par ses luttes contre les Egyptiens et les Assyriens. Le premier traité de paix de l’histoire de l’humanité est signé en 1278 av. JC entre Hattusilis II, roi hittite, et Ramsès II.
La colonisation grecque
Après les Hittites, les invasions se succèdent. Les peuples de la Mer, les Phrygiens, occupent les ruines de l’empire hittite. L’invasion des Cimmériens, un peuple nomade venu des confins de la mer Noire, met fin à l’empire phrygien. En 546 av. JC, les Mèdes de Cyrus II le Grand envahissent à leur tour la péninsule. Les cités ioniennes se révoltent alors contre le joug Mède en 499 av. JC. En 331, la victoire d’Alexandre le Grand sur le roi perse Darius provoque la fin de la domination perse dans la région. A la mort d’Alexandre, en 323 av. JC, la région connaît à nouveau une période troublée marquée par les guerres entre ses généraux, les Diadoques.
Aux IIIe et IIe siècles av. JC, Pergame est un royaume hellénistique très. La ville est alors un centre intellectuel brillant dont la bibliothèque rivalise avec celle d’Alexandrie.
L’Empire romain
Les légions romaines s’emparent de l’Asie mineure en 133 av. JC, après la mort du dernier roi de Pergame, Attale III. Rome regroupe dans le diocèse d’Asie et la préfecture d’Orient tous les petits états préexistants, transformés en provinces romaines : Bithynie, Cilicie, Galatie, Cappadoce et Pamphilie. Ces provinces bénéficient de la Pax Romana et connaissent une longue période de prospérité en dépit d’une guerre contre le roi du Pont, Mithridate VI qui inflige une cuisante défaite aux armées romaines à Ephèse. Evangélisée par Saint Paul au cours du Ier siècle ap. JC, l’Asie mineure est une des premières terres chrétiennes.
L’Empire byzantin
L’empereur Constantin choisit Byzance (actuelle Istanbul) comme capitale en 324 et la fait renommer Constantinople. D’une petite colonie mégarienne, la cité se transforme en une nouvelle Rome. La ville bénéficie de sa localisation géographique et stratégique exceptionnelle. De plus, ses fortifications protègent efficacement la ville contre les attaques régulières des barbares, les Goths venus de la région danubienne et des Perses qui arrivent de l’est.
Byzance devient le siège du gouvernement central et se dote d’une prestigieuse université avec un double enseignement en latin et en grec. Géographiquement et culturellement, la ville devient le lieu de fusion entre la latinité et l’orient.
Le règne de l’empereur Justinien (527-565) marque le dernier effort d’envergure pour reconstituer l’empire romain d’Orient. Pourtant sa diplomatie est catastrophique. Incapable de stopper les razzias des Huns et des Slaves aux frontières de l’empire, il lutte contre les diverses hérésies qui menacent l’empire et sa religion chrétienne : les ariens et les monophysites.
Considéré par tous ses sujets comme le représentant du Christ sur terre, il se lance dans la construction de la basilique Sainte-Sophie, inaugurée le jour de Noël 537, qui contribue à faire de Constantinople le centre de l’église chrétienne d’Orient. Infatigable, il poursuit son œuvre par une importante politique de grands travaux, ponts, routes, aqueducs et fortifications. L’empereur Justinien meurt en 565. Il aura inauguré avec brio la civilisation byzantine mais laissera une paix précaire dans l’empire.
La crise de l’iconoclasme
En 730, l’empereur Léon III interdit à tous les Chrétiens l’adoration des images saintes, le culte des reliques, des saints et de la Vierge et n’admet dans les églises que de sobres motifs géométriques et des symboles liés à la croix, en guise d’ornements. La querelle de l’iconoclasme est lancée. Les motivations de l’empereur sont doubles : politiques et religieuses. Politiquement, son but est de contrer l’influence des nombreux ordres monastiques de l’empire et surtout de restaurer l’autorité de l’état. Dans le domaine religieux, l’empereur souhaite éliminer les traces de paganisme chrétien. Les différents empereurs s’emploient avec zèle à détruire les images sacrées et à poursuivre les adorateurs d’images. La paix ne revient qu’en 843 avec la restauration de l’orthodoxie et le retour du culte des icônes.
Décadence de Constantinople
Aux IXe et Xe siècles, plusieurs empereurs brillants rétablissent la situation de l’empire, qui part à la dérive. L’empereur Basile Ier (813-886) chasse les Arabes de Cappadoce, de Cilicie et de Calabre. Il fonde une nouvelle dynastie, la dynastie macédonienne, après avoir assassiné l’empereur Michel II l’Ivrogne, qui a le tort de l’associer au trône en 866.
Contre les Bulgares, les empereurs byzantins luttent sans répit pendant plus d’un siècle. L’empereur Basile II en vient à bout après une guerre de 28 ans (986-1014). Parallèlement, il écarte la menace russe en convertissant au christianisme le prince Vladimir et son peuple (989).
Sur le plan religieux, le schisme de 1054 consomme la rupture avec la papauté. Après que plusieurs empereurs se sont rapprochés de Rome, le patriarche Michel Cérulaire (1000-1059) s’oppose à ce rapprochement et se fait excommunier par les légats du pape Léon X. Il réplique par un synode qui les excommunie à leur tour.
L’essor des Ottomans
A l’origine, les Ottomans sont une tribu installée en Asie mineure depuis la fin du XIIIe siècle. Rapidement, la puissance militaire des Ottomans inquiète Byzance. Les Ottomans prennent Nicée en 1329 et désagrègent l’empire serbe en 1389 à Kosovo. L’empereur Manuel II Paléologue demande alors secours au roi de France Charles VI après avoir appris que le chef du clan, le redoutable Tamerlan (1336-1405) a battu et capturé le sultan Bayézid Ier. Le répit accordé par la tribu turque est de courte durée. Après la mort de Tamerlan, les Turcs reprennent leur mouvement d’expansion territoriale.
En avril 1453, Mehmet II arrive devant Constantinople. Le 29 mai, il pénètre à l’intérieur des fortifications par les brèches ouvertes par l’artillerie, après un siège de 53 jours. Constantinople a vécu, Istanbul naît.
Le nouveau sultan entre sur son cheval blanc dans l’église Sainte-Sophie, aussitôt transformée en mosquée. Il prend le contrôle maritime de la mer Noire et d’une bonne partie de la mer Egée. Il invite les meilleurs artisans anatoliens à venir s’installer à Istanbul. L’empire chrétien d’Orient est désormais mort. Restent les apports de dix siècles d’une civilisation byzantine originale, faite d’un curieux mélange de traditions héllénistiques, d’apports chrétiens, perses et musulmans.
L’Empire ottoman
La puissance militaire est la clé de la puissance ottomane. Dirigée par le sultan en personne, l’armée, disciplinée et bien entraînée est divisée entre cavaliers (spahis) et janissaires qui forment la garde privée du sultan. Le recrutement des janissaires s’effectue depuis 1330 parmi les esclaves chrétiens convertis à l’islam. Ils sont recrutés de force dans les campagnes selon le système du devsirme, une levée militaire des meilleurs éléments de l’empire. Les janissaires sont connus pour leur obéissance fanatique au sultan et pour leur qualités guerrières.
L’empire prône une grande tolérance à l’égard des nombreuses minorités du pays. Le système du Millet laisse chacun libre de choisir sa religion en échange d’un impôt spécial. L’administration ottomane est organisée de façon très bureaucratique. Le sultan a un droit divin sur toutes les terres de l’empire. Il règne depuis son palais de Topkapi à Istanbul, aidé par le Conseil Impérial.
En 1521, Soliman le Magnifique (1494-1566) arrive au pouvoir. Il inaugure une des périodes les plus brillantes de la Turquie Ottomane. Son règne est marqué par de nombreuses guerres de conquêtes et par d’ambitieux projets culturels, notamment architecturaux. Parmi ses conquêtes figurent la prise de Belgrade et de la région danubienne en 1521, conquête de la Hongrie en 1526 après la bataille de Mohacs et de l’île de Rhodes qui permettait le passage vers l’Egypte et vers les lieux saints de l’Islam, La Mecque et Médine. En 1529, il s’attaque à l’Autriche mais ne parvient pas à conquérir Vienne. Sur mer, la puissance ottomane devient redoutable, avec l’aide de célèbres corsaires tels Barberousse ou Dragut. La flotte s’empare de Tunis, de Djerba, de Nice et pousse même jusqu’à Aden, au Yémen.
En 1571, la bataille de Lépante, dans le golfe de Corinthe, sonne le glas de l’invincibilité ottomane sur les mers. La Sainte Ligue des Croisés (Espagne, Venise, le Saint-Siège) met en déroute la flotte d’Ali Pacha.
Le déclin de l’Empire ottoman
Aux XVIIe et, plus encore, au XVIIIe siècle, l’Empire ne peut éviter la sclérose. Il souffre de son excessive centralisation, bien illustrée par le nom de la porte principale du palais de Topkapi, la Sublime Porte, qui finit par désigner tout l’empire. La crise frappe surtout l’armée qui refuse sa nécessaire modernisation. Osman II, qui tente de réformer l’armée finit assassiné.
Le système de succession, avec la sanglante loi du fratricide ne favorise pas non plus l’avènement des meilleurs au sommet de l’empire. Le système voulait en effet que l’on tue tous les frères du sultan pour éviter les guerres de succession. Plus tard, on les enfermera dans des pièces réservées du palais de Topkapi. Il arrivait ainsi que certains de ces frères du sultan, enfermés parfois pendant des dizaines d’années, deviennent à leur tour sultans.
Coupés du monde, ils sont souvent la proie facile des intrigants ou des dignitaires du régime et notamment du grand vizir, l’équivalent de notre premier ministre. L’Empire ottoman souffre aussi à partir du XVIIe siècle de sa mise à l’écart des grandes routes commerciales du monde qui passent alors par le sud de l’Afrique.
L’Empire ottoman attaqué de tous côtés
Enfin, l’empire doit lutter contre des attaques et des pressions extérieures sur tous les fronts. Lutte contre les Perses, désirs séparatistes de nombreuses provinces, lutte contre les Habsbourg d’Autriche et contre la grande puissance montante de la région, la Russie de Pierre le Grand. La chute a lieu en 1683 après l’échec de l’attaque contre Vienne du grand vizir Kara Mustafa. Cette défaite cinglante marque le début du recul de l’empire. Les Turcs sont à nouveau battus par les Russes en 1696 et par les Autrichiens l’année suivante. En 1699, la paix de Karlowitz voit l’empire abandonner de nouveaux territoires, l’Ukraine, la Hongrie et la Transylvanie. A partir de là, les Turcs n’attaquent plus, ils se défendent.
L’homme malade de l’Europe
Le XVIIe siècle est l’époque la plus sombre pour l’empire. La Turquie est alors “l’homme malade de l’Europe”. L’administration patine, les sultans sont faibles et l’armée terrorise les populations en temps de paix. La population se soulève à de nombreuses reprises, accablée par l’impôt. Les minorités (Druzes du Liban, Arméniens, Albanais, Serbes) commencent à reprendre du poil de la bête.
En 1826, le sultan Mahmud II réussit après un sanglant massacre à supprimer le corps des janissaires, obstacle aux réformes de l’armée et de l’administration. Il ne peut empêcher le démembrement de l’empire avec la perte de la Bessarabie et de la Grèce. En 1841, l’Egypte devient à son tour indépendante.
La première guerre mondiale et ses conséquences
La Turquie s’engage dans la première guerre mondiale aux côtés des puissances de l’Axe. Elle est associée à leur défaite en 1918 et les Alliés organisent le dépeçage du pays. En mai 1919, l’armée grecque débarque à Smyrne avec des ambitions d’annexions. La résistance s’organise autour d’un jeune général, Mustapha Kémal (1881-1938). Il prend Ankara comme siège de son nouveau parti nationaliste. La victoire sur les Grecs en novembre 1922 met fin à l’occupation et permet aux nationalistes d’abolir le sultanat.
En juillet 1923, le traité de Lausanne est signé qui reconnaît l’indépendance de la Turquie. Sous la houlette de Mustapha Kémal, elle va devenir un pays moderne, laïque et progressiste.
La modernisation du pays et le kémalisme
Le pouvoir est concentré dans les seules mains de Kemal. Il se baptise Atatürk (le père des Turcs) et se lance dès 1924 dans de grandes réformes pour moderniser le pays.
La Turquie adopte les codes européens (le mariage civil est voté en 1925). La femme est dispensée du port du voile et se voit donner le droit de vote dès 1934. Le harem est supprimé et un enseignement primaire mixte et gratuit est mis en place. L’alphabet latin, le calendrier grégorien et le système métrique sont adoptés. En 1928, l’islam perd son statut de religion d’état.
Après la seconde guerre mondiale, la Turquie rejoint le camp occidental en signant un traité d’adhésion à l’OTAN en 1952. Le 27 mai 1960, un putsch militaire impose une nouvelle constitution. La situation du pays se dégrade avec la crise chypriote qui oppose pour la troisième fois la Turquie à la Grèce en 1974. Des attentats terroristes kurdes et arméniens se multiplient. A partir de 1983, l’élection de Turgut Özal à la présidence marque un certain assouplissement du régime avec la une volonté d’un rapprochement du pays avec la communauté européenne dans l’espoir d’une adhésion.
Depuis quelques années, la Turquie s’attache à renouer ses liens avec les peuples turcophones de l’ex-URSS (turkmènes, ouzbeks, azéris, kazakhs et kirghizes) afin de jouer un rôle en Asie Centrale.
6 dates clés
47 ap. JC : Saint Paul établit la première communauté chrétienne autour d’Antioche.
330 : l’empereur Constantin établit sa capitale à Byzance, rebaptisée la Nouvelle Rome.
1453 : après un siège de 53 jours, le sultan Mehmet le Conquérant s’empare de Constantinople.
1571 : l’armée ottomane est battue à Lépante par les armées de la Sainte Ligue (Espagne, Venise, Saint Siège). La défaite marque la fin de l’invincibilité ottomane.
1923 : le traité de Lausanne marque la naissance de l’état Turc. La capitale est transférée d’Istanbul à Ankara. Mustapha Kemal Atatürk devient le premier président de la république.
1952 : la Turquie s'allie à l'OTAN.
Politique
En bref
Une démocratie parlementaire fragile qui souffre de la puissance de l’armée dans la vie politique • La minorité Kurde, une épine dans le pied de l’état • L’adhésion de la Turquie à la communauté européenne : un vieil objectif qui reste lointain du fait des questions chypriote et kurde.
L’organisation politique
La Turquie est depuis sa création en 1923 une démocratie parlementaire. Le président est élu par ses pairs au sein du Parlement pour sept ans. Le Premier ministre est traditionnellement le chef du parti vainqueur aux élections législatives. La Grande assemblée nationale, le Parlement, est élue au suffrage universel direct. Le pays n’adopte une vraie culture de multipartisme que depuis les années 50. Le parti républicain du peuple (CHP), créé par Atatürk, est en effet resté longtemps le parti unique en Turquie. Plusieurs coups d’état militaires ont émaillé la vie politique turque, en 1960, 1970 et 1980 avant qu’une libéralisation du régime n’intervienne à partir de 1983 sous le gouvernement du premier ministre Turgut Özal.
Une actualité politique marquée par les premières fois
En 1987, pour la première fois, la Turquie présente sa candidature à l’adhésion dans l’Union Européenne : elle est rejetée. Première historique, en 1993, une femme, Tansu Ciller devient Premier ministre. Elle privatise les grandes entreprises publiques, mal gérées et corrompues, mais ne réussit pas à sortir le pays de la crise économique. Les élections du 8 juillet 1996 marquent la victoire d’une coalition formée par Tansu Ciller et Necmettin Erbakan. Autre première historique : dans ce pays qu’Atatürk a voulu résolument laïque, le chef du gouvernement est un islamiste. Déçus par les partis traditionnels, de nombreux turcs se sont tournés vers le Parti islamiste de la prospérité (Refah). L’armée intervient en 1997 pour écarter Erbakan au nom d’une conception kémaliste de la laïcité en Turquie. En 1998, le débat fait rage dans le pays avant que la Haute Cour de Justice ne tranche en interdisant le Parti.
En mai 2000, Ahmet Necdet Sezer est élu président. Les différents avec le premier ministre, Bülent Ecevit, provoquent une crise financière et l’effondrement de la livre turque. Le pays reste enlisé dans une crise économique profonde et le FMI exige une refonte totale du système politique, jugé archaïque. La corruption est dénoncée ainsi que le rôle de l’armée, qui intervient à chaque fois qu’une crise surgit dans le pays.
La crise chypriote
L’année 1974 marque le début de la crise chypriote, obstacle à l’adhésion turque à la communauté européenne. Suite à un coup d’état fomenté en juillet 1974 par l’armée grecque contre le gouvernement chypriote, l’armée turque intervient à son tour et occupe toute la partie nord de l’île, proclamant la naissance d’un état fantôme, la république turque de Chypre du Nord, que la Turquie est seule à reconnaître. Depuis lors, les tensions entre la Turquie et la Grèce n’ont jamais cessé.
Le problème kurde
La communauté kurde compte environ 10 millions de membres, principalement dans l’est et le sud-est du pays. Elle a une langue propre et des traditions bien ancrées. Depuis la création de l’état turc, les kurdes n’ont jamais cessé de réclamer la création d’un état kurde. Pour autant, les Turcs ont toujours mené une politique d’assimilation envers les Kurdes, désignés officiellement sous le nom de Turcs du sud-est. En 1991, la guerre du Golfe a de graves conséquences sur la question kurde. L’extermination des Kurdes irakiens provoque la solidarité parmi la communauté kurde turque. Les attentats terroristes se multiplient. L’armée intensifie sa répression contre les membres du parti séparatiste du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). Des villages entiers, censés abriter des rebelles kurdes, sont détruits par l’armée turque. En 1999, le chef du PKK ( Parti des travailleurs du Kurdistan), Abdullah Öcalan est arrêté et condamné à mort. Depuis le problème demeure.
Economie
En bref
Une économie qui s’ouvre sur le monde • Le secteur touristique prend une part croissante dans l’économie turque • Une crise économique et financière majeure et chronique depuis la fin des années 90.
Dès 1980, sous l’égide du FMI, la Turquie opte pour un développement libéral et l’ouverture aux capitaux étrangers. Des privatisations partielles sont en cours dans l’industrie depuis 1988. L’Etat consent à vendre quelques participations pour diminuer sa mainmise écrasante sur l’économie : dans les années 60, il contrôle jusqu’à 50% de l’industrie et 70% du secteur bancaire.
L’agriculture est très diversifiée et produit des céréales, fruits, légumes et élevage ovin. La tradition associe céréaliculture et élevage, surtout ovin. Dans les années 20, les cultures du coton, du tabac, des agrumes et du thé sont implantées dans les plaines qui bordent la mer Egée et la mer Méditerranée. Depuis les années 60, les régions maritimes ont ajouté plusieurs cultures spécialisées comme la noisette, les pastèques, les melons et les arbres fruitiers. La pistache est cultivée dans la région de Gaziantep.
Dans l’industrie, le contraste apparaît nettement entre l’ouest développé et l’est rural, pauvre et en retard. La moitié ouest du pays compte plus de 85% des actifs industriels. La région d’Istanbul comprend à elle seule plus du tiers de l’industrie nationale. Quatre foyers industriels datent de la période ottomane : Istanbul pour la petite industrie et la haute technologie, la région d’Izmir pour le complexe agro-industriel, Bursa pour l’industrie textile (soie et laine) et la région d’Adana pour l’industrie cotonnière.
Le tourisme voit son poids s’accroître dans l’économie turque malgré deux années de crise en 1999 et 2000, dues à des tremblements de terre et des attentats. L’hospitalité traditionnelle des Turcs, alliée à des plages de rêve et des prix très compétitifs en font une destination très courue.
Les transferts financiers des Turcs à l’étranger, particulièrement en Allemagne, représentent aussi une source de devises importante pour l’économie turque. L’émigration turque vers l’Allemagne date des années 60. La diaspora turque représente aujourd’hui environ 3 millions de personnes.
La Turquie des années 90 mise à tout crin sur l’ouverture, mais quelle ouverture ? L’adhésion à l’Europe est ralentie par le problème agricole. Que faire de cette puissante agriculture turque dans une Europe qui connaît déjà une situation de surproduction chronique pour de nombreux produits.
Médias
Presse écrite
Les voyageurs qui lisent l’anglais liront avec intérêt le Turkish daily news, publié à Ankara et que vous trouverez facilement dans les grandes villes. Son supplément week-end présente la liste des films projetés ainsi que les festivals ou manifestations culturelles du pays.
A Istanbul, c’est autour de la place du Tünel et au bout de l’Istiklal Caddesi que vous aurez le plus de chance de trouver votre bonheur en journaux et livres étrangers. Les grands hôtels de luxe possèdent souvent une librairie où vous trouverez la presse étrangère.
Télévision
La TRT diffuse sur quatre chaînes des programmes en turc. Les grands hôtels sont bien équipés en chaînes étrangères par satellite.
Guide pays
Pratique
- Introduction
- En un coup d'oeil
- Pour profiter au mieux de votre séjour
Repères - Histoire et politique
- Arts
- Fêtes et traditions
- Environnement
Pratique
Présentation - Intro Istanbul
Visites - Istanbul : visites
- Environs d'Istanbul
Présentation - Intro côte Egéenne
Visites - Côte Egéenne : visites
Présentation - Intro côte Méditerranéenne
Visites - Côte Méditerranéenne
Présentation - Intro Cappadoce
Visites - Cappadoce : visites
Présentation - Intro Littoral de mer Noire
Visites - Littoral de la mer Noire : visites
En coulisse - Auteurs
Les indispensables
