Guide Voyage Turquie - KARAVEL
 

Turquie

Visites

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Rome ne s’est pas faite en un jour, Istanbul la tentaculaire non plus. Il faut donc plusieurs voyages pour bien la connaître et... de bonnes chaussures ! Certes son tramway et son tünel (l’un des premiers métros à avoir été construit au monde) possèdent beaucoup de charme mais le meilleur moyen de se l’approprier est de s’y perdre et de déambuler à pied dans ses rues. Concoctez-vous un menu de visites selon vos goûts. Si vous raffolez d’architecture byzantine ou islamique, pressez-vous dans le quartier de Sultanhamet qui regroupe à lui seul les sites les plus importants : Topkapi, Sainte-Sophie et la Mosquée Bleue. Vous êtes un inconditionnel du shopping ? Vous pouvez passer votre temps à chiner dans les nombreux bazars de la ville et dans le quartier commerçant de Galatasaray.

Les amateurs de palais auront largement de quoi occuper leurs journées en parcourant les prestigieuses demeures de la ville et des rives du Bosphore. Enfin, les gourmands trouveront aussi leur bonheur, entre loukoum et soupe de lentilles en passant par les feuilles de vignes. N’oubliez tout de même pas de profiter des douceurs de l’art de vivre istanbuliote : musique, danse et hammam s’ajouteront à votre programme déjà bien chargé mais vous laisseront des souvenirs impérissables. Bon voyage !

Sultanahmet

Palais de Topkapi

On se souvient des personnages du roman noir d’Eric Ambler Topkapi, tentant une escapade nocturne au cœur  du palais pour y dérober les formidables trésors qu’il renferme. Plus d’un Arsène Lupin a lorgné sur les joyaux de cette ancienne résidence pour sultans. Construit en 1462 sous le règne de Mehmet Fathi, le palais a vu défiler des hôtes prestigieux jusqu’en 1853 où il cessa d’abriter les dirigeants qui lui préfèreront alors celui de Dolmabahçé.

Réhabilité en musée depuis 1924, Topkapi est sans doute la meilleure adresse pour avoir un aperçu du luxe qui régnait en maître dans la vie quotidienne des sultans. Ce complexe monumental, organisé autour de quatre cours possède des collections impressionnantes. Qu’il s’agisse du trésor impérial, rassemblant des pièces de valeur inestimable, des cuisines qui abrite 10 000 pièces de porcelaine chinoise ou des 13 000 manuscrits calligraphiés réunis dans un pavillon, on est époustouflé devant tant de magnificence. Et si la garde robe des sultans remporte beaucoup de succès auprès des visiteurs, les reliques du prophète Mahomet (son manteau est conservé dans un coffre en or) attirent des milliers de pèlerins lorsque sonne l’heure du hadj (pèlerinage à la Mecque).

Ne vous laissez pas surprendre par la sobriété des façades du palais. Elles cachent toutes des intérieurs extrêmement raffinés. Faïences d’Iznik ou de Küthaya, panneaux de bois peints et marbre de toute beauté recouvrent sols, murs et plafonds. Parmi les plus belles pièces, la chambre nuptiale au décor baroquisant, le salon de Murat III et la salle à manger d’Ahmet III dite aussi “chambre des fruits”. Elles sont situées dans la zone la plus privée du sérail : le harem. Cette cage dorée pour femmes captives hébergeait également les eunuques. Dans la dernière cour, ne manquez pas le kiosque de Bagdad pour la vue qu’il offre sur le Bosphore. Et si la visite du palais vous a ouvert l’appétit, rassasiez-vous dans celui de Abdul-Mecid transformé en restaurant.

Infos pratiques

Ouvert tlj sf le mardi de 9h00 à 16h30. Environ 6 000 000 TL + 3 000 000 TL pour visiter le harem. Soit une visite complète à 6,45€.

 

Musée Sainte-Sophie. Place Sultanahmet.

Curieux destin que celui de Aya Sofia. Erigée sous le règne de l’empereur Justinien pour être la plus belle église du monde, Sainte Sophie se transforma ensuite, lors de la prise de Constantinople, en lieu de culte pour les musulmans, avant de devenir un musée à l’initiative d’Atatürk. Cinq années ont suffit pour construire ce bijou d’architecture sur les vestiges de l’église théodosienne détruite lors de la révolte de Nika et déjà consacrée à la sagesse divine (en grec Aghia Sofia). Car Sophie n’est pas le nom d’une sainte ! On pilla les temples romains, en empruntant les colonnes de marbre d’Ephèse et d’ailleurs, on acheta les plus beaux matériaux aux quatre coins du monde pour surpasser en beauté le temple de Salomon à Jérusalem. Et le résultat fut à la hauteur de toutes les espérances lors de son inauguration en 537. Plus d’un architecte tentera par la suite d’égaler Sainte Sophie qui reste, aujourd’hui encore, l’un des monuments majeurs du patrimoine mondial. Sa coupole, la plus grande du monde, atteint plus de 30 m de diamètre et s’élève à une hauteur de 55m  . Coiffant le chœur, qu’elle illumine par ses 40 fenêtres et ses dorures impressionnantes, elle s’appuie sur des demi-coupoles épaulées elles-mêmes par des niches sphériques donnant un formidable effet aérien à l’ensemble. Révolutionnaire pour l’époque ! Ce qui inspira cette phrase à Procope “Sainte Sophie est suspendue par une chaîne d’or du haut du ciel”.

Les mosaïques de la basilique recouvrent en partie le narthex, la nef, les galeries nord et sud. Parmi les plus célèbres, figure celle de la vierge à l’enfant entourée de Justinien et de Constantin Ier. On y voit les deux hommes s’apprêtant à offrir à Marie la basilique Sainte-Sophie et la ville de Constantinople, représentées sous la forme de maquettes. L’autre chef-d’œuvre, la déisis, illustre le christ entouré de la vierge et de saint Jean-Baptiste. Taillées dans de la pâte de verre ou du marbre coloré, les mosaïques se détachent sur un fond d’or magnifique.

Les Ottomans ajoutèrent leur touche à cet ensemble monumental, le dotant de quatre minarets, d’un superbe mirhab tapissé de faïences, d’un minbar et d’une tribune grillagée réservée au sultan. Sur six disques de bois suspendus, les lehvas, s’inscrivent dans une calligraphie d’or sur fond noir, les noms d’Allah, de Mahomet et des quatre califes. Avant de quitter cet univers céleste, n’oubliez pas de glisser votre pouce dans une des colonnes du narthex qui a la particularité d’avoir été creusée par les pèlerins. Saint Grégoire le thaumaturge lui aurait donné le pouvoir de rendre les femmes fertiles et de guérir les aveugles.

A voir aussi : les mausolées de la cour - dont celui de Sélim II érigé par Sinan - et la fontaine aux ablutions d’Ahmet III, considérée comme la plus grande de la ville et d’une rare élégance.

Infos pratiques

Ouvert tlj sf le lundi de 9h30 à 16h30. Environ 7 000 000 TL. Soit 5€.

 

Mosquée Bleue

Face à Sainte-Sophie se dresse la mosquée impériale de Sultanahmet, mieux connue sous le nom de Mosquée bleue. Edifiée par un disciple de Sinan, la Sultanahmet Camii avec son harmonieuse cascade de coupoles, a la particularité d’être dotée de six minarets. Un exemple unique dans toute la ville. Plus qu’un simple lieu de culte, elle était un véritable complexe social ou külliyé, abritant hôpital, école et caravansérail. Précédé d’une belle et immense cour bordée d’une galerie de colonnes, l’édifice vous envoûtera dès le seuil franchi. Surtout si vous avez la chance de le visiter en été, à l’occasion d’un spectacle son et lumière. La salle de prière aux dimensions colossales est lambrissée de sublimes faïences bleutées originaires d’Iznik. D’où le surnom de “mosquée bleue”. Les motifs illustrés sur ces carreaux de faïence dont on dénombre plus de 20 000 exemplaires, s’inspirent du répertoire végétal. Roses, oeillets ou tulipes confèrent à l’endroit une atmosphère de jardin d’Eden. De gigantesques lustres suspendus et 270 fenêtres inondent la salle de lumière. Incrustées de nacre, d’écailles de tortue et d’ivoire, les portes de la mosquée sont d’une incroyable richesse.

Si les tapis admirés sur les sols de la mosquée vous ont donné l’envie de parfaire vos connaissances sur l’art du tissage, offrez-vous la visite du pavillon impérial qui fait office de musée des tapis ou celle des écuries qui hébergent le musée des kilims. En sortant de la Sultanahmet, faites un tour sur la vaste esplanade At Meydani, ancien hippodrome commandé par Septime Sévère. Agrandi sous Constantin il accueillait à l’époque jusqu’à 100 000 spectateurs ! Ici se déroulaient les courses de chars, à l’occasion de grandes fêtes. L’obélisque rapporté d’Egypte, bien qu’amputé des deux tiers de sa taille, la colonne dite de Constantin et la colonne serpentine de Delphes sont les seuls vestiges visibles qui demeurent du stade byzantin.

Infos pratiques

Ouvert tlj, de la première à la dernière prière. Respectez les fidèles en vous déchaussant et en vous couvrant les cheveux, mesdames, d’un foulard. Evitez le vendredi, jour de la grande prière.

 

Citerne de Yerebatan. Yerebatan Caddessi.

Une visite insolite dans les sous-sols d’Istanbul donnera un supplément d’âme à votre voyage. Inoubliable, la balade à travers une forêt de 336 colonnes aux fûts humides, vous transportera dans un univers féerique. Le fond sonore, rythmé par des musiques douces, ajoute une note onirique à ce décor surnaturel. Ce “palais englouti” est en fait un immense réservoir. Il a fallu en construire plusieurs pour stocker l’eau acheminée par l’aqueduc de Valens qui captait les sources de la fôret de Belgrade, près de la mer Noire, jusqu’à Constantinople. Le plus impressionnant de tous est celui de Yerebatan, construit sous Constantin et agrandi sous Justinien. Ce dernier récupéra, comme à son habitude, des matériaux sur les sites antiques et notamment des têtes de méduse colossales pour servir de socles à deux colonnes. Ces gigantesques citernes byzantines, continuèrent d’alimenter en eau les palais, hammams et fontaines de la ville pendant la période ottomane. Les jeux de lumière du palais souterrain démultiplient les colonnes et leurs chapiteaux corinthiens qui se reflètent dans l’eau stagnante. Un moment de pur bonheur.

Infos pratiques

Ouvert tlj sauf le mardi de 9h00 à 17h30. Environ 5 000 000 TL. Soit 3,59€.

 

Le grand bazar

Un labyrinthe d’artères exhibant des milliers de boutiques. Une véritable caverne d’Ali Baba pour satisfaire toutes vos envies de shopping. Construit sur l’initiative de Mehmet Fathi pour abriter joailliers et marchands d’étoffes, le grand Bazar s’est depuis largement étendu aux autres commerces. Des armes aux tenues de danseuses orientales en passant par les tapis de laine et les accessoires de bain, le bazar d’Istanbul est l’un des mieux doté en marchandises de tout type. S’il a perdu un peu en authenticité, il reste tout de même un lieu incontournable. Le coeur du bazar, Iç Bedesten, conçu à l’origine pour les bijoutiers abrite aujourd’hui les antiquaires. Tout autour, rayonnent des venelles à perte de vue dans lesquelles on s’égare facilement. Le long des arcades aux plafonds voûtés, les marchands de tapis vous proposeront la traditionnelle tasse de thé. Attention, elle annonce l’ouverture d’âpres négociations sur les prix des kilims en vitrine. Préférez, pour ce genre d’achat, le bedesten Sandal tout proche qui organise des ventes aux enchères les lundi et jeudi. Toutes les échoppes hébergent des vendeurs polyglottes. Ici, on sait parler les langues du monde entier lorsqu’il s’agit de discuter le prix des pipes façonnées dans l’écume des mers, d’un meuble, d’une peau de bête ou d’une marionnette de Karagöz taillée dans de l’os de chameau. Le marché égyptien, Misir çarsisi possède plus de charme, étalant ses mille et une épices en pyramides multicolores qui viennent vous chatouiller les narines, ou ses boyaux de serpents et autres gri-gri pour éloigner les mauvais esprits. Vers la place Beyazit, un autre marché, celui du livre, n’est pas moins étonnant. Du dernier roman fleuve aux plus anciens corans, les bibliophiles déambuleront ici pour leur plus grand bonheur. A l’exterieur du marché couvert, ne manquez pas la visite de quelques hans ou caravansérails. Dans la rue Çakmakcilar Yokusu, vous pourrez notamment admirer le Han Valide considéré comme le plus grand de la ville et le Büyük Yeni Han qui a la particularité d’être composé de trois étages. Avec un peu d’imagination, vous revivrez peut-être le temps où les caravanes de chameaux s’arrêtaient dans ces agréables cours pour passer la nuit avant de reprendre leur longue route.

Infos pratiques

Ouvert tlj sauf le dim de 9h00 à19h00.

 

Hammam Cemberlitas.

A ne rater sous aucun prétexte : l’expérience d’un après-midi au hammam. Si la ville en compte encore plusieurs dizaine, seuls les hammams Cagaloglu et Çemberlitas vous étonneront par leur taille monumentale. Ils ont également l’avantage de posséder deux structures, l’une réservée aux hommes l’autre aux femmes.  Commandé en 1583 par Nur Banu, épouse de Sélim II, le hammam Çemberlitas aurait été construit d’après un plan attribué à Sinan. Il est très fréquenté par les touristes mais aussi par la clientèle locale. Ses coupoles gigantesques sont à peine visibles de l’extérieur mais vous impressionneront davantage lorsque vous vous retrouverez sous leur occuli filtrant la lumière du jour, allongé sur le gobek tasi. Cette dalle de marbre octogonale, située au centre de l’étuve vous accueillera une demi heure tandis que vos pores se dilateront progressivement sous une température d’environ 40°. Les reins serrés dans un pestemal, vous laisserez vagabonder votre esprit dans un rideau de vapeur. Puis, lorsque vous aurez l’impression de n’être plus qu’un loukoum, les masseurs viendront vous chercher. Alors le gommage au gant de crin, la séance du savonnage et des cascades d’eau s’enchaîneront pour se conclure par un tonique massage. Revivifié, vous pourrez enfin vous offrir une boisson fraîche dans la grande salle d’accueil avant d’aller vous rhabiller à l’abri des regards dans une cabine individuelle, si toutefois vous n’optez pas pour la sieste. L’équipe  des masseurs figure parmi les meilleures de la ville. Recrutée dans le village de Tokat, elle peut se targuer d’être composée de fils de masseurs, qui perpétuent ainsi une vieille tradition. Chez les femmes, les masseuses sont des gitanes charpentées qui savent mieux que quiconque vous racler l’épiderme et rendre votre peau douce comme celle d’un bébé. Rusen, le patron, parle un anglais remarquable et se pliera en quatre pour vous rendre la visite de son hammam inoubliable.

Comment y aller

8,Verzirhan Caddessi. Tramway : Cemberlitas.

Infos pratiques

Ouvert tlj, de 6h00 à 24h00. Accessible aux hommes et aux femmes. Environ 23 000 000 TL. Soit 16,5€.

 

Beyazit / Küçükpazar

La Suleymaniyé

Chef-d’œuvre dû à Koca Mimar Sinan, la Suleymaniyé symbolise l’âge d’or de l’Empire ottoman. Erigée au xvie siècle sous le règne de Soliman le Magnifique, elle domine la Corne d’Or avec ses quatre minarets effilés, ses toits de plomb et ses cheminées. Elle abritait, sur une surface de 80000m2, de vastes dépendances : asile, école, caravansérail, bibliothèque, hammam, cantine pour les plus démunis et même un marché aux drogues !

Le Michel Ange ottoman et le puissant monarque ont œuvrer à surpasser les mosquées élevées par leur prédécesseurs. Certains disent même que Soliman aurait voulu concurrencer Sainte Sophie... Considérée comme le fleuron de l’art ottoman, la Suleymaniyé s’impose de fait comme l’un des plus beaux külliyé d’Istanbul.

Les colonnes de sa grande cour proviennent de l’hippodrome byzantin. Sinan a tout de même modifié les chapiteaux pour les mettre au goût du jour. Ils sont désormais d’un style purement turc, ornés de stalactites. La mosquée mesure à elle seule 8000m2. Traitée comme le reste du complexe en travertin blanc, la salle de prière est d’une étonnante clarté. Sobriété et élégance dominent ce lieu de culte. Les colonnes des bas-côtés sont surmontées par de belles voûtes aux claveaux de couleur rouge ou blanche.

La Suleymaniyé héberge également de splendides tombeaux : ceux de Soliman, de ses enfants et de son épouse favorite Hasseki Hurrem mieux connue des occidentaux sous le nom de Roxelane. Plus loin, repose l’architecte dans un sobre türbe construit par ses soins. On n’est jamais mieux servi que par soi-même !

Infos pratiques

Ouvert tlj sauf le lundi de 9h30à 16h30.

 

Beyoglu / Galatasaray

De l’autre côté de la Corne d’or, vous succomberez sans doute au charme du quartier de Galatasaray aussi célèbre pour son cachet occidental que pour son club de foot. Ancienne concession génoise puis cité indépendante avant d’être intégrée à l’Empire Ottoman en 1454, Galata a toujours abrité une population cosmopolite.

De l’enceinte qui protégeait l’enclave médiévale, subsiste la Tour de Galata. Du haut de ses 63 m, vous pourrez admirer un panorama extraordinaire sur la rive asiatique. Puis, avant de vous engouffrer dans l’artère principale d’Istiklal Caddessi, faites un crochet pour visiter le monastère des Mevlevi. Il rassemble quelques objets ayant appartenu à la confrérie des derviches et donne parfois d’impressionnants spectacles de transes soufies. Pourquoi ne pas retrouver ensuite le bar de l’hôtel Pera Palace? C’était une adresse mythique bien connue des prestigieux clients de l’Orient Express comme Agatha Christie, Mata Hari ou Greta Garbo.

Pour retrouver le cœur battant du quartier, rejoignez l’Istiklal. Enfin oublié les klaxons, les embouteillages et la pollution ! Et place à la flânerie. Entièrement réservée aux piétons, la rue a des allures de village. Bien que ses façades rococo du xixe siècle cohabitent avec des boutiques dernier cri, elle a su garder un certain charme. Le tramway tendance rétro qui y circule ajoute une note nostalgique au décor. Le soir, la vie nocturne y est plutôt animée : cafés, danses orientales et autres menus plaisirs sont au rendez-vous. En face du Lycée de Galatasaray, des effluves maritimes risquent de vous surprendre. Provenant sans doute possible du pittoresque marché aux poissons. Avant d’atteindre la place Taksim, arrêtez-vous dans le Çiçek Pasaji, l’ancien marché aux fleurs. Cette grande galerie couverte abrite aujourd’hui des tavernes et des restaurants typiques. Lorsque vous croiserez la statue géante d’Atatürk, vous serez sur la place moderne de Taksim. On y croise tout Istanbul : hommes d’affaires, touristes, étudiants et gamins-mendiants shootés à la colle... Peu enthousiasmant !

 

Istiklal Caddessi

Üsküdar et îles des Princes

Avant d’arriver sur la terre ferme, vous apercevez du bateau d’où vous savourez la vue sur les deux rives du Bosphore, une petite tour isolée sur un îlot. C’est la tour de Léandre, vestige d’une forteresse byzantine qui servit de lieu de quarantaine lors des épidémies, de phare et de point de contrôle douanier. Elle a servi de décor dans l’épisode bondien, Le monde ne suffit pas. A Üsküdar, les inconditionnels de l’architecture islamique pourront se régaler en allant visiter les nombreuses mosquées du quartier. Trois d’entre elles ont été élevées par Sinan : celle de Semsi Pasa, très modeste, celle d’Isekele érigée en l’honneur de Mihrimah, la fille favorite de Soliman ou celle de l’Atik Valide, qui figure parmi ses dernières oeuvres. Avant de repartir, le cimetière de Karaca Ahmet vous permettra d’apprécier l’architecture funéraire ottomane. Les cyprès plantés en enfilade jouxtent des pierres tombales aux sculptures parfois très intéressantes. Balade romantique assurée !

D’Üsküdar, vous pouvez prendre un bateau pour accéder aux îles des Princes. D’abord lieu de retraite pour moines et ermites qui y fondèrent de nombreux monastères, ce chapelet de 9 îles servit de lieu d’exil pour les indésirables prétendants au trône. L’archipel abrite de somptueux palais de bois, les yalis, autrefois résidences d’été pour les hauts dignitaires. Büyükada, la plus grande et la plus touristique des îles est un agréable havre de paix dominé par des pinèdes, le monastère Saint-Georges, et quelques yalis. Ceux qui cherchent les plaisirs de la baignade se rendront plutôt sur l’île d’Heybeli. Partout les voitures sont interdites. On se déplace à pieds, en vélo ou en calèche. Et on fait le plein d’oxygène avant de retrouver la frénésie du continent !

Comment y aller

Üsküdar, vous pouvez prendre un bateau depuis la gare maritime d’Eminönü. Vous y serez en 15 mn. Pour les îles des Princes vous pouvez vous rendre à l’embarcadère n°5 à Eminönü ou partir d’Üsküdar.

 

Besiktas

Palais de Dolmabahçe. Dolmabahçe Caddessi.

Ce 285 pièces au bord du Bosphore vous donnera sûrement l’envie de devenir un sultan. Un rêve qui devient réalité... mais pour une heure seulement. Le temps de visiter les moindres recoins de cette prestigieuse demeure bâtie par Karabet Balyan en 1853, pour servir de nouvelle résidence aux sultans. Son quai de marbre blanc s’étend sur 600 m et sa façade baroque sur 248 m. Un monument ! Le style est très éloigné de celui de Topkapi. Composite, il allie influences occidentales et traditions orientales. Ainsi, le Selamlik (réservé aux hommes) et le Haremlik (réservé aux femmes) typiques de l’architecture domestique orientale sont conservés. Mais l’aménagement des salles, les décorations et les accessoires font davantage penser à Versailles. La salle des audiences et le grand escalier d’honneur sont d’une exceptionnelle richesse. Rampes en cristal incrustées d’or ou plafond ornementés de dorures et de peintures, tout n’est que luxe extravagant. Et la salle de bain n’est pas en reste. En albâtre sculpté, on aimerait s’y prélasser tout en se faisant frotter le dos. Le salon rouge, destiné à la réception des ambassadeurs arbore fièrement son lustre en cristal de bohème tandis que toutes les horloges du palais, extrêmement raffinées, indiquent la même heure. 9h05. Mais ne vous laissez pas piéger ! Ici, le temps s’est arrêté en 1938, à l’heure du dernier soupir d’Atatürk.

Infos pratiques

Ouvert tlj sauf le lundi et le jeudi de 9h00 à16h00. Environ 18 000 000 TL pour visiter le harem et le selamlik. Soit 12,9€.

 

Bosphore

Prêt pour une petite croisière entre deux continents ? Alors embarquez à Eminönü et laissez-vous bercer par le Bosphore et le spectacle de ses rives. Vous aurez au choix, vue sur le continent européen à bâbord ou sur le continent asiatique à tribord. Alors choisissez bien votre place !

En plus de découvrir des villages pittoresques ou des monuments remarquables, cette balade vous permettra de revoir certains sites déjà visités sous un autre angle. Par exemple, le grand complexe de la Suleymaniyé ou le palais de Dolmabahçe côté Bosphore, qui prennent alors une toute autre ampleur.

Parmi les merveilles à ne pas manquer, figurent plusieurs yalis. Notamment celui de Fethi Ahmet Pasa avec ses façades roses. Sur la rive opposée vous observerez au même moment le palais de Çiragan, transformé en hôtel de luxe après un incendie ravageur.

Le fameux pont du Bosphore, trait-d’union suspendu entre l’Europe et l’Asie, d’une longueur de 1560 m se laisse dépasser, pour vous dévoiler peu de temps après, le palais baroque de Beylerbeyi. Célèbre pour avoir hébergé des hôtes prestigieux il possède aussi de beaux jardins dotés de pavillons de bain avec vue imprenable sur le Bosphore. Plus loin, vous croiserez presque face à face, les forteresses médiévales d’Europe et d’Asie, érigées respectivement par Mehmet II et Beyazit Ier. Puis un yali du xviie siècle, celui d’Amcazade Hüseyin Pasa Köprülü - le plus ancien d’Istanbul - vous intriguera avant de passer sous un deuxième pont. Faites escale à Kanlica si vous raffolez des yaourts, c’est la spécialité locale. Yeniköy vous séduira pour ses villas du xixe siècle, Beykoz pour ses restaurants de poissons et Anadolu Kavagi pour les ruines de son château génois. Ensuite c’est la mer Noire et la fin du voyage sur les eaux poissonneuses du Bosphore.

La grande croisière dure environ 6 heures. Départ du quai n°3 à Eminönü. De mai à sept : 3 départs par jour. A partir d’octobre : 1 par jour.

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